Pensées pour moi-même, bien moins philosophiques que celles de Marc-Aurèle

Je me suis fais rare ces derniers temps, tant sur mon propre blog que sur les blogs des coupines, et je m’en excuse. Toutefois, cela m’a fait un bien foufou. Plus penser en mode PMA, ô joie. Je savoure ma pause, j’avoue.

Sauf des jours comme aujourd’hui où, après avoir croisé 10 ventres ronds dans la journée, je n’en puis plus. Je suis bien contente pour toutes celles à qui la PMA réussit, mais je ne peux m’empêcher de me dire (vilaine voix !) que ça ne m’arrivera pas à moi. Pas après autant d’essais. Je suis très heureuse pour vos annonces de grossesse, que chacune monte dans le fameux train, mais je ne peux m’empêcher de penser que bientôt, je serai seule à quai. Du coup, gros pincement de coeur en pensant que vous êtes toutes montées dans ce fameux train et que moi, je n’ai même pas encore acheté mon billet.

En effet, d’une infertilité expliquée (pas d’ovulation), nous passons à une infertilité inexpliquée (pas d’accroche en FIV) et ça, c’est dur. Les derniers examens (prise de sang pour détecter d’éventuels facteurs V ou autres gènes ou anti-corps vilains) se sont tous révélés plus que normaux. Seul le MSOME a révélé une indication pour une IMSI au prochain essai. Mais, on doit encore faire le point avec Super Doc dès que l’on voudra reprendre les essais. Pour le moment, il n’est pas question de reprise. D’une part, parce que je suis en pleine mutation professionnelle, en pleine installation, et que ce n’est pas le moment avec les vacances, toussa toussa, d’autre part, parce qu’après deux mois de pause, je ne me sens toujours pas prête à encaisser un nouvel échec. Dans la mesure où rien n’a fonctionné jusqu’ici, je ne vois pas pour quelle raison ça fonctionnerait la prochaine fois. Je rappelle : 8 winners transférés à J5. Zéro accroche. Hého.

Alors, en attendant d’être prête, je fais d’autres choses épanouissantes. Mon taff m’épanouit à mort. Sans dec. Dans trois jours, je suis à mon compte. Comme une grande, pour de vrai de vrai. Et je suis tellement dé-bor-dée, que je n’ai fais que quelques rares démarches. En revanche, j’ai trouvé un super bureau. Point négatif : il est tout petit. 12 m². Points positifs : tout le reste ! A savoir : le confrère qui me le loue est très sympa, a une bonne réputation, le bureau a déjà des rangements, et il n’est pas cher alors que tout est compris. Niveau situation, il a l’avantage d’être un tout petit peu plus proche de chez moi, sans être éloigné de mes autres lieux de travail (oui, je sais, ma vie est compliquée). Bref, je suis méga enthousiaste, méga contente. Et mes boss ont « insinué » qu’ils allaient me regretter. Ah ah ! Bon, ils ne sont pas allés jusqu’à le dire franchement, mais… j’ai aimé l’allusion.

Du côté de Brad, on en est au point mort : il a réduit à 6/7 cigarettes par jour + la clope électronique, mais augmente sa consommation en soirée. Bref, je suis un peu dubitative, mais il m’a promis, alors… j’attends. Patiemment. En réalité, je suis mauvaise langue : dès ce week-end, il commence un traitement à base de vitamines préconisés par la naturo, et si ça ne le fait pas encore réduire, il m’a dit qu’il allait réfléchir à d’autres solutions. Mais j’ai tellement peur que ce ne soit que paroles, paroles, paroles…

A partir de juillet, je suis « censée » avoir plus de temps pour moi. J’ai donc décidé de continuer plus intensivement à prendre ma vie en main. Je suis toujours plus ou moins les conseils de ma naturo, et j’ai perdu 3 kilos. J’ai la super ligne, quoi, même si je garde un joli petit ventre (c’est ma morphologie !). Je me sens très bien dans mon corps, et j’ai même repris le sport à raison d’un footing hebdomadaire (bon, ok, là, ça fait deux semaines que j’ai zappé, mais une installation, ça coute du temps !). Je fais aussi de la relaxation une fois tous les 15 jours, et je compte commencer le yoga en septembre. J’aimerai le coupler avec des séances d’acupuncture, d’ailleurs. Bref, je me zenifie durablement, et comme dit ma naturo, j’essaie de donner une place à ce bébé à naître (enfin, pour l’instant, je laisse une place à mon boulot, point, on verra en juillet, si j’y arrive). J’ai honte, elle m’a donné plein d’exercices à faire, de respiration, de visualisation et je ne suis parvenue à trouver le temps d’en faire aucun. Boulot + vie sociale débridée avec l’été, la Coupe du Monde, les pots de départ = une Marivalou dépravée, tendance alcoolique MAIS qui ne pense plus à la PMA.

Plus sérieusement, la relaxation me fait un bien fou. La naturopathie aussi. Même si les glaces et le chocolat me manquent. Et j’avoue que je ne respecte pas tous les jours, j’aime toujours les pizzas et les apéros.

Bref, je me perds dans des réflexions sans queue ni tête, je crois qu’aujourd’hui est un jour SANS. Après plusieurs semaines AVEC, je ne m’en plains pas.

Je crois également (pour vous dire que cet article est vraiment décousu) qu’en septembre, ou quand je verrai Super doc, je demanderai à faire la fameuse biopsie qu’elle ne m’encourage pas à faire. Histoire de ne pas regretter.

 

Trop LOL l’IRM

Je vous ai pas raconté… J’ai testé, pour vous, l’IRM pelvienne. Heureusement, programmée un samedi (ce que je conseille à toutes… sauf à prendre une demie-journée, au moins).

Samedi donc, je me lève, pas trop tard, au doux son du réveil. Je me rappelle alors que je dois faire un « lavement rectal ».

Comme j’ai du mal à rester coucher et en même temps à m’injecter un produit dans les fesses au moyens d’une espèce de pompe, je demande à Brad de m’aider (top glamour pour commencer le week-end). Brad, qui a eu d’ores et déjà la joie de tester ce genre de lavement, me dit, au moment de me le faire : « Allez, courage, c’est un mauvais moment à passer ». (mais pourquoi il dit ça ?!). Il appuie sur le truc qui injecte dans mes intestins, via mon joli anus, un liquide.

Je reste couchée quelques minutes, et Brad me dit que je peux me lever, là, c’est bon, les 3 minutes minimum sont passées. Je fais la fière, genre, ben ça va, je vais bien, à peine envie d’aller aux chiottes, mais j’y vais quand même, histoire de me « vider » et d’être toute propre de l’intérieure. Il est 8h45. S’ensuit ma plus longue histoire avec mes chiottes, d’une durée de 30 minutes, ponctuées de terribles maux de ventre et de vidage intensif. J’entends Brad me demander si ça va. Je le maudis.

Au bout de 30 minutes, je me sens littéralement vidée, je prends une douche et je file faire l’IRM. La secrétaire m’accueille, grand sourire, je lui dis que j’ai rendez-vous, oui oui, j’ai bien fait le lavement, une vraie partie de plaisir, ah ah qu’est-ce qu’on s’marre, j’ai bien pris mon anti histaminique, toussa toussa.

On me fait attendre. Puis on m’installe dans une petite pièce où je dois tout enlever, revêtir une blouse, mais je dois quand même garder mes chaussettes. Au top du glam.

J’arrive ensuite dans la pièce de l’IRM. La technicienne m’installe, m’explique tout et me dit que je vais devoir me mettre un produit dans le vagin via une seringue de gavage (me disais bien aussi que j’avais pas apporté tout ça pour rien). Allez, après avoir rempli le cucu, on rempli le minou. Charmant. Une fois fait, on m’installe, allongée, un casque sur les oreilles pour entendre de la musique et c’est parti. Je me détends, presque prête à m’endormir quand le son de l’IRM retentit. On aurait dit qu’un marteau piqueur était dans la pièce d’à côté. Apparemment, c’est normal tout va bien. Le truc dure environ 10-15 minutes, on m’a même mis des « lumières » de couleur en fond pour me divertir. La prochaine fois, je demanderai un film, tant qu’à faire.

Je sors de là, je me rhabille en passant par la case « toilettes » et j’attends encore que le radiologue (qui en fait est UNE radiologue) m’appelle pour me donner les résultats. Résultats : tout paraît normal, pas de traces d’adénomyose ou d’endométriose, juste des ovaires assez gros, avec plein de follicules, mais en rapport avec ma pathologie.

Biiiiennn. Me voilà à moitié rassurée. A la fois, je suis contente de voir que tout est nickel, à la fois, nous n’avons toujours aucune piste pour savoir ce qui cloche chez moi. L’utérus a l’air ok, la vascularisation est bonne.

Brad quant à lui doit faire ses analyses pré-IMSI mercredi prochain, le 14 mai, donc on aura les résultats début juin. Et il doit toujours arrêter de fumer, ce qui n’est pas gagné.

Pour le reste, Brad est pas facile à vivre en ce moment (stressé, préoccupé). Quant à moi, je fais une pause bienvenue avec la PMA. Depuis que nous avons commencé « tout ça », nous n’avons pas fait de réelles pauses. Un mois de « rien » seulement entre le dernier TEC de la première FIV et la deuxième FIV et pour le reste, nous avons tout enchaîné. Je ne voulais rien lâcher, j’étais incapable de faire une pause. Aujourd’hui, c’est mon corps qui me le réclame aussi bien que mon esprit. Je suis en pause, et bordal, ce que c’est bon ! Plus de prises de tête, je bois, je mange, je baise et je travaille (un peu) à mon rythme et plus au rythme de la PMA. Je me réapproprie mon corps,  j’ai perdu deux kilos, sûrement en trop, et j’ai même, pour la première fois hier, repris un peu le sport. Je me sens bien en dedans de moi. Je me sens bien tout court.

Bien sûr, quand je pense à mes chances potentielles de devenir maman, je reste cependant réaliste. Déjà 8 winners à J5 qui n’ont pas tenus, pourquoi ceux de la prochaine Faïve tiendraient-ils davantage ? Même avec le traitement de choc de M*triceL*b sans la biopsie, qui ne représente guère plus qu’un pansement, je ne vois pas ce qui ferait que cette fois, la roue tournerait. Bien sûr lors de cette prochaine Faïve, je serais beaucoup plus positive. Mais franchement, pourquoi cela fonctionnerait plus ?

Dans mon petit carnet, en attendant, je note les examens à suggérer à Super Doc en plus. Pour le moment, il y a « biopsie de l’endomètre ? » en sachant qu’elle n’était pas open pour m’en faire une tout simplement parce que c’est très invasif et que j’ai déjà eu une cœlioscopie qui a révélé un utérus normal et que la vascularisation est bonne (j’ai fais deux écho Doppler), et que lors de la prochaine Faïve, elle compte me donner le traitement de choc préconisé par ML. Il y a aussi recherche de la fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes de Brad, mais peut-être le test pré-IMSI révèlera cela ( je l’ignore en fait). Voilà, voilà.

Toutefois, depuis quelques jours, j’ai réalisé que depuis presque deux ans et demie, pas une fois je n’avais lâché prise. Pas une fois, je n’étais plus dans le contrôle. Je profite de cette pause pour changer cela. Ou en tous les cas, je fais de mon mieux. Je vous lis toujours, je commente beaucoup moins. Chaque jour, je me félicite pour une chose positive. Je suis consciente de mes qualités et je ne les dévalorise pas. Hier, j’ai fais pour la première fois depuis un an ou deux un footing de 30 mn (je me félicite moi-même pour ce footing d’ailleurs, mouahahah). Je fais toujours l’amour mais pour le plaisir, pas pour le « au cas où ». Je me fous royalement de mes boss qui ont accepté de me laisser partir le 30 juin prochain. Je bois des verres de vin et mange sainement, mais pas que. Je pense à moi. Je suis dans un cycle TOUT POUR MA GUEULE et oh la la que ça fait du bien.