Pensées pour moi-même, bien moins philosophiques que celles de Marc-Aurèle

Je me suis fais rare ces derniers temps, tant sur mon propre blog que sur les blogs des coupines, et je m’en excuse. Toutefois, cela m’a fait un bien foufou. Plus penser en mode PMA, ô joie. Je savoure ma pause, j’avoue.

Sauf des jours comme aujourd’hui où, après avoir croisé 10 ventres ronds dans la journée, je n’en puis plus. Je suis bien contente pour toutes celles à qui la PMA réussit, mais je ne peux m’empêcher de me dire (vilaine voix !) que ça ne m’arrivera pas à moi. Pas après autant d’essais. Je suis très heureuse pour vos annonces de grossesse, que chacune monte dans le fameux train, mais je ne peux m’empêcher de penser que bientôt, je serai seule à quai. Du coup, gros pincement de coeur en pensant que vous êtes toutes montées dans ce fameux train et que moi, je n’ai même pas encore acheté mon billet.

En effet, d’une infertilité expliquée (pas d’ovulation), nous passons à une infertilité inexpliquée (pas d’accroche en FIV) et ça, c’est dur. Les derniers examens (prise de sang pour détecter d’éventuels facteurs V ou autres gènes ou anti-corps vilains) se sont tous révélés plus que normaux. Seul le MSOME a révélé une indication pour une IMSI au prochain essai. Mais, on doit encore faire le point avec Super Doc dès que l’on voudra reprendre les essais. Pour le moment, il n’est pas question de reprise. D’une part, parce que je suis en pleine mutation professionnelle, en pleine installation, et que ce n’est pas le moment avec les vacances, toussa toussa, d’autre part, parce qu’après deux mois de pause, je ne me sens toujours pas prête à encaisser un nouvel échec. Dans la mesure où rien n’a fonctionné jusqu’ici, je ne vois pas pour quelle raison ça fonctionnerait la prochaine fois. Je rappelle : 8 winners transférés à J5. Zéro accroche. Hého.

Alors, en attendant d’être prête, je fais d’autres choses épanouissantes. Mon taff m’épanouit à mort. Sans dec. Dans trois jours, je suis à mon compte. Comme une grande, pour de vrai de vrai. Et je suis tellement dé-bor-dée, que je n’ai fais que quelques rares démarches. En revanche, j’ai trouvé un super bureau. Point négatif : il est tout petit. 12 m². Points positifs : tout le reste ! A savoir : le confrère qui me le loue est très sympa, a une bonne réputation, le bureau a déjà des rangements, et il n’est pas cher alors que tout est compris. Niveau situation, il a l’avantage d’être un tout petit peu plus proche de chez moi, sans être éloigné de mes autres lieux de travail (oui, je sais, ma vie est compliquée). Bref, je suis méga enthousiaste, méga contente. Et mes boss ont « insinué » qu’ils allaient me regretter. Ah ah ! Bon, ils ne sont pas allés jusqu’à le dire franchement, mais… j’ai aimé l’allusion.

Du côté de Brad, on en est au point mort : il a réduit à 6/7 cigarettes par jour + la clope électronique, mais augmente sa consommation en soirée. Bref, je suis un peu dubitative, mais il m’a promis, alors… j’attends. Patiemment. En réalité, je suis mauvaise langue : dès ce week-end, il commence un traitement à base de vitamines préconisés par la naturo, et si ça ne le fait pas encore réduire, il m’a dit qu’il allait réfléchir à d’autres solutions. Mais j’ai tellement peur que ce ne soit que paroles, paroles, paroles…

A partir de juillet, je suis « censée » avoir plus de temps pour moi. J’ai donc décidé de continuer plus intensivement à prendre ma vie en main. Je suis toujours plus ou moins les conseils de ma naturo, et j’ai perdu 3 kilos. J’ai la super ligne, quoi, même si je garde un joli petit ventre (c’est ma morphologie !). Je me sens très bien dans mon corps, et j’ai même repris le sport à raison d’un footing hebdomadaire (bon, ok, là, ça fait deux semaines que j’ai zappé, mais une installation, ça coute du temps !). Je fais aussi de la relaxation une fois tous les 15 jours, et je compte commencer le yoga en septembre. J’aimerai le coupler avec des séances d’acupuncture, d’ailleurs. Bref, je me zenifie durablement, et comme dit ma naturo, j’essaie de donner une place à ce bébé à naître (enfin, pour l’instant, je laisse une place à mon boulot, point, on verra en juillet, si j’y arrive). J’ai honte, elle m’a donné plein d’exercices à faire, de respiration, de visualisation et je ne suis parvenue à trouver le temps d’en faire aucun. Boulot + vie sociale débridée avec l’été, la Coupe du Monde, les pots de départ = une Marivalou dépravée, tendance alcoolique MAIS qui ne pense plus à la PMA.

Plus sérieusement, la relaxation me fait un bien fou. La naturopathie aussi. Même si les glaces et le chocolat me manquent. Et j’avoue que je ne respecte pas tous les jours, j’aime toujours les pizzas et les apéros.

Bref, je me perds dans des réflexions sans queue ni tête, je crois qu’aujourd’hui est un jour SANS. Après plusieurs semaines AVEC, je ne m’en plains pas.

Je crois également (pour vous dire que cet article est vraiment décousu) qu’en septembre, ou quand je verrai Super doc, je demanderai à faire la fameuse biopsie qu’elle ne m’encourage pas à faire. Histoire de ne pas regretter.

 

Le cycle de la Loose

Un cycle pareil, ça ne s’invente pas.

Tout d’abord, quoi de neuf depuis mon dernier article ? Et bien, rien de bien folichon. Je viens de passer une dizaine de jours assez déprimants, entre crises de larmes (mais pourquoi je ne garde aucun winners ? et si ça continue, est ce que je serai maman un jour ?), doutes (on va vite arriver aux 4 FIV remboursées, que va-t-il se passer ensuite ?), engueulades avec Brad (tu ne m’aides pas pour le ménage, la bouffe, y’a pas que toi qui fait des horaires de ouf et c’est pas toi qui te tapes toutes ces putains d’hormones) et boulot-boulot (ça fait du bien de penser aux problèmes des autres, et puis de toute façon, je n’ai pas le choix, avec tous ces non-évènements PMA, j’ai pris du retard).

Que du bonheur, en somme.

Durant ces 10 jours, comme convenu avec Super Doc, j’ai gardé la pompe, donc, toujours sous traitement, mais en mode jemenfoutiste parce que, dans ma logique (qui ne me semble pas mauvaise), si 8 winners ne se sont pas implantés, pourquoi le 9ème déciderait de faire autrement ? Mon chiffre porte-bonheur, c’est le 7, pas le 9.

C’est samedi soir que la loose a commencé. Je vis ma journée en mode déprime car engueulade avec ma mère, et mes parents m’agacent pour des raisons annexes. Bref. Le soir, on rentre d’un dîner chez eux, plutôt sympa malgré ma déprime et c’est le moment de changer la pompe. En théorie. Parce qu’en pratique, je m’aperçois que j’ai OUBLIE (oui, oublié !) d’aller chercher le produit à 400 boules qui permet de me donner les bonnes hormones qu’il faut. My God. Je vous rappelle que Madame la Pompe m’injecte des hormones toutes les 90 minutes. 23h, un samedi soir, je fais quoi ? Et bien, je m’énerve toute seule 10 minutes, et je vais me coucher, sans la pompe. Pas plus stressée que ça (que pouvais-je y faire ?).

Le lendemain, aucune des pharmacies de garde que j’appelle ne répondent (c’est ouf, ça !) et de toute façon, je doute qu’elles aient mon produit spécifique en stock. Je demande conseil à Miss inFertility, un brin stressée tout de même, qui me dit que selon elle, c’est pas bon d’enlever si longtemps la pompe et que quand ça lui arrive, elle a toujours le reste des traitements précédents dans le frigo. Je vous vois avec vos gros yeux, là, alors j’explique. Le produit que je mets dans ma pompe, c’est une solution reconstituée (comme Menopur, pour les initiés ou comme Pergoveris [oui, j’ai testé tous les traitements]). Quand je prends le produit reconstitué dans ma seringue pour l’injecter dans ma pompe, il reste toujours dans la fiole un tout petit reste de solution reconstituée. Que je conserve sagement (pas au frigo, moi !) dans l’attente d’un recyclage.

Comme je ne peux pas savoir quelles solutions reconstituées sont les plus récentes, je prends tous mes fonds de fioles et je les mets dans un. Et je m’injecte ça. Même pas peur. Enfin, si un peu. J’ai demandé à Brad de m’emmener d’urgence à l’hôpital s’il voyait un truc chelou, et une heure après m’être recollée une pompe bricolée, je me suis sentie fébrile, des vertiges, avant de m’apercevoir que tout ça n’était que psychologique… Note pour plus tard : tout est dans la tête. C’est agaçant, mais c’est vrai. Enfin presque.

Ce matin, je me suis rendue à mon rendez-vous écho-prise de sang, stressée à mort. Super Doc m’a rassurée : pas de traitement pendant 12h ne devrait pas avoir d’incidence (bon, je lui ai pas dis pour la solution reconstituée pour les 12 autres heures et le fait que je me suis prise pour un petit chimiste…). Bon à savoir. On fait l’écho qui montre un joli follicule… A GAUCHE !!!! ouiiiiii !!!! Du côté de la bonne trompe pas bouchée. Je suis toute euphorique et j’explique à Super Doc que c’est bien la première fois que j’ovule à gauche. Elle me dit en rigolant que j’ai intérêt à avoir des rapports dans les jours qui arrivent. Nous y reviendrons.

Je file au travail, et accumule les mésaventures. Je ne peux pas souffler, sauf pour manger vite fait, en lisant les blogs de mes copinautes. Pendant ce temps, je reçois mes résultats de prise de sang et un appel de la clinique.

Prise de sang : LH à 22,5; Progestérone à 2,7 et Estradiol à 507.

Coup de fil de la clinique que je découvre à 16h30:

Bonjour Mme Marivalou, voici les consignes pour le déclenchement : Ovitrelle cet après-midi, pour un transfert samedi. 

Quoiiiii ??? WTF ? « Cet après-midi ? ». Je les rappelle en disant que je travaille, que Ovitrelle est dans mon frigo, et comment je fais ??? Ils vont demander à Super Doc. En attendant, je m’organise et rentre chez moi pour 17h45 (le truc qui m’est jamais arrivé…). Super Doc a dit de faire Ovitrelle dès que possible, mais que ce n’était pas grave si je la faisais ce soir. Ce sera 18h, donc. Vu que j’étais déjà partie. Là, ça va se compliquer car d’habitude, c’est Brad qui manipule Ovitrelle. Moi, je subis. Je dis : « tu fais bien attention hein » mais je ne fais rien. Là, il faut agir. J’agis en conséquence. Sauf que pour la première fois depuis mes nombreuses expériences d’Ovitrelle, IL Y A UNE BULLE ! Oh Bordal. Je suis donc les instructions pour enlever la bulle qui disparaît (ouf). Et je m’injecte la chose.

Brad rentre et va direct au lit… non pas pour faire une partie de couic couic avec sa chère et tendre (moi), non. Pour dormir. Brad est malade. Le jour où j’ovule quasi-naturellement du côté gauche, Brad est malade. Le jour où le truc qui arrive jamais arrive, Brad est malade. Il a cependant dit qu’il allait essayer. J’essaie de ma rassurer en me disant qu’on l’a fait hier. Mais merde, ça aurait été bien d’avoir une chance au naturel en plus de cet embryon congelé. Nous verrons, donc. J’ai envie de dire, après tous ces coups de loose : advienne que pourra.

Transfert prévu pour samedi, donc. Ca tombe bien, je prends une semaine de vacances à compter de samedi. Timing pârfait. J’aurai préféré dimanche, quand même, histoire de faire le ménage à fond samedi. On va pas chipoter. Brad se chargera du ménage. Moi, je me ménage.

Concernant enfin mon état d’esprit, il s’est amélioré. Nettement. En allant à la clinique (30 à 40 minutes de trajets beacause embouteillages), je me suis dis deux choses.

Chose positive number One : je crois aux cycles. J’ai eu mon cycle de bonheur de quatre années, à compter de 2006 :

2006 : demande en mariage de Brad, préparation du mariage

2007 : mariage, réussite du plus dur examen de ma vie

2008 : entrée à l’école, voyage de noces fabuleux

2009 : fin de l’école, diplômée et entrée dans ma belle profession.

Puis, j’ai eu mes 4 années de loose :

2010 : finalement,je fais une profession de marde, qui me stresse et qui ne me laisse ni vie sociale, ni vie familiale possible. Mon poids est à – 10 kgs et je ne vais pas super bien.

2011 : les travaux dans notre maison s’éternisent, ras le bol, et mon métier ne me laisse toujours aucun répit.

2012 : découverte de l’absence d’ovulation, de la trompe bouchée, entrée en PMA

2013 : une FIV et trois TEC plus tard toujours rien.

STOP ! à partir de 2014, il doit y avoir des choses positives. Je fais abstraction de ma deuxième FIV ratée et du TEC tout aussi foiré. Ils n’existent pas. J’entame mon ccyle de bonheur cette année,  épicétou !!!

Chose positive number two : que ma prise de sang soit positive ou négative, il y aura forcément une bonne nouvelle : soit une grossesse, soit une démission. Mais dans tous les cas, ça marquera le début du reste de ma vie. Si je démissionne, cela signifie que je serai à mon compte dès septembre. Qui dit installation à mon compte, dit plus de travail, peut-être, mais au moins je bosserai pour moi, et dit surtout : LIBERTE !

Car j’ai réalisé une chose. A cause de mon boulot certainement, et à cause aussi de mon parcours PMA, j’ai l’impression de ne pas vivre ma vie, d’être en mode « pause » dans l’attente d’un mieux. Je ne peux plus vivre comme ça. Je veux vivre ma vie, être acteur et ne pas la subir. Ca commence donc par une évolution professionnelle, indispensable et nécessaire. Etre son propre patron, ne plus devoir être réactif à la seconde, ne plus se prendre des remontrances, devoir gérer les dossiers des boss et les miens de front, ne plus se justifier, être libre, en somme.

 

En mode Cocotte

Point de suspens, c’est officiel : je couve deux winners (j’en suis venue à détester le mot « embryons », donc, pour moi, ce sera mes winners ou mes warriors. Pas de discussion possible). Ce ne sera que mon 6ème transfert et mes 7ème et 8ème embryons. J’ai envie d’y croire, 7 est un chiffre qui me porte chance. Mais je ne peux que rester lucide : une prise de sang négative serait la juste logique des choses, et la probabilité la plus certaine.

Toutefois, j’y crois parce que :

1. Je suis obligée. Si je n’y croyais pas, je ne le tenterai pas. Gaspis d’énergie.

2. On n’a jamais testé la pompe comme mode de stimulation pré-TEC, alors peut-être que cela rend mon utérus beaucoup plus accueillant. Peut-être que la pompe fait que dans mon utérus, on te sert du bon thé chaud avec des jolies pâtisseries afin de donner envie aux winners de s’y installer. Super Doc m’a confirmé aujourd’hui que si mon ovulation n’est pas naturelle, car induite par la pompe, le fait d’ovuler sans aide prouve que le traitement est efficace. Du coup, je me dis, au pire, si les 4 FIV foirent, on peut toujours réessayer les stim simples et être patients pour que j’ovule du côté gauche (et non du droit comme à chaque fois). Espoir, espoir…

3. Aujourd’hui, jour du transfert, j’ai reçu un joli, joli faire-part de la naissance d’un bébé né de « l’espoir, de l’amour et de la science ». C’est un signe ?

4. Je suis sûrement dingue.

Ce matin, le labo m’a appelé : « Bonjour Madame Marivalou, on a bien dégelé un winner, le transfert se fera à 14h15 ». Moi : « Euh non, c’était deux embryons ! » Le labo : « Aaah. Oui. Bon. J’en dégèle un autre alors ». « Oui,merci et n’oubliez pas hein ». Non mais bordal ? Ils t’appellent 3 jours avant pour te demander combien t’en veux et ils font même pas ce qui leur est demandé ? Du coup, au moment du transfert, alors que j’avais les jambes écartés, le biologiste entre, tend la pipette et dit : « Madame Marivalou, voici VOS embryons », avec un grand sourire. « C’est moi que vous avez eu au téléphone ». Je lui souris, en mode ultra détendue, même en position gynéco et explique à Super Doc l’histoire des winners et tout le monde rit, ah ah ah, c’que c’est drôle, c’qu’on est détendu… en attendant, on le fait ou non le transfert ? Oui, on le fait. Super Doc m’a fait ça, hop hop hop, je n’ai rien senti. Limite, j’ai du mal à croire que deux winners sont à l’intérieur de moi-même…

Voilà, voilà, prise de sang prévue le 27 mars. Un jeudi. Bof. C’est moche, j’aurai le résultat au boulot, je vais pleurer (ou hurler) dans mon bureau, ça va être top top. En même temps, je préfère un jeudi qu’un lundi. Vu que je ne peux pas me permettre de prendre de demie-journée… (soupir).

Mais voilà. Miss psychotage is back, et ce pour deux raisons.

1. Le traitement à suivre. Super Doc m’a dit de faire le reste d’Ovitrelle (donc 15 clics pour ceux qui suivent) ce soir et de continuer la pompe. Aucune indication sur d’éventuels ovules de progestérone, rien de rien. Et (non, mais quelle bêtasse, je vous jure), je n’ai pas pensé à demander… Rah ! Je me donnerai des baffes. Je pense que comme je suis sous pompe, je n’ai pas besoin de progestérone. Ce qui n’est pas pour me déplaire car du coup, je n’ai pas mal aux seins et aucun symptôme qui fait croire à une grossesse. Toutefois, à chacune de mes FIV/TEC j’avais ces p***** d’ovules. Alors quoi ? Super Doc aurait oublié de me les prescrire ? Ou, plus raisonnablement, n’en aurais-je pas besoin ? Je ne sais pas. Mais je penche pour la seconde solution… Merci à « celles qui savent » de m’éclairer.

2. Le boulot. Je devais y retourner post-transfert. Du coup, j’avais rien dit à mes boss. Je fais un job où on n’a pas vraiment d’horaires et tu fais un peu ce que tu veux… tu vois ? Du moment que tu bosses 50 heures par semaine, c’est cool. Sauf que Brad s’est fâché et m’a enjoint de rester à la maison pour me reposer, faire des trucs chouettes comme il dit (entre autres choses, choisir mon cadeau d’anniversaire, héhéhéhé). Comme je ne suis pas non plus une accro au boulot et que je sais où sont mes priorités, j’y suis allée ce matin et suis partie à 12h, après une heure de boulot intensif et une heure de réunion (intensive aussi). Mais je n’ai mis que la secrétaire au courant de mon absence vu que Boss n°1 était en rendez-vous extérieur et que Boss n°2 était ultra méga occupé. Je n’ai pas écris de mail ni envoyé de texto, pressée par le temps (j’ai mangé en 10 mn top chrono ce midi). J’aurais dû. Boss n°1 n’a pas arrêté de m’envoyer des mails de choses à faire cet après-midi, dont le dernier disait : « Je suis absent demain mardi 18 mars, pensez à faire ceci et à faire cela dans tel dossier ». Haem. Oups. J’ai renvoyé un email en disant que c’était prévu (c’est vrai) et que j’espérais qu’il ne m’avait pas trop cherché cet après-midi, que j’avais mis la secrétaire au courant, etc. Point de réponse. Du coup, je culpabilise.

Tu vas me dire : qu’est-ce que tu en as faire, puisque si les deux prochains TEC sont négatifs, tu démissionnes ? Ben, croyez le ou non, bien que mes boss aient souvent parfois abusé, je n’ai pas envie qu’ils aient une mauvaise image de moi et qu’ils croient que je m’en fiche du boulot. D’autant que durant les deux prochaines semaines, hors de question de partir à 20 heures passées. Je ferai mon boulot, ce sera peut-être intensif, mais le soir, je pars « tôt » (en sachant que, pour « tôt », comme dit Brad, c’est « tard » pour les autres). C’est abusé, vous croyez ? Z’ont qu’à me virer. Ou me convoquer pour me dire que j’abuse (pour la demie-journée prise).

Edit de 19 heures : Après avoir relaté la situation prise de chou « professionnel » à une de mes meilleures amies qui fait le même job que moi, voici sa reaction : « Non mais arrête de te prendre la tête pour ça, t’as prévenue la secrétaire, c’est ok, et s’ils sont pas contents, c’est pareil ». Ok, me voilà quasi sereine. Merci à mon amie J. (qui ne me lit pas).

Dilemme

Je ne suis certainement pas la seule à ressentir cela. Je m’explique. Voilà, j’assume, je suis une working girl et j’ai plutôt bien réussi ma vie. A 18 ans trois quart, j’ai rencontré le Prince Charmant, qui a traversé la France pour venir vivre à mes côtés. Malgré les épreuves de la vie, malgré nos différences et aussi peut-être grâce à elles, nous sommes toujours ensemble. Professionnellement, Brad (ou le Prince Charmant) a plutôt galéré avant d’être, depuis genre 2 mois, associé au sein de la société qui l’emploie. Bon, c’est pas la grosse multinationale, c’est juste une petite société d’informatique avec 2 employés (dont lui) et 3 clients, mais l’essentiel c’est que pour le moment, ça tourne. Professionnellement, de mon côté, à 30 ans passés, je n’ai jamais connu le chômage mais je connais l’exploitation. C’est à dire que je bosse environ 50 heures par semaine (je n’ai pas d’horaires, pas de RTT et pas d’heures supplémentaires), et encore, parce que je me refuse de prendre des dossiers le soir et les week-ends. Tout ça pour une misère. J’ai un statut bâtard de « collaboratrice » qui m’assure certes une rentrée minimum d’argent mais également bien des désagréments avec mes boss et plein de dossiers pourris à traiter. Surtout, j’ai un « supérieur » dans une profession soi-disant libérale où, en principe, on est son propre patron. En bref, mon statut est incompatible avec ma profession, mais ça, tout le monde le sait. Du coup, les choses sont simples pour nous, femmes :

– soit tu tombes enceinte pendant ta collaboration et là, c’est tout bénéf pour toi car tu ne supportes plus tes boss pendant ton congé mat et tu as un minimum vital pour vivre,

– soit tu t’installes à ton compte d’abord PUIS tu tombes enceinte,  ce qui est l’enfer car tu n’as pas de sous pour vivre pendant ton congé mat, que tu dois travailler pendant ton congé mat car tes clients en ont strictement rien à foutre que bébé ait des coliques ou que tu ne dormes pas, mais au moins, TU ES LIBRES MAX !!!

En working girl raisonnable que je suis, je me suis dis, je fais au moins le premier en collaboration. Ouais, ouais, ouais. Sauf qu’aujourd’hui, au train où vont les choses, soyons clair, je reporte mon hypothétique installation depuis un an (avant, je n’étais pas prête à m’installer, pas assez vieille dans le métier) pour un évènement qui ne semble pas vouloir venir, et qui s’il viendra peut- être un jour, n’est pas pour tout de suite.

Or, moi, j’en peux plus de travailler « pour » quelqu’un et que mes clients perso à moi (mes petits miens) passent en dernier. J’en peux plus de ne pas développer plus ma clientèle pour ne pas avoir trop de travail. Je veux être mon propre patron, merdouille de merdouille. Pour l’instant, je le suis qu’à moitié, et ça me broute.

Du coup, ma résolution est prise. Depuis quelques temps déjà, mais j’attendais le RDV avec Super Doc pour voir si les choses se goupillaient bien. Et ça a l’air de plutôt le faire. On tente les deux derniers TEC avec Madame La Pompe, ce qui devrait nous amener à environ avril/mai, par là. Comme l’échec est envisageable à environ 90 %, je donnerai alors ma démission fin avril si toujours pas de grossesse. Et comme Super Doc veut qu’on fasse tout plein d’examens, on attendra surement un peu avant d’attaquer une troisième FIV. Du coup, je donne mon préavis (4 mois, quand même) fin avril pour prévoir une installation début septembre, tout en me prenant un bon mois de vacances (j’en rêve). Et à compter de jesaispasquand-çadépenddesresultatsd’examen, je mènerai, de front, ma vie de working girl et ma vie en PMA. L’avantage, c’est que je serai ultra détendue à chaque écho, ponction, transfert ou simple RDV pour la FIV vu qu’aucun compte à rendre à personne. Et ma super copine-consoeur Gigi pourra me remplacer en cas de besoin (on s’aide déjà mutuellement pour nos dossiers persos).

Brad sait que j’en ai marre de mon statut, donc, il me disait d’attendre au départ. Maintenant, il me dit que j’ai raison. Et lui-même a passé le cap, un peu par hasard, en fait. Ce qui fera qu’on sera à notre compte tous les deux.

Purée, on a bien fait quand même de faire un contrat de séparation de biens !

PS : les filles (et le gars), il se peut que vous n’ayez rien compris à mon monologue-pensage pour moi-même, mais ça m’a fait un bien fou. Je suis dans ma période « je lâche prise » ou j’essaie, et pfiou. Faut que ça sorte, à l’envers ou à l’endroit, mais faut que ça sorte.

PPS : Absolument rien à voir. Je me fais un resto avec ma cousine ce soir, accompagné de petits verres, et j’ai choisi ce jour pour manger un peu trop à la brasserie du coin ce midi. Pitain, mais je tuerai ma gourmandise, moi !!!