Le cycle de la loose – 2

Point de suspens, je ne couve pas. Pour la première fois, (du coup, je l’avoue, je ne m’y attendais pas), mon winner ne s’est pas réveillé. Au paradis, direct. N’est pas passé par la case utérus, n’a pas pris 100 €.

J’ai raccroché, j’ai appelé Brad qui jardinait, j’ai pleuré. Brad m’a dit plusieurs choses. D’abord, qu’il valait mieux ça plutôt qu’une énorme déception dans 12 ou 15 jours. Moi-même, je trouve ça préférable, la chute est moins dure. Ensuite, que ça arrivait très souvent (ce que la la biologiste m’a confirmé) même si on ne s’y attendait pas vu que ça ne nous était jamais arrivé au cours de nos 4 derniers TEC. Bien sûr, faut que ce soit le dernier qui ne résiste pas. C’est pas la loose, ça ?

Je vais aussi pouvoir profiter pleinement de mes vacances : apéro, ménage de printemps, vélo… Puis, ça tombe bien, je n’avais plus de jolis shortys ou tanga à montrer à Super Doc.

Enfin, je vais pouvoir démissionner, comme prévu, à la fin du mois, et m’installer. D’ici septembre, je n’aurai plus de « patron », je travaillerai pour ma pomme, et je serai pauvre. Mais moins stressée (quoique…), moins contrariée, plus épanouie.

Et on va pouvoir faire le point avec Super Doc. Rendez-vous est pris  pour le 23 avril (aucun désistement avant, vraiment pas de chance).  De toute façon, je ne compte pas faire de prochaine FIV avant septembre prochain. Je n’en puis plus, j’ai besoin de penser à d’autres choses, plus agréables, de préparer mon installation, de me consacrer à mon boulot pour être plus performante. Et de faire tous les examens possibles pour savoir pourquoi on n’y arrive pas, comme tous les autres.

Mon programme immédiat : passer un week-end à rien faire. Puis, les jours suivants, ranger ma maison, profiter de voir des amis, faire du shopping. Jeudi, on part s’aérer chez les parents de Brad, dans leur deuxième maison, au milieu de nulle part. Ils n’arrivent que le vendredi, de sorte qu’on aura une journée/soirée pour NOUS. Puis, on profitera de ses parents, on mangera de la charcuterie et on boira du vin (toutes ces choses qui me frustraient de ne pouvoir faire), et le samedi arriveront sa sœur, son chéri et leur fille. Brad m’a promis qu’on irait faire les boutiques et peut-être qu’on irait voir des amis qui ont déménagé à une heure de route de la bas.

Ironie du sort, ce soir, on dîne avec un couple d’amis dont a découvert récemment qu’ils traversaient les mêmes problèmes que nous. On va pouvoir partager nos expériences, se donner des petits trucs et astuces, se comprendre… Je vais également pouvoir me changer les idées.

Mon programme pour la suite : effectuer tous les examens possibles pour savoir si un truc nous empêche d’avoir des enfants. Prendre rendez-vous avec une naturopathe. Peut-être un acupuncteur. Prendre des cours de yoga ou de relaxation ou de sophrologie.

Vivre ma vie.

Publicités

En mode Cocotte

Point de suspens, c’est officiel : je couve deux winners (j’en suis venue à détester le mot « embryons », donc, pour moi, ce sera mes winners ou mes warriors. Pas de discussion possible). Ce ne sera que mon 6ème transfert et mes 7ème et 8ème embryons. J’ai envie d’y croire, 7 est un chiffre qui me porte chance. Mais je ne peux que rester lucide : une prise de sang négative serait la juste logique des choses, et la probabilité la plus certaine.

Toutefois, j’y crois parce que :

1. Je suis obligée. Si je n’y croyais pas, je ne le tenterai pas. Gaspis d’énergie.

2. On n’a jamais testé la pompe comme mode de stimulation pré-TEC, alors peut-être que cela rend mon utérus beaucoup plus accueillant. Peut-être que la pompe fait que dans mon utérus, on te sert du bon thé chaud avec des jolies pâtisseries afin de donner envie aux winners de s’y installer. Super Doc m’a confirmé aujourd’hui que si mon ovulation n’est pas naturelle, car induite par la pompe, le fait d’ovuler sans aide prouve que le traitement est efficace. Du coup, je me dis, au pire, si les 4 FIV foirent, on peut toujours réessayer les stim simples et être patients pour que j’ovule du côté gauche (et non du droit comme à chaque fois). Espoir, espoir…

3. Aujourd’hui, jour du transfert, j’ai reçu un joli, joli faire-part de la naissance d’un bébé né de « l’espoir, de l’amour et de la science ». C’est un signe ?

4. Je suis sûrement dingue.

Ce matin, le labo m’a appelé : « Bonjour Madame Marivalou, on a bien dégelé un winner, le transfert se fera à 14h15 ». Moi : « Euh non, c’était deux embryons ! » Le labo : « Aaah. Oui. Bon. J’en dégèle un autre alors ». « Oui,merci et n’oubliez pas hein ». Non mais bordal ? Ils t’appellent 3 jours avant pour te demander combien t’en veux et ils font même pas ce qui leur est demandé ? Du coup, au moment du transfert, alors que j’avais les jambes écartés, le biologiste entre, tend la pipette et dit : « Madame Marivalou, voici VOS embryons », avec un grand sourire. « C’est moi que vous avez eu au téléphone ». Je lui souris, en mode ultra détendue, même en position gynéco et explique à Super Doc l’histoire des winners et tout le monde rit, ah ah ah, c’que c’est drôle, c’qu’on est détendu… en attendant, on le fait ou non le transfert ? Oui, on le fait. Super Doc m’a fait ça, hop hop hop, je n’ai rien senti. Limite, j’ai du mal à croire que deux winners sont à l’intérieur de moi-même…

Voilà, voilà, prise de sang prévue le 27 mars. Un jeudi. Bof. C’est moche, j’aurai le résultat au boulot, je vais pleurer (ou hurler) dans mon bureau, ça va être top top. En même temps, je préfère un jeudi qu’un lundi. Vu que je ne peux pas me permettre de prendre de demie-journée… (soupir).

Mais voilà. Miss psychotage is back, et ce pour deux raisons.

1. Le traitement à suivre. Super Doc m’a dit de faire le reste d’Ovitrelle (donc 15 clics pour ceux qui suivent) ce soir et de continuer la pompe. Aucune indication sur d’éventuels ovules de progestérone, rien de rien. Et (non, mais quelle bêtasse, je vous jure), je n’ai pas pensé à demander… Rah ! Je me donnerai des baffes. Je pense que comme je suis sous pompe, je n’ai pas besoin de progestérone. Ce qui n’est pas pour me déplaire car du coup, je n’ai pas mal aux seins et aucun symptôme qui fait croire à une grossesse. Toutefois, à chacune de mes FIV/TEC j’avais ces p***** d’ovules. Alors quoi ? Super Doc aurait oublié de me les prescrire ? Ou, plus raisonnablement, n’en aurais-je pas besoin ? Je ne sais pas. Mais je penche pour la seconde solution… Merci à « celles qui savent » de m’éclairer.

2. Le boulot. Je devais y retourner post-transfert. Du coup, j’avais rien dit à mes boss. Je fais un job où on n’a pas vraiment d’horaires et tu fais un peu ce que tu veux… tu vois ? Du moment que tu bosses 50 heures par semaine, c’est cool. Sauf que Brad s’est fâché et m’a enjoint de rester à la maison pour me reposer, faire des trucs chouettes comme il dit (entre autres choses, choisir mon cadeau d’anniversaire, héhéhéhé). Comme je ne suis pas non plus une accro au boulot et que je sais où sont mes priorités, j’y suis allée ce matin et suis partie à 12h, après une heure de boulot intensif et une heure de réunion (intensive aussi). Mais je n’ai mis que la secrétaire au courant de mon absence vu que Boss n°1 était en rendez-vous extérieur et que Boss n°2 était ultra méga occupé. Je n’ai pas écris de mail ni envoyé de texto, pressée par le temps (j’ai mangé en 10 mn top chrono ce midi). J’aurais dû. Boss n°1 n’a pas arrêté de m’envoyer des mails de choses à faire cet après-midi, dont le dernier disait : « Je suis absent demain mardi 18 mars, pensez à faire ceci et à faire cela dans tel dossier ». Haem. Oups. J’ai renvoyé un email en disant que c’était prévu (c’est vrai) et que j’espérais qu’il ne m’avait pas trop cherché cet après-midi, que j’avais mis la secrétaire au courant, etc. Point de réponse. Du coup, je culpabilise.

Tu vas me dire : qu’est-ce que tu en as faire, puisque si les deux prochains TEC sont négatifs, tu démissionnes ? Ben, croyez le ou non, bien que mes boss aient souvent parfois abusé, je n’ai pas envie qu’ils aient une mauvaise image de moi et qu’ils croient que je m’en fiche du boulot. D’autant que durant les deux prochaines semaines, hors de question de partir à 20 heures passées. Je ferai mon boulot, ce sera peut-être intensif, mais le soir, je pars « tôt » (en sachant que, pour « tôt », comme dit Brad, c’est « tard » pour les autres). C’est abusé, vous croyez ? Z’ont qu’à me virer. Ou me convoquer pour me dire que j’abuse (pour la demie-journée prise).

Edit de 19 heures : Après avoir relaté la situation prise de chou « professionnel » à une de mes meilleures amies qui fait le même job que moi, voici sa reaction : « Non mais arrête de te prendre la tête pour ça, t’as prévenue la secrétaire, c’est ok, et s’ils sont pas contents, c’est pareil ». Ok, me voilà quasi sereine. Merci à mon amie J. (qui ne me lit pas).

Mon cas est atypique (ou déséspéré, c’est selon)

Pfiou. Je viens de passer quelques jours riches en émotion. Après mon dernier article, qui paraissait enjoué, et qui m’a valu nombres de commentaires félicitatifs (merci, mes chaussures sont trop petites, désormais), j’ai passé deux jours à déprimer, au bord des larmes, au fond du gouffre, me disant qu’avec tous ces échecs (6 embryons, 5 transferts, et je compte pas les quelques essais de stimulation antérieurs), je n’étais pas normale, et je n’arriverai jamais à avoir d’enfant. J’ai même pleuré en rentrant du boulot, crevée, et Brad, solide comme un roc (mais comment il fait ?) m’a consolée comme il a pu (pour un mec pas démonstratif, chapeau) en me disant qu’on allait y arriver un jour et que si la Sécu rembourse 4 FIV, ce n’était pas pour rien. Mouais.

P**** d’hormones, qui te font aller très haut puis très bas.

Hier soir, je suis sortie du travail vers 21 heures, après une réunion-débat-envuedesmunicipales qui avait lieu sur mon lieu de travail. Je rentre en tram, jusqu’à un arrêt où est stationnée ma tuture. Sauf que tuture, hier soir, avait bouffé toutes ses batteries et ne voulait plus démarrer (non, même pas j’ai laissé mes phares allumés, même pas même pas… ah si, en fait… euh…). Brad est venu à ma rescousse, il est allé cherché des pinces, les a branché de sa voiture à ma tuture pendant que je l’éclairais comme je pouvais avec mon téléphone (je suis une intellectuelle, moa, pas une manuelle…). Ouf, elle a redémarré. A la maison à 22h30, on crevait la dalle… Dodo tard, quoi… pour un réveil à 5h45 pour voir Super Doc aux aurores! My God.

Ce matin, en mode « La journée commence, là, ? t’es sûr ? ».

Je récapépète : je suis à 10 jours de « pompe » (de stim, si tu préfères).

Pour une fois, très peu d’attente à la PMA (merci les RDV à l’aube), je papote avec l’infirmière (je suis VIP, je l’ai déjà dis ?) et je passe dans le bureau de Super Doc pour l’écho. Super Doc regarde l’écran, moi, je vois qu’il y a des trucs (je commence un peu à discerner les trucs, comme quoi,  au bout de deux ans d’écho, tout arrive). Mais je ne sais pas encore ce que veut dire ce que je vois… donc j’attends.  Elle me dit : « Bon. Echo très atypique ». Mouiiiiii ?! C’est à dire ???

« Et bien, vous avez un endomètre très épais ». Je lui dis que c’est plutôt positif ça, d’autant que j’ai plutôt un endomètre fin d’habitude. Elle me dit : »Oui, certes, mais on a l’impression que c’est plutôt un endomètre post-ovulation ». What ??? Repaet please ? Marche arrière ?

Je lui dis « J’aurai ovulé toute seule ? ». Elle rigole, me dit que ce serait bien la première fois que j’ovule sans son aide, mais que tout est possible. Elle me dit qu’à gauche, il n’y a rien, aucun follicule, et à droite, un gros follicule ou un gros kyste (ah bon) et d’autres petits follicules ou kystes. Ah bon bon bon. Mais euh, comment fait-on pour savoir ? On attend les résultats de prise de sang ! Okay.

Puis, je l’interroge sur mont aux étrange de LH à 10 (surtout quand je vois Bounty qui dit qu’elle ovule à LH 10…) alors que d’habitude, celui-ci est plutot de 0. Elle me répond qu’on ne peut pas s’y fier, le taux de LH en lui-même ne veut rien dire, il va, il vient, c’est associé à l’estradiol qu’il peut être interprété, et mon estradiol était bas donc bon.

Je repars du Centre un peu hallucinée : je ne sais pas si je dois me réjouir ou non… Super doc m’a dit que le secrétariat m’appellera dans la journée, soit pour tout arrêter, soit pour continuer, soit pour déclencher. Toutes les options sont possibles. Et étrangement, je suis zen. L’habitude, sûrement.

A midi, je reçois mes taux. ‘Tention, y’a du lourd !

LH : 35, Progestérone : 4,3 Estradiol : 523.

Boooooon. J’attends le coup de fil, suis pas médecin, hein.

Coup de fil du secrétariat : « alors, il semble que vous ayez déjà ovulé, vous deviez être ce matin en pleine ovulation ». Allons bon. Merdouille. On a fait couic couic que samedi, saloperie (on travaille beaucoup alors hein on peut pas tous les jours). Bon, pas grave me dis-je, on fait un TEC pas une stim, j’avais oublié. Elle me dit qu’il est encore juste temps de faire le TEC. Que le transfert se fera lundi. Que ce soir je fais 10 clics d’Ovitrelle (10 clics ??? Quoi que c’est ??? Help me !!! je fais toujours le stylo entier, moi !!!), que je ferai le reste le soir du transfert et que je garde la pompe. Allons bon. Qu’est-ce que c’est que ce protocole de malade ??? Pourquoi dix clics d’Ovitrelle ce soir et le reste lundi ? Alors que j’ai déjà ovulé POUR LA PREMIERE FOIS DEPUIS DES ANNEES TOUTE SEULE !!!! Vos observations éclairées seraient je l’avoue les bienvenues. Et la pompe, je la garde toute ma life, ou bien ?

Pour le reste, je retiens : que depuis le début de la stim, j’étais plutôt détachée. Que j’ai ovulé en 10 jours de pompe (avant, il m’en fallait au moins le double). Que j’ai ovulé sans mon amie Ovitrelle (nananinanèreuh). Que ce soir on fait du poney, on s’en fout, on a rien à perdre. Qu’il faut que je continue à me plonger dans le travail pour ne plus penser à « ça ». Que lundi, on me transfère deux embryons. Que j’aimerai qu’ils soient gentils, et que, pour une fois, ils veulent bien faire un peu plus d’effort et s’accrocher à ma paroi utérine puisque pour une fois, mon endomètre est « bon » (elle m’a pas donné les mm, Super Doc n’aime pas trop donner les chiffres). Que direct après le transfert (et avant aussi d’ailleurs), je serai au boulot. Que de toute façon, le repos n’avait rien changé au résultat les fois précédentes, alors bon.

J’ai quand même hâte d’être au jour du transfert pour avoir le débrief de Super Doc et savoir ce qu’il s’est passé et si je pourrai encore à l’avenir ovuler seule… même avec une trompe bouchée, l’espoir d’un bébé couette renaîtrait alors ? Mouais, te fais pas trop de film ma vieille, car en lisant le résultat de la prise de sang, tu risques de tomber de haut et bien bas (encore une fois).

Tribulations d’une pompette

J’en étais où ? Ah oui, j’attends le J1. Oui, bon, bah, je peux attendre longtemps, hein. Avec mes problèmes d’hypophyse ou d’hypothalamique ou de je ne sais quoi (je ne suis pas médecin), je n’ai pas de cycles, pas de règles naturelles, et même avec Duphaston, souvent je n’ai rien. Donc, on a posé la pompe. La fameuse. Aaaaaah, j’avais oublié les joies de la pompe…

On ne dort plus très bien car, posée sur un des côtés du ventre, tu peux plus vraiment dormir sur le côté où elle est posée. Ça gratte assez souvent, ça démange. Et tu fais attention à tes vêtements : pas de hauts moulants et des hauts plutôt amples. J’avoue, si on est au courant, on la devine (car je n’ai toujours pas trouvé le temps de faire du shopping). Le doux tac tac tac résonne à mes oreilles… même Brad m’a dit qu’il l’entendait… mais il m’a rassurée en me disant que si on ne savait pas que c’était ça, on pouvait prendre ça pour un bruit extérieur… vive la femme du futur quand même !

Premier changement de pompe : un grand moment. Déjà, c’est un peu plus compliqué qu’une injection « normale ». Tu vois le Gonal ? Ben, c’est du pipi de chat à côté. Car le Gonal, tu as un stylo, c’est même pas une piqure. Tu vois le Ménopur ? On se rapproche, car là aussi tu as une reconstitution à faire. J’explique. Déjà, tu as ta télécommande. Tu l’allumes (à savoir qu’elle se met en veille environ 4 ou 5 fois pendant tout le process, car tu n’es pas assez rapide). Bon, ça y est elle s’allume, elle dit que tu t’appelles Marival (car y’a pas assez de place pour indiquer tout ton nom en entier) et que tu as une dose de 20 ui de Lutrelef toutes les 90 mn. Tu appuies sur la touche « next ». Là, on te dis (dans le petit livret, hein, la télécommande, elle parle pas. Pas encore), que tu dois enlever ton ancien « pod » (c’est à dire le truc que tu t’es collé la dernière fois sur le ventre et qui t’injectes du produit). Tu suis ? Ok, j’enlève, tu tapes sur la touche pour enlever. Le pod émet un bip pour te dire qu’il est déconnecté. Et tu t’arraches (oui, c’est bien le mot, « arracher ») le pod et la mini aiguille avec. Sympa. Ça fait un peu mal quand même. Là, tu viens de faire 1/10ème de ce qui t’attends. Ensuite, tu reconstitues ton produit : tu prends le solvant (3,2 mg attention à bien doser !!!!) dans la seringue munie d’une énorme aiguille (mais non, t’inquiète, cette aiguille ne te servira jamais à te piquer) et tu le réinjectes dans la poudre. Et tu éloignes le solvant le plus loin possible, histoire de pas se tromper de « solution » tout à l’heure. Ensuite, tu changes l’aiguille sur ta seringue (oui, oui, il faut changer d’aiguille, tu as bien lu), tu reprends toute la solution reconstituée dedans (d’où l’utilité d’éloigner le solvant pour ne pas t’injecter que le solvant), et… tu tentes de l’injecter dans ton pod. Ce que j’ai fais. Ensuite, une fois que deux bips ont retenti pour te dire que le pod avait compris que tu lui injectais un produit, tu appuies sur ta télécommande qui met en marche le système. Le bordel fait « Tac, tac, tac » pendant super longtemps (une minute, quoi) et EN PRINCIPE, tu peux essayer de te coller ton pod sur le ventre. Sauf que vendredi matin, mon pod, il a fait 10 fois Tac, tac avant d’émettre une sorte de « Biiiiiiiiiiiip » continu et strident… Mais euh ???? Quoi que je fais ??? Je lis vite la notice… NE PAS UTILISER LE POD DEFECTUEUX. Bon, en même temps, je sens bien qu’il y a un problème, vu le bruit que fait le bordel. J’appuie sur les touches de la télécommande pour l’arrêter (ouf, ça s’arrête). Et… je recommence toute l’opération. Sans déconner. Hop, comme ça, 400 € jetés à la poubelle. Purée, merci la Sécu… Bref, je refais tout, j’arrive au même stade et là, le stress monte : ne bipe pas, ne bipe pas, please.

Ouf, le deuxième coup a été le bon. Tu arraches donc la petite capsule qui protège l’aiguille et les sparadrap et tu te colles ça sur le bide, un peu en haut du nombril à gauche ou droite. Et tu déclenches le piquage de l’aiguille. Et donc, oui, j’ai constamment une aiguille plantée dans mon bide, mais non, ça ne fait pas mal. D’ailleurs, à bien y regarder, c’est pas vraiment une aiguille « classique », elle est toute petite, et transparente.

Ce matin, c’était mon deuxième changement de pod, et tout s’est bien passé. Sauf que je l’ai collé un peu haut par rapport à d’habitude, mais j’imagine que ça n’a aucune incidence. J’espère, hein ?

Ce matin, également, j’ai appelé la PMA car pas de J1 à l’horizon. Aucun J d’ailleurs. Super Doc a dit : vous prenez rendez-vous après 10 jours de traitement, règles ou pas règles. Donc, jeudi. Youpi, j’ai hâte !!!

Toutefois, je reste un peu dubitative. Je crois que je suis une femme extraterrestre. En effet, j’ai reçu mes « taux » d’hormones du jour où on m’a posé la pompe. Je ne sais pas si c’est à cause de Duphaston, ou à cause du manque de règles ou les deux, mais mes taux étaient très très inhabituels. Je m’explique. D’habitude, (Miss Infertility ne me contredira pas), avec mon « problème », j’ai une LH au ras des pâquerettes, genre inférieur à 0,1 (oui, ça exiiiiiste) voir 0,6 quand je suis en grande forme hormonale au début d’un traitement. Et là, des taux de oufffff :

LH : 10,7 (qu’est-ce que c’est que ce taux de malade ? juste avec Duphaston ???) – Progestérone : 2,4 – Estradiol : 38,58.

J’ai un peu beaucoup (carrément) halluciné quand j’ai vu les taux, j’ai googlé un tout petit peu (vraiment à peine, hein), et me suis pas pris la tête (incrédibeule ! je me reconnais plus…). Je me suis dis qu’on en parlerait avec Super Doc quand on se verrait.

Et quand est-ce qu’on se voit, tiens ? Mes rendez-vous écartage de jambes de 10 minutes le matin et mes allers-retour sur la Rocade me manquent un peu. Ce matin, pour le savoir, j’ai appelé en expliquant à la secrétaire ma situation. Vous voyez le topo : « euhh, alors, je vous explique…. ». Réponse du Doc une demie-heure plus tard, via la secrétaire : peu importe que vous ayez ou non vos règles, vous prenez-rendez-vous pour un contrôle écho 10 jours après la pose de la pompe. Bon d’accord. J’ai rendez-vous ce jeudi, donc. Mais, euh, et mon taux de LH ??? Elle a trouvé ça normal ? Personne ne m’a répondu… Du coup, faut vraiment que je pense à demander des explications jeudi.

Je me dis que j’en serai alors à mes 7 et 8èmes embryons transférés sans résultat lors de la prochaine tentative, et qu’il m’en restera encore un (the last, le plus moche). Je me dis que tout ça c’est quand même beaucoup. Que les tensions familiales sont à leur comble en ce moment (ne nous leurrons pas, ils essaient de faire au mieux, mais ils ne comprennent pas, et disent parfois des choses fort blessantes et horripilantes). Genre ma mère qui me dit : « Laisse passer un cycle entre deux traitements… »… Mais JE N’AI PAS DE CYCLES !!!! Donc, oui, j’ai laissé passé un mois entre les deux traitements. Ma soeur qui me reproche de la laisser à l’écart de mon parcours parce qu’elle est enceinte (comment te dire ? Je te mets à l’écart car je n’ai pas tout le temps envie d’en parler, et ce n’est pas parce que tu es enceinte et grosse comme une baleine que je ne t’en parle pas… tu veux que je t’en parle ? alors parlons-en… ah ben, tu culpabilise maintenant ? Ben oui, la PMA, c’est dur). Je me dis que je suis à prendre avec des pincettes, que j’en ai marre d’avoir un ventre ballonné à mort, j’en ai marre d’avoir pris 1,5 kg en moins d’une semaine de pompe. Je me dis qu’après ces deux TEC, s ‘ils foirent comme tous les autres, je démissionne, je m’installe à mon propre compte et ce sera un nouveau départ. J’ai donc hâte d’en finir avec ces deux TEC pour démissionner. Je suis dans une optique nouvelle, désormais. Je continue d’y croire, même faiblement et le négatif sera dur à encaisser, mais je me fixe d’autres objectifs. Mes proches sont persuadés que le jour où je serai à mon compte, mes règles vont réapparaître comme par magie (comme si le stress du boulot les bloquait). Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu ? Ils sont drôles.

Je précise que cette image est visible sur Internet, que ce n'est pas mon bidou qui est là (le mien est nettement moins joli et nettement moins plat).

Et voici the Pompe !

Je précise que cette image a été récupérée sur Internet, et que ce n’est pas mon bidou que vous admirez (le mien est beaucoup moins joli et beaucoup moins plat !).

Je suis un OVNI de la FIV

Je m’explique. Comme me l’a souligné Brad hier soir (et on s’est engueulé direct après), je me la joue je lâche prise alors qu’en fait, je lâche pas prise du tout. Mais j’y travaille. Cela fera l’objet d’un article plus tard.

Donc, comme je ne lâche pas prise, je me suis mise à googler TEC + pompe pour voir s’il y avait des antécédents, pour me rassurer… et là que vois-je en troisième position (étant précisé que les deux premières positions associaient les deux mots dans des contextes différents) sur Google ? Mon blog ! My God, je crois que je dois être un cas d’expérience et qu’en fait, personne n’a jamais fait un TEC sur cycle stimulé grâce à Madame La Pompe. Tout repose sur mes frêles épaules. A moi seule, ce système aura 0% ou 100% de réussite, c’est énoooooorme. En même temps, hormis mon cas, je ne vois pas bien l’intérêt de faire une FIV et donc des TEC si le système de Madame La Pompe marche. Pour moi, on est passé aux FIV parce que Madame La Pompe me faisait toujours ovuler du côté de la trompe bouchée (c’est ballot !)  et aussi parce que mon taux de LH s’envolait bien trop tôt dans le cycle.

L’avantage de ce nouveau traitement, c’est que ça me fait de nouveau espérer. Même si nos trois blastos sont de moindre qualité ou évolution (B2, B3 B-B, B4 B-B pour celles à qui ça parle), même si nos 6 derniers embryons n’ont pas voulu se nicher dans ma douce muqueuse, je me dis contre toute logique et en dépit de tout bon sens, allez, sur un cycle stimulé, why not ?

Super Doc is back

Super_Doctor_7965

Rendez-vous PMA dit Débrief après échec FIV 2.

Nous arrivons, avec Brad au centre. La secrétaire nous aperçoit et me dit : « Je lui dis que vous êtes là ». Réaction de Brad : « Elle te connaît, ou quoi ? ». Et bien, comment te dire mon Chéri, je suis une super-VIP moi à la PMA. 31 ans dans un mois, deux ans et demie d’infertilité et deux ans en PMA, et toujours pas de bébé. Malgré plusieurs stim et en tout 6 embryons transférés. Je connais TOUTES les secrétaires, je connais même l’infirmière titulaire, bref, je connais tout le monde et OUI JE SUIS VIP DANS MON CENTRE PMA.

Laissez-moi au moins une satisfaction.

On attend une bonne demie-heure et Super Doc nous reçoit. Je m’assois et je ne lui laisse pas le temps de constater la prise de sang négatif, je lui dis tout de go : « C’est que je commence à désespérer », en souriant (je souris toujours… d’aucuns diront que mon humour est spécial.)

Et là, Super Doc fait son show. J’entends, Super Doc nous dit ce qui fait que je suis persuadée que c’est une Super Doc.

En prem’s,  j’ai pu poser toutes mes questions. Et parmi elles : si je fais une hyperstim après la ponction, que mon état s’améliore,  si il y a grossesse, est-ce que l’hyperstim réapparaît forcément? Et bien NON. J’avais tort. Spéciale Mention pour ma Lotte : j’avais tort !

Puis Super Doc prend la parole. Elle ne nous cache pas que nos échecs restent pour elle inexpliqués et que, sur le papier, tout va bien alors qu’in the real life, pas de bébé. On arrive à avoir plusieurs beaux embryons à chaque fois. Il lui paraît clair qu’il faut explorer d’autres pistes. Notre dossier est donc passé en « commission » (entendre, en réunion avec tous le STAFF de la PMA [ quand j’vous dis que je suis une VIP de la PMA!]) et ils ont discuté longuement de « notre cas ». Haem. Rassurant tout ça. Bref, personne ne capte ce qui ne va pas chez nous. Bien, bien, bien…

Super Doc nous propose donc le programme suivant : on fait les deux TEC qui restent, histoire de s’en débarasser  (elle ne l’a pas dit comme ça, c’est moi qui interprète), mais on essaie de faire ces TEC sur un cycle stimulé avec une vraie ovulation et tout et tout. Pas un cycle artificiel. Moi, je dis BANCO hein, pourquoi pas ! Sauf que chez moi et avec ma pathologie un peu spécifique (je n’ovule plus depuis une perte de poids), le traitement miracle pour l’ovulation, c’est la Pompe LUTRELEF. En gros, c’est une pompe que tu as H24, collée à l’abdomen, et qui permet de t’injecter des hormones toutes les 90 mn. Au bout de trois jours, il faut la recharger, sans quoi tu t’exposes à un Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip strident. Et toutes les 90 mn, tu entends ce tic-tac de l’aiguille et tu as l’impression que tout le monde autour de toi l’entend également. Ce qui est faux. Tout le temps que dure la stim, tu dors mal, forcément, et ça te gêne, tu portes pulls larges (ça se voit pas trop, tout de même) et tu pries pour qu’un bip intempestif ne se déclenche pas au beau milieu de ton travail ou quand tu passe les portiques « sécurité ». Voilà,voilà. Ci dessous, une petite photo pour se rendre compte de l’engin.

Lutrelef Je vous présente Madame La Pompe et sa Télécommande.

Donc, on fait les TEC comme ça. Si cela ne fonctionne pas, après, on passe aux choses sérieuses. Déjà, on fait des cariotypes pour voir si tout va bien dans nos ADN respectifs. Ca on le fait en même temps que le TEC, et si c’est mauvais, on stoppera le TEC. Il se peut effectivement que quelque chose cloche, à ce moment, il faudra envisager une FIV spéciale, à Montpellier ou Nantes, bon, bon, bon.

Deuxième chose, avant de faire toute autre tentative de FIV, Super Doc veut prêter mon corps à la recherche médicale (avec notre accord) et faire analyser ma muqueuse par un super centre de recherches spécialisé, situé à Paris. Ca veut dire qu’elle va me  prélever un bout de ma muqueuse (My God), puis l’envoyer à Paris pour que des types en blouse blanche analyse ma muqueuse sous toutes les coutures et voir si y’a un truc qui cloche. Pour ensuite décider d’un traitement approprié. Roh la la, de savoir que ma muqueuse va traverser la France, ça me troue le cul ! Bien sur, le traitement qui me sera donné ne le sera qu’à titre expérimental. Donc, voilà, je suis devenue un objet de recherche.

Quand je vous dis que je suis une VIP !

Pensées pour moi-même

point-d-interrogation-190-gif

Parfois, j’ai peur. Une angoisse me prend, incontrôlable, et m’envahit, grossit, grossit… Cette angoisse, même si elle diminue, ne me quitte jamais, ne s’efface jamais, ne me laisse pas en paix. Et si la vie ne nous donnait jamais d’enfant ? Et si on continuait à regarder les autres faire des bébés, élever des enfants, se plaindre de leurs gosses sans qu’il nous soit donné un jour d’avoir nous-même un enfant ? Je sais, on peut refaire sa vie avec des « et si ». Mais celui-là ne me quitte pas.

A la veille du rendez-vous post FIV 2 négative avec Super doc, j’ai la trouille. J’ai la trouille d’arriver au bout de nos 4 essais de FIV et de jamais avoir la chance d’être Maman. J’ai la trouille de vivre encore d’innombrables fois tout ce que j’ai vécu cette dernière année : les traitements, les restrictions, l’espoir, la chute. Il nous reste trois embryons au frais, donc, deux TEC en perspective. Je sais que je vais y croire, sans trop y croire. J’ai peur que tout ça me détruise et me consume.

J’ai peur de ne jamais donner à Brad la joie d’être Papa.

Car soyons clair, tout ça, tout ce ramdam pour avoir un bébé qui hurle, c’est de mon fait. Il y a 5 ans, j’ai perdu 10 kilos. Un peu plus, même. Presque anorexique, la fille. Le truc, c’est que je ne me nourrissais pas assez, avec le recul, cela me semble clair. Pourquoi alors que je suis une gourmande invétérée ? Pour avoir le contrôle sur quelque chose j’imagine. J’avais peur de moi, de mon futur métier que j’apprenais, peur de la mort qui a emporté ma Grand-mère chérie. Bref, pendant plusieurs années, j’étais en sous-poids, maigre comme un clou. Puis, lorsqu’on a détecté mon problème d’anovulation, électrochoc, je me suis réveillée (ouf) et en un an, j’ai repris mes 10 kilos. En mangeant plus, tout simplement. Il n’en demeure pas moins qu’avec cette perte de poids, mon corps s’est mis en « pause » niveau ovulation et que je n’ai plus jamais ovulé. Du coup, même si j’ai une trompe bouchée, je me dis que si un jour j’avais la chance d’ovuler, mes chances d’avoir un bébé pourraient augmenter… Mais il se peut que ça revienne jamais. Demain, je demande à Super Doc.

Pour augmenter mes chances de régler ce problème, j’ai testé : ostéopathie et manger les bonnes vitamines. Peut-être pas assez de médecines douces ? En lisant à droite à gauche, je m’aperçois qu’à mon stade beaucoup ont testé l’acupuncture, la sophrologie et autres homéopathies… Je sais, je devrai essayer. Mais je suis tellement fatiguée de tout ça. De vivre FIV. En même temps, faire une « pause » est un supplice car plus d’espoir. Bordel, j’ai 31 ans dans un mois, et toujours aucun enfant et pas de bonnes perspectives pour l’avenir. Tout ça me fiche une trouille bleue.

Il est probable qu’on fasse les deux TEC qui nous restent, puis ensuite, FIV 3. Peut-être une pause entre les deux. Depuis la FIV 2, j’essaie de toujours de manger équilibré, mais j’avoue que j’ai réintroduis les boissons alcoolisées, en dépravée que je suis. Oui, parce qu’arrêter la clope, je trouve ça déjà surhumain. Alors, laissez moi encore quelques petits plaisirs de la vie. De toute façon, je me bourre pas la gueule non plus, ah ah.

Vous allez me dire : « attends, mais oh, p’têt que l’un des TEC va marcher »

Et je vous répondrai : alors, ça fait 6 embryons tous beaux et super Warriors (J5 voire J6) qu’on m’insèrent dans l’utérus et pas un n’est fichu de se « nider ». Alors, franchement, j’y crois moyens aux trois petits embryons congelés… d’autant qu’ils sont bien moins beaux que les autres puisqu’ils sont plus lents, apparemment, niveau évolution. Et moins beaux. Alors, je sais, il faut que j’y crois car ça ne va pas marcher sinon, donc, j’y croirais, mais en même temps, c’est si dur d’y croire véritablement quand on a déjà eu 5 échecs (sans compter les stims simples). Je pense surtout que cette fois-ci, je vais tenter d’oublier que je fais un TEC. De toute façon, ce sera pas pour tout de suite puisqu’il va falloir déclencher mes règles puis suivre le traitement de stimulation artificielle (des cachets) avant le transfert. Disons dans un mois environ. Ce qui présage un transfert pour mon anniversaire, ouais, super, je suis méga heureuse.

A part cette trouille, je vais plutôt bien. Une tristesse sous-jacente ne me quitte pas, mais je vais bien. Je crois. J’espère.