Alors voilà

Alors voilà. Nous sommes rentrés de vacances, et dans notre troisième et dernière semaine de repos (enfin, pour moi, c’est plutôt une semaine mi-vacances, mi-boulot), mais qu’importe. Ne m’en veuillez pas, mais voilà deux semaines, voir plus, que je n’ai pas lu vos blogs, donc, j’ai du en louper des choses… Je me mettrai à jour, petit à petit. Cette coupure bloguesque m’a fait un bien fou. Nous arrivons à notre quatrième mois hors PMA et je me sens revivre. Prête pour repartir. Reposée. Sereine.

Durant ces vacances, j’ai bien sûr pensé à notre mal d’enfant, à notre parcours, mais peut-être moins souvent, et jamais triste. J’ai lâché prise. Surtout durant la deuxième semaine. Plus de régime de naturopathie, apéritif tous les jours, charcuterie, fromages, pizzas et gluten au programme.

Alors voilà. La première semaine a mis mes nerfs à rude épreuve. Nous étions dans la famille de Brad. Qui dit famille de Brad, dit soeur de Brad que nous appellerons Jennifer (ben oui, Brad, Jennifer…). Jennifer m’a tout simplement « saoulée ». Radio langue de putes est lancée. Jennifer a un avis sur tout, surtout en politique (ne jaaaaamais parler politique avec sa belle-soeur, note pour plus tard) et surtout pour tout ce qui concerne sa Pitchoune (adorable) de deux ans. Il faut aussi vivre en fonction du rythme de Jennifer, et surtout de sa Pitchoune. Le tout, sans moufter. Parce que si t’es pas contente, c’est pareil. Moi qui suis une fille adorable et d’un caractère plutôt calme et pacifique (non ? mais euuuuh), j’ai réussi à bien m’engueuler avec elle deux fois en cinq jours. La bonne nouvelle, c’est qu’ils partent bientôt vivre dans un pays lointain (en mars). La mauvaise, c’est que le départ est prévu pour mars et qu’en attendant, Jennifer, son mari et Pitchoune réquisitionnent toute l’attention de Joli Papa et Jolie Maman, mes beaux-parents, et que Brad est orphelin jusqu’en mars. Exemple : finalement, Brad ne fêtera pas son anniversaire avec ses parents comme prévu, ni le Jour de l’an, d’ailleurs, priorité est donnée à Jennifer qui habite la Capitale (donc à plus de 500 kms de chez nous). Peu importe, nous n’avons pas besoin du soutien de notre famille, nous (et heureusement que la mienne est là).

Alors voilà. La deuxième semaine a été beaucoup plus… calme. Cela a débuté par un week-end festif, entre amis, où l’on a visité un village célèbre dans notre région (Lolotte, si tu me lis… oui, c’est ce village là !), où l’on a bu du putain de bon vin, où j’ai inscrit un ami sur un site de rencontres (qui me dira merci quand il aura trouvé l’âme soeur), où l’on a ri.

Puis, en amoureux, nous sommes partis pour le Pays Basque, au milieu de nulle part, dans le petit chalet de mes parents. Premier voisin : une vache. Premier village où il y a une boulangerie : 5 kms. Vue de la terrasse :

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Le programme a été : repos, bonnes bouffes, dégustation de fromages, randonnées, lectures et séries pour les soirées. Le bonheur. Nous nous sommes retrouvés, ressourcés.

Et cette semaine s’est terminée, dimanche, par la plus belle des surprises (pour moi, j’entends). Non, je ne suis pas enceinte. Mais, oui, j’ai eu un J-1 naturel. Stupéfaction. La scène. On est tous les deux, au milieu de la pampa, un dimanche matin, j’ai mal au bide depuis le matin. Mes parents arrivés le vendredi soir sont partis au village accueillir des amis pour le déjeuner. Le soleil brille. Pas une serviette hygiénique, pas un tampon dans toute la maison, et encore moins dans mon sac (avoir mes règles pendant les vacances, de manière non programmée, c’est tout nouveau pour moi !). Malgré tout, je m’en fichais, j’étais heureuse. Du vrai sang provenant (peut-être ?) d’une ovulation naturelle, pour un peu, j’en aurai presque encadrée ma culotte. Depuis, je suis redescendue sur terre. Ce cycle est peut-être un accident, peut-être cela ne veut rien dire, et cela ne résout pas notre infertilité, les 95 % d’atypie, la trompe bouchée, l’absence de nidation. Peut-être cela ne se répétera-t-il jamais, peut-être n’aurais-je plus de J-1. Mais bordel, je m’en fous. J’ai eu un J-1 pour la première fois depuis l’arrêt pilule il y a trois ans ou presque, mon corps s’est remis en marche, je fonctionne !!! J’ai réussi mon pari : me réapproprier mon corps, et je le sens, ce corps, je le sens.

Les causes ? Je n’en sais rien, et je m’en contrefous. Probablement une accumulation de tout : la démission, l’installation, la naturopathie, la relaxation, le bien-être. Peut-être même rien de tout ça. Mais, je dois me rendre à l’évidence. Maman, toi qui disais que tout se résoudrais après mon installation, dont je me moquais gentiment, Mea culpa. Non seulement, tu avais raison, mais en plus, tu as eu la délicatesse de ne pas me dire « je te l’avais dis » quand je t’ai annoncé, dans la minute, la nouvelle. Et tu m’as dis : « Ok, je te prends des protections au village. Mais c’est génial ! Faut qu’on fête ça ! ».

Les suites ? Je n’en sais pas plus. Cela ne résout pas notre problème d’infertilité, mais cela change beaucoup de choses. Nous devions faire le point en vue d’une FIV 3 avec Super Doc dans deux jours, et bien, je lui larguerai mon scoop et elle me dira ce qu’on fera. Probablement une FIV, mais avec un autre traitement, et plus tard. Peut-être des analyses, que sais-je.

Et maintenant ? Maintenant j’attends de savoir ce qu’en dira Super Doc. Et j’attends de voir si, fin septembre, un nouveau cycle s’annonce, et le cas échéant, sa durée. J’ai l’impression d’être emplie d’une joie de vivre intense. Je file souvent aux chiottes pour constater que je ne rêve pas. Je fais tout l’inverse des autres. Mais j’m’en fous. Je suis heureuse.

Relaxation dynamique et opération déculpabilisation

Je l’ai déjà dis, j’ai été voir une naturopathe fin avril et je suis ses conseils, peu ou prou, depuis le mois de mai. Résultat : je me sens mieux. Je ne respecte pas ses conseils à la lettre (sinon, adieu vie sociale et joies de vivre), mais je respecte ceux qui me plaisent.

Pour accompagner ces conseils et mettre un max de chances de mon côté, j’ai entamé des séances de relaxation dynamique avec Mme Naturo. Et purée, ce que c’est bon ! D’abord, quoi que c’est la « relaxation dynamique » ? Un peu antinomique, n’est-ce pas ? En fait, la relaxation dynamique est une technique de relaxation basée sur des exercices de respiration et de gestion de la pensée. La relaxation dynamique, qui fait partie du domaine plus vaste de la sophrologie, assure une détente physique et psychique. Vraiment. Et ça marche. Je veux dire, non, je ne vais pas tomber enceinte grâce à ça, mais oui, cela m’aide à me relaxer et à laisser une place à mon enfant. A le visualiser (ce que je suis incapable de faire). Parce que pour lui laisser une place, pour qu’il vienne se nicher dans mon corps, il faut aussi qu’il sente qu’il y est le bienvenue.

On a pas mal discuté avec Mme Naturo. Elle m’a dit : « Vous venez d’accoucher de votre premier bébé, votre « petite entreprise ». Maintenant, vous allez être prête pour accueillir votre second bébé, et on va vous y préparer ». C’est pas faux. Avant, ma vie était trop pleine. Aujourd’hui, je lui laisse la place de venir.

Comment se passe les séances ? Comme une séance de relaxation classique : tu t’allonges, tu fais ce que Mme Naturo te dis de faire (respirer longuement, imaginer telle ou telle chose) et tu te réveilles une heure plus tard, étrangement apaisée, n’ayant pas vu le temps passer.

Prochaine étape ? L’hypnothérapie. J’ai un contact, y’a plus qu’à.

A la suite de mon précédent article, j’ai tout de même évolué. On a eu une grosse dispute avec Brad vendredi soir, puis samedi encore… Encore et toujours le même problème : sa consommation de clopes. Et son hygiène de vie. On a, après cette dispute, beaucoup discuté aussi, et j’ai compris certaines choses.  Résultat : j’ai décidé d’arrêter de me culpabiliser pour tout. Je vais profiter de la vie jusqu’à cette prochaine FIV, boire, manger, rire, sortir. Je le faisais déjà, j’avoue, mais toujours avec une arrière pensée culpabilisante. Or, avec Mme Naturo, on a travaillé sur la culpabilité ces derniers temps (tiens donc !). Et je vais aussi arrêter de soumettre Brad à ma condition d’arrêt de clope. On a parlé, et, effectivement, le manque est très présent chez lui et le stresse énormément. Arrêter tout court serait peut-être encore plus désastreux pour ses bébètes, vu le stress engendré. Cela n’empêche qu’il pense avoir divisé par deux voire trois sa consommation (fumant des cigarettes roulées, il ne savait pas combien il en fumait par jour…). Aujourd’hui, il en fume moins de 10 (une moyenne de 7) + la cigarette électronique. J’en reste là. J’espère qu’il n’augmentera pas et qu’il continuera ses efforts. Mais, soyons sérieux, s’il est vrai que la clope a un effet négatif sur la fécondation toussa, je ne pense pas que le fait qu’il en fume 10 par jour puisse complètement ruiner nos chances. Je pense que si ce petit bébé doit s’accrocher, il s’accrochera. Et le fait d’accepter tout ça (il m’a fallu un week-end de crises et de larmes) ne sera que bénéfique pour une future accroche.

Me voilà fin prête pour attaquer FIV 3 à la rentrée après un été à profiter de la vie 🙂 Je prendrai rendez-vous, peut-être cette semaine, pour un rendez-vous de mise au point avant FIV 3 avec Super Doc. Forte dans mes baskets, la peur au ventre, mais forte. Soutenue par Brad. Lui qui ferait fera  un merveilleux papa (ses qualités de père ne sont plus à démontrer, vu son comportement avec sa filleule, ma filleule et tous les gosses de nos amis).

Le cycle de la Loose

Un cycle pareil, ça ne s’invente pas.

Tout d’abord, quoi de neuf depuis mon dernier article ? Et bien, rien de bien folichon. Je viens de passer une dizaine de jours assez déprimants, entre crises de larmes (mais pourquoi je ne garde aucun winners ? et si ça continue, est ce que je serai maman un jour ?), doutes (on va vite arriver aux 4 FIV remboursées, que va-t-il se passer ensuite ?), engueulades avec Brad (tu ne m’aides pas pour le ménage, la bouffe, y’a pas que toi qui fait des horaires de ouf et c’est pas toi qui te tapes toutes ces putains d’hormones) et boulot-boulot (ça fait du bien de penser aux problèmes des autres, et puis de toute façon, je n’ai pas le choix, avec tous ces non-évènements PMA, j’ai pris du retard).

Que du bonheur, en somme.

Durant ces 10 jours, comme convenu avec Super Doc, j’ai gardé la pompe, donc, toujours sous traitement, mais en mode jemenfoutiste parce que, dans ma logique (qui ne me semble pas mauvaise), si 8 winners ne se sont pas implantés, pourquoi le 9ème déciderait de faire autrement ? Mon chiffre porte-bonheur, c’est le 7, pas le 9.

C’est samedi soir que la loose a commencé. Je vis ma journée en mode déprime car engueulade avec ma mère, et mes parents m’agacent pour des raisons annexes. Bref. Le soir, on rentre d’un dîner chez eux, plutôt sympa malgré ma déprime et c’est le moment de changer la pompe. En théorie. Parce qu’en pratique, je m’aperçois que j’ai OUBLIE (oui, oublié !) d’aller chercher le produit à 400 boules qui permet de me donner les bonnes hormones qu’il faut. My God. Je vous rappelle que Madame la Pompe m’injecte des hormones toutes les 90 minutes. 23h, un samedi soir, je fais quoi ? Et bien, je m’énerve toute seule 10 minutes, et je vais me coucher, sans la pompe. Pas plus stressée que ça (que pouvais-je y faire ?).

Le lendemain, aucune des pharmacies de garde que j’appelle ne répondent (c’est ouf, ça !) et de toute façon, je doute qu’elles aient mon produit spécifique en stock. Je demande conseil à Miss inFertility, un brin stressée tout de même, qui me dit que selon elle, c’est pas bon d’enlever si longtemps la pompe et que quand ça lui arrive, elle a toujours le reste des traitements précédents dans le frigo. Je vous vois avec vos gros yeux, là, alors j’explique. Le produit que je mets dans ma pompe, c’est une solution reconstituée (comme Menopur, pour les initiés ou comme Pergoveris [oui, j’ai testé tous les traitements]). Quand je prends le produit reconstitué dans ma seringue pour l’injecter dans ma pompe, il reste toujours dans la fiole un tout petit reste de solution reconstituée. Que je conserve sagement (pas au frigo, moi !) dans l’attente d’un recyclage.

Comme je ne peux pas savoir quelles solutions reconstituées sont les plus récentes, je prends tous mes fonds de fioles et je les mets dans un. Et je m’injecte ça. Même pas peur. Enfin, si un peu. J’ai demandé à Brad de m’emmener d’urgence à l’hôpital s’il voyait un truc chelou, et une heure après m’être recollée une pompe bricolée, je me suis sentie fébrile, des vertiges, avant de m’apercevoir que tout ça n’était que psychologique… Note pour plus tard : tout est dans la tête. C’est agaçant, mais c’est vrai. Enfin presque.

Ce matin, je me suis rendue à mon rendez-vous écho-prise de sang, stressée à mort. Super Doc m’a rassurée : pas de traitement pendant 12h ne devrait pas avoir d’incidence (bon, je lui ai pas dis pour la solution reconstituée pour les 12 autres heures et le fait que je me suis prise pour un petit chimiste…). Bon à savoir. On fait l’écho qui montre un joli follicule… A GAUCHE !!!! ouiiiiii !!!! Du côté de la bonne trompe pas bouchée. Je suis toute euphorique et j’explique à Super Doc que c’est bien la première fois que j’ovule à gauche. Elle me dit en rigolant que j’ai intérêt à avoir des rapports dans les jours qui arrivent. Nous y reviendrons.

Je file au travail, et accumule les mésaventures. Je ne peux pas souffler, sauf pour manger vite fait, en lisant les blogs de mes copinautes. Pendant ce temps, je reçois mes résultats de prise de sang et un appel de la clinique.

Prise de sang : LH à 22,5; Progestérone à 2,7 et Estradiol à 507.

Coup de fil de la clinique que je découvre à 16h30:

Bonjour Mme Marivalou, voici les consignes pour le déclenchement : Ovitrelle cet après-midi, pour un transfert samedi. 

Quoiiiii ??? WTF ? « Cet après-midi ? ». Je les rappelle en disant que je travaille, que Ovitrelle est dans mon frigo, et comment je fais ??? Ils vont demander à Super Doc. En attendant, je m’organise et rentre chez moi pour 17h45 (le truc qui m’est jamais arrivé…). Super Doc a dit de faire Ovitrelle dès que possible, mais que ce n’était pas grave si je la faisais ce soir. Ce sera 18h, donc. Vu que j’étais déjà partie. Là, ça va se compliquer car d’habitude, c’est Brad qui manipule Ovitrelle. Moi, je subis. Je dis : « tu fais bien attention hein » mais je ne fais rien. Là, il faut agir. J’agis en conséquence. Sauf que pour la première fois depuis mes nombreuses expériences d’Ovitrelle, IL Y A UNE BULLE ! Oh Bordal. Je suis donc les instructions pour enlever la bulle qui disparaît (ouf). Et je m’injecte la chose.

Brad rentre et va direct au lit… non pas pour faire une partie de couic couic avec sa chère et tendre (moi), non. Pour dormir. Brad est malade. Le jour où j’ovule quasi-naturellement du côté gauche, Brad est malade. Le jour où le truc qui arrive jamais arrive, Brad est malade. Il a cependant dit qu’il allait essayer. J’essaie de ma rassurer en me disant qu’on l’a fait hier. Mais merde, ça aurait été bien d’avoir une chance au naturel en plus de cet embryon congelé. Nous verrons, donc. J’ai envie de dire, après tous ces coups de loose : advienne que pourra.

Transfert prévu pour samedi, donc. Ca tombe bien, je prends une semaine de vacances à compter de samedi. Timing pârfait. J’aurai préféré dimanche, quand même, histoire de faire le ménage à fond samedi. On va pas chipoter. Brad se chargera du ménage. Moi, je me ménage.

Concernant enfin mon état d’esprit, il s’est amélioré. Nettement. En allant à la clinique (30 à 40 minutes de trajets beacause embouteillages), je me suis dis deux choses.

Chose positive number One : je crois aux cycles. J’ai eu mon cycle de bonheur de quatre années, à compter de 2006 :

2006 : demande en mariage de Brad, préparation du mariage

2007 : mariage, réussite du plus dur examen de ma vie

2008 : entrée à l’école, voyage de noces fabuleux

2009 : fin de l’école, diplômée et entrée dans ma belle profession.

Puis, j’ai eu mes 4 années de loose :

2010 : finalement,je fais une profession de marde, qui me stresse et qui ne me laisse ni vie sociale, ni vie familiale possible. Mon poids est à – 10 kgs et je ne vais pas super bien.

2011 : les travaux dans notre maison s’éternisent, ras le bol, et mon métier ne me laisse toujours aucun répit.

2012 : découverte de l’absence d’ovulation, de la trompe bouchée, entrée en PMA

2013 : une FIV et trois TEC plus tard toujours rien.

STOP ! à partir de 2014, il doit y avoir des choses positives. Je fais abstraction de ma deuxième FIV ratée et du TEC tout aussi foiré. Ils n’existent pas. J’entame mon ccyle de bonheur cette année,  épicétou !!!

Chose positive number two : que ma prise de sang soit positive ou négative, il y aura forcément une bonne nouvelle : soit une grossesse, soit une démission. Mais dans tous les cas, ça marquera le début du reste de ma vie. Si je démissionne, cela signifie que je serai à mon compte dès septembre. Qui dit installation à mon compte, dit plus de travail, peut-être, mais au moins je bosserai pour moi, et dit surtout : LIBERTE !

Car j’ai réalisé une chose. A cause de mon boulot certainement, et à cause aussi de mon parcours PMA, j’ai l’impression de ne pas vivre ma vie, d’être en mode « pause » dans l’attente d’un mieux. Je ne peux plus vivre comme ça. Je veux vivre ma vie, être acteur et ne pas la subir. Ca commence donc par une évolution professionnelle, indispensable et nécessaire. Etre son propre patron, ne plus devoir être réactif à la seconde, ne plus se prendre des remontrances, devoir gérer les dossiers des boss et les miens de front, ne plus se justifier, être libre, en somme.

 

Quand J1 n’arrive pas…

Bon, bon, bon. A force d’écrire et de « commenter », vous allez finir par croire que je ne bosse jamais… en fait, si, je bosse, sûrement beaucoup d’ailleurs, mais on va dire que je fais mes « pauses » avec mon blog, ma thérapie. Car depuis que j’écris et que je vous ai, je suis, ou plutôt, je me sens détendue (car Brad, lui, vous dirait que je ne suis pas du tout détendue). La réalité, c’est que si, j’ai pris de la distance par rapport à tous « ça » ( = à tous mes échecs, répétés) et que je m’efforce de faire comme si. De vivre comme si. Même si intérieurement, la souffrance est terrible et la tristesse me submerge. Je ma satisfais pour le moment de petits plaisirs, et c’est déjà beaucoup. Mes derniers petits plaisirs en date :

– Inviter mes parents à dîner et les épater avec nos nems au confit de canard, ma fondue vigneronne et ma tarte au citron à l’américaine.

– Regarder Top Chef en critiquant chaque candidat et m’exclamant sur mes préférés… j’sais pas vous, mais le Steven, là, faudrait qu’il soit un peu positif dans sa life, sinon, il n’arrivera à rien. Surtout qu’il cuisine super bien.

– Regarder une série en dînant avec Brad.

– Boire un verre de vin (ou deux) avec un bon dîner. Oui, je suis un ventre. Oui, j’assume.

– Me dire que nous sommes en mars et que ce ne peut qu’être un bon mois. Définitivement. Ma nièce va naître ce mois-ci et c’est le mois de ma naissance, ainsi que celui d’une de mes meilleures amies.

– Projeter un resto d’anniversaire avec ma cousine avec laquelle je peux tout dire et qui ne se choque de rien, même quand je dis que je hais les femmes qui tombent enceinte par surprise, alors qu’elle même a subi une terrible épreuve à la suite d’un tombage enceinte alors que ce n’était pas du tout-du tout attendu.

– Penser à ma future installation professionnelle. Dans tous les cas, il y aura forcément quelque chose de positif cette année : soit les TEC foirent et je m’installe à mon compte (LIBERTEEEEE), soit ils ne foirent pas et je suis la plus heureuse des femmes. C’est ça de tout mener de front, il y aura forcément quelque chose qui fonctionnera.

– Etre fière de mon Brad à moi, qui travaille comme un malade pour un projet  qui lui tient à cœur. Etre fière de lui, pour sa positivité à toute épreuve et pour le roc si solide qu’il est.

– Jouer à Candy cruche dans le tram et dans la salle d’attente de la PMA. Doucement, sans partage sur FB et avec mes 5 petites vies.

– Lire des livres de filles.

– M’acheter des tupperwares Curver sur Ventes privées sans bisphénol A, lavables en machine, micro-ondables et même congelables pour certains, à prix cassés !

Du côté des trucs qui foirent, et que je m’efforce d’oublier vite :

– se rendre compte qu’avec un taff qui te demande d’être disponible 98 % de ton temps, tu n’as plus de chaussures pour quand il pleut, plus de fringues classes, et plus rien à te mettre… et toujours aucun temps pour faire du shopping. Résolution : réussir à acheter des fringus sur internet. Pas gagné.

– un ami qui te prévient le samedi après-midi qu’il viendra encore squatter chez toi pendant au moins deux jours alors que tu ne rêves que de tranquillité et que tu as déjà fais tes courses, et que lors de ces précédents passages chez toi (accessoirement juste après la ponction de la FIV 2…), même pas il te ramène un truc déjà cuisiné ou participe aux frais… les gens n’ont plus de savoir-vivre, ou bien ?

– 4 jours après arrêt de Duphaston, tes règles qui ne viennent pas.

Petite précision : depuis l’arrêt de ma pilule (décembre 2011), je n’ai jamais eu une ovulation spontanée. No règles. Nada. Rien. Le seul traitement qui me fait ovuler : Madame la Pompe ou bien les stim pré-FIV. Du coup, avant de commencer chaque stimulation, Super Doc me déclenche mes règles avec duphaston, histoire d’avoir un point de départ. En principe, j’ai mes règles 3-4 jours après l’arrêt du médoc. Mais, là, rien, nada. Pffff. Ca commence bien si mes ovaires sont récalcitrants. Une fois ça m’était arrivée, je m’étais fais des films en me disant que j’étais peut-être enceinte. Autant vous dire que là, je ne me fais aucun film vu que la probabilité pour que j’ai une ovulation spontanée + qu’un spermatozoïde trouve son chemin + que j’ovule dans la bonne trompe + que l’embryon se nide dans mon utérus pourri est proche de 0,001 %. J’ai donc appelé la PMA pour annuler le RDV, mais apparemment, Super Doc veut me voir quand même pour une écho. J’en profiterai pour faire mon caryotype, et peut-être même qu’on me posera La Pompe en dépit de l’absence de règles ??? L’espoir fait vivre !