Dilemme

Je ne suis certainement pas la seule à ressentir cela. Je m’explique. Voilà, j’assume, je suis une working girl et j’ai plutôt bien réussi ma vie. A 18 ans trois quart, j’ai rencontré le Prince Charmant, qui a traversé la France pour venir vivre à mes côtés. Malgré les épreuves de la vie, malgré nos différences et aussi peut-être grâce à elles, nous sommes toujours ensemble. Professionnellement, Brad (ou le Prince Charmant) a plutôt galéré avant d’être, depuis genre 2 mois, associé au sein de la société qui l’emploie. Bon, c’est pas la grosse multinationale, c’est juste une petite société d’informatique avec 2 employés (dont lui) et 3 clients, mais l’essentiel c’est que pour le moment, ça tourne. Professionnellement, de mon côté, à 30 ans passés, je n’ai jamais connu le chômage mais je connais l’exploitation. C’est à dire que je bosse environ 50 heures par semaine (je n’ai pas d’horaires, pas de RTT et pas d’heures supplémentaires), et encore, parce que je me refuse de prendre des dossiers le soir et les week-ends. Tout ça pour une misère. J’ai un statut bâtard de « collaboratrice » qui m’assure certes une rentrée minimum d’argent mais également bien des désagréments avec mes boss et plein de dossiers pourris à traiter. Surtout, j’ai un « supérieur » dans une profession soi-disant libérale où, en principe, on est son propre patron. En bref, mon statut est incompatible avec ma profession, mais ça, tout le monde le sait. Du coup, les choses sont simples pour nous, femmes :

– soit tu tombes enceinte pendant ta collaboration et là, c’est tout bénéf pour toi car tu ne supportes plus tes boss pendant ton congé mat et tu as un minimum vital pour vivre,

– soit tu t’installes à ton compte d’abord PUIS tu tombes enceinte,  ce qui est l’enfer car tu n’as pas de sous pour vivre pendant ton congé mat, que tu dois travailler pendant ton congé mat car tes clients en ont strictement rien à foutre que bébé ait des coliques ou que tu ne dormes pas, mais au moins, TU ES LIBRES MAX !!!

En working girl raisonnable que je suis, je me suis dis, je fais au moins le premier en collaboration. Ouais, ouais, ouais. Sauf qu’aujourd’hui, au train où vont les choses, soyons clair, je reporte mon hypothétique installation depuis un an (avant, je n’étais pas prête à m’installer, pas assez vieille dans le métier) pour un évènement qui ne semble pas vouloir venir, et qui s’il viendra peut- être un jour, n’est pas pour tout de suite.

Or, moi, j’en peux plus de travailler « pour » quelqu’un et que mes clients perso à moi (mes petits miens) passent en dernier. J’en peux plus de ne pas développer plus ma clientèle pour ne pas avoir trop de travail. Je veux être mon propre patron, merdouille de merdouille. Pour l’instant, je le suis qu’à moitié, et ça me broute.

Du coup, ma résolution est prise. Depuis quelques temps déjà, mais j’attendais le RDV avec Super Doc pour voir si les choses se goupillaient bien. Et ça a l’air de plutôt le faire. On tente les deux derniers TEC avec Madame La Pompe, ce qui devrait nous amener à environ avril/mai, par là. Comme l’échec est envisageable à environ 90 %, je donnerai alors ma démission fin avril si toujours pas de grossesse. Et comme Super Doc veut qu’on fasse tout plein d’examens, on attendra surement un peu avant d’attaquer une troisième FIV. Du coup, je donne mon préavis (4 mois, quand même) fin avril pour prévoir une installation début septembre, tout en me prenant un bon mois de vacances (j’en rêve). Et à compter de jesaispasquand-çadépenddesresultatsd’examen, je mènerai, de front, ma vie de working girl et ma vie en PMA. L’avantage, c’est que je serai ultra détendue à chaque écho, ponction, transfert ou simple RDV pour la FIV vu qu’aucun compte à rendre à personne. Et ma super copine-consoeur Gigi pourra me remplacer en cas de besoin (on s’aide déjà mutuellement pour nos dossiers persos).

Brad sait que j’en ai marre de mon statut, donc, il me disait d’attendre au départ. Maintenant, il me dit que j’ai raison. Et lui-même a passé le cap, un peu par hasard, en fait. Ce qui fera qu’on sera à notre compte tous les deux.

Purée, on a bien fait quand même de faire un contrat de séparation de biens !

PS : les filles (et le gars), il se peut que vous n’ayez rien compris à mon monologue-pensage pour moi-même, mais ça m’a fait un bien fou. Je suis dans ma période « je lâche prise » ou j’essaie, et pfiou. Faut que ça sorte, à l’envers ou à l’endroit, mais faut que ça sorte.

PPS : Absolument rien à voir. Je me fais un resto avec ma cousine ce soir, accompagné de petits verres, et j’ai choisi ce jour pour manger un peu trop à la brasserie du coin ce midi. Pitain, mais je tuerai ma gourmandise, moi !!!

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