Alors voilà

Alors voilà. Nous sommes rentrés de vacances, et dans notre troisième et dernière semaine de repos (enfin, pour moi, c’est plutôt une semaine mi-vacances, mi-boulot), mais qu’importe. Ne m’en veuillez pas, mais voilà deux semaines, voir plus, que je n’ai pas lu vos blogs, donc, j’ai du en louper des choses… Je me mettrai à jour, petit à petit. Cette coupure bloguesque m’a fait un bien fou. Nous arrivons à notre quatrième mois hors PMA et je me sens revivre. Prête pour repartir. Reposée. Sereine.

Durant ces vacances, j’ai bien sûr pensé à notre mal d’enfant, à notre parcours, mais peut-être moins souvent, et jamais triste. J’ai lâché prise. Surtout durant la deuxième semaine. Plus de régime de naturopathie, apéritif tous les jours, charcuterie, fromages, pizzas et gluten au programme.

Alors voilà. La première semaine a mis mes nerfs à rude épreuve. Nous étions dans la famille de Brad. Qui dit famille de Brad, dit soeur de Brad que nous appellerons Jennifer (ben oui, Brad, Jennifer…). Jennifer m’a tout simplement « saoulée ». Radio langue de putes est lancée. Jennifer a un avis sur tout, surtout en politique (ne jaaaaamais parler politique avec sa belle-soeur, note pour plus tard) et surtout pour tout ce qui concerne sa Pitchoune (adorable) de deux ans. Il faut aussi vivre en fonction du rythme de Jennifer, et surtout de sa Pitchoune. Le tout, sans moufter. Parce que si t’es pas contente, c’est pareil. Moi qui suis une fille adorable et d’un caractère plutôt calme et pacifique (non ? mais euuuuh), j’ai réussi à bien m’engueuler avec elle deux fois en cinq jours. La bonne nouvelle, c’est qu’ils partent bientôt vivre dans un pays lointain (en mars). La mauvaise, c’est que le départ est prévu pour mars et qu’en attendant, Jennifer, son mari et Pitchoune réquisitionnent toute l’attention de Joli Papa et Jolie Maman, mes beaux-parents, et que Brad est orphelin jusqu’en mars. Exemple : finalement, Brad ne fêtera pas son anniversaire avec ses parents comme prévu, ni le Jour de l’an, d’ailleurs, priorité est donnée à Jennifer qui habite la Capitale (donc à plus de 500 kms de chez nous). Peu importe, nous n’avons pas besoin du soutien de notre famille, nous (et heureusement que la mienne est là).

Alors voilà. La deuxième semaine a été beaucoup plus… calme. Cela a débuté par un week-end festif, entre amis, où l’on a visité un village célèbre dans notre région (Lolotte, si tu me lis… oui, c’est ce village là !), où l’on a bu du putain de bon vin, où j’ai inscrit un ami sur un site de rencontres (qui me dira merci quand il aura trouvé l’âme soeur), où l’on a ri.

Puis, en amoureux, nous sommes partis pour le Pays Basque, au milieu de nulle part, dans le petit chalet de mes parents. Premier voisin : une vache. Premier village où il y a une boulangerie : 5 kms. Vue de la terrasse :

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Le programme a été : repos, bonnes bouffes, dégustation de fromages, randonnées, lectures et séries pour les soirées. Le bonheur. Nous nous sommes retrouvés, ressourcés.

Et cette semaine s’est terminée, dimanche, par la plus belle des surprises (pour moi, j’entends). Non, je ne suis pas enceinte. Mais, oui, j’ai eu un J-1 naturel. Stupéfaction. La scène. On est tous les deux, au milieu de la pampa, un dimanche matin, j’ai mal au bide depuis le matin. Mes parents arrivés le vendredi soir sont partis au village accueillir des amis pour le déjeuner. Le soleil brille. Pas une serviette hygiénique, pas un tampon dans toute la maison, et encore moins dans mon sac (avoir mes règles pendant les vacances, de manière non programmée, c’est tout nouveau pour moi !). Malgré tout, je m’en fichais, j’étais heureuse. Du vrai sang provenant (peut-être ?) d’une ovulation naturelle, pour un peu, j’en aurai presque encadrée ma culotte. Depuis, je suis redescendue sur terre. Ce cycle est peut-être un accident, peut-être cela ne veut rien dire, et cela ne résout pas notre infertilité, les 95 % d’atypie, la trompe bouchée, l’absence de nidation. Peut-être cela ne se répétera-t-il jamais, peut-être n’aurais-je plus de J-1. Mais bordel, je m’en fous. J’ai eu un J-1 pour la première fois depuis l’arrêt pilule il y a trois ans ou presque, mon corps s’est remis en marche, je fonctionne !!! J’ai réussi mon pari : me réapproprier mon corps, et je le sens, ce corps, je le sens.

Les causes ? Je n’en sais rien, et je m’en contrefous. Probablement une accumulation de tout : la démission, l’installation, la naturopathie, la relaxation, le bien-être. Peut-être même rien de tout ça. Mais, je dois me rendre à l’évidence. Maman, toi qui disais que tout se résoudrais après mon installation, dont je me moquais gentiment, Mea culpa. Non seulement, tu avais raison, mais en plus, tu as eu la délicatesse de ne pas me dire « je te l’avais dis » quand je t’ai annoncé, dans la minute, la nouvelle. Et tu m’as dis : « Ok, je te prends des protections au village. Mais c’est génial ! Faut qu’on fête ça ! ».

Les suites ? Je n’en sais pas plus. Cela ne résout pas notre problème d’infertilité, mais cela change beaucoup de choses. Nous devions faire le point en vue d’une FIV 3 avec Super Doc dans deux jours, et bien, je lui larguerai mon scoop et elle me dira ce qu’on fera. Probablement une FIV, mais avec un autre traitement, et plus tard. Peut-être des analyses, que sais-je.

Et maintenant ? Maintenant j’attends de savoir ce qu’en dira Super Doc. Et j’attends de voir si, fin septembre, un nouveau cycle s’annonce, et le cas échéant, sa durée. J’ai l’impression d’être emplie d’une joie de vivre intense. Je file souvent aux chiottes pour constater que je ne rêve pas. Je fais tout l’inverse des autres. Mais j’m’en fous. Je suis heureuse.

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Ou comment nous avons atterri en PMA

Beaucoup d’entre vous sont en PMA parce que du côté de l’Homme, ça ne fonctionne pas bien, ou, souvent, parce que du côté de l’Homme, il y a quelques soucis, et que couplés à une OPK, ça devient difficile, ou encore, parce que vous avez des soucis d’ovulation ou pour aucune de ces raisons, pour des raisons « inexpliquées ». Quoiqu’il en soit, beaucoup d’entre vous connaissent les désagréments des hormones en folies, des J1 qui arrivent (souvent trop tôt), et des douleurs de règles.

Attention, pas de méprise, je ne dis pas que mon cas est « pire » ou « mieux » que les autres, il est juste différent (au début) mais finalement, plus tellement désormais. Je ne sais pas ce qui est le mieux ou le pire : ne pas connaître l’attente des DPO en cycle naturel ou ne pas espérer de bébé couette (parce que c’est impossible). J’avoue, je ne sais pas.

Mais, pour mieux comprendre, j’explicite un peu mon « cas ». Peut-être que cela pourra servir à d’autres.

Mon cas à moi, à la base, il est simple : pas d’ovulation. Faciiiiiiiiiile, me direz-vous. Ouep. Je le pensais aussi. Ben, non, raté.

En prem’s, le pourquoi du comment. Contrairement à notre amie Miss InFertility qui a grosso modo le même diagnostic que moi (mais pas la même cause), j’ovulais dans ma prime jeunesse. En tous cas, j’avais mes règles, oui oui oui, j’étais une personne normale  dotée d’une ovulation.

Puis, pilule pendant 10 ans. La pilule n’est pas source de mon aménorrhée, mais… on va dire que ça m’a caché des signaux qui auraient dû m’alerter… Il y a environ 5 ans, je n’ai pas été bien. Décès familiaux marquants, études un peu trop prenantes, surmenage (je cumulais mes études et un job pour me payer ces fichues études de marde), mon obsession du poids est subitement apparue… et je passais de 54 kg à 43 kgs en une année, progressivement, inexorablement… Je ne l’ai jamais avoué, à quiconque, mais oui, j’étais malade : je comptais les calories, je pensais que j’étais (enfin) mince. Jusqu’à ce que je prenne conscience que j’étais maigre et que je faisais du mal à mon corps. Le problème, c’est que pour sortir de cet état d’esprit à surveiller tout ce que je mangeais, à me culpabiliser dès que je mangeais trop (car j’ai des tendances boulimiques), il a fallu du temps… du temps et un électrochoc : la découverte de la perte de mon ovulation. En effet, mon corps a puisé dans ses réserves pour me maintenir à flot, et mon système reproducteur s’est mis en « pause ». Plus d’ovulation, plus d’hormones, mais je ne le savais pas car Madame la Pilule remplissait toujours son office… mes règles continuaient chaque mois, et j’avoue que j’avais tellement peur de tomber enceinte (non mais allô ?!), qu’il était hors de question d’arrêter la pilule. Avant décembre 2011. Janvier 2012, pas de règle, pas de bébé, et le ciel me tombe sur la tête en plusieurs étapes. En plus de mon absence d’ovulation, j’ai une trompe bouchée et un utérus mal formé. Finalement, on s’apercevra que l’utérus avait juste été privé durant trop de temps d’hormones, mais qu’en réalité, il est bien formé, mais petit, et aucune trace d’endométriose. J’échappe donc à ça.

J’échappe également (pour le moment) à l’insuffisance ovarienne. Bah oui, à force de ne pas ovuler, j’en ai économisé des ovules, des tas mêmes et mes ovaires sont paraît-il de véritables bombes. Ah bon. Traduction : Des milliers de follicules sur chaque ovaire, minuscules, et qui ne grossissent pas. Bref, une sacré pré-disposition à l’hyperstimulation (que je ne manquerai pas de tester à chacune de mes ponctions, mais prises à temps, donc, sans complication).

D’où la PMA, plutôt rapidement (donc, moi je dis, c’est cool). Sauf que dans notre cas, pas d’IAC (avec une trompe bouchée, bof bof) et un passage assez rapide en FIV. On a quand même laissé une chance à La Pompe, seule, en stimulation, mais Super Doc a fini par laisser tomber car soit j’ovulais du mauvais côté, soit ça ne fonctionnait pas.

Et puis, parce qu’on n’avait pas eu notre lot de cagades, finalement, on a appris que les spermatozoïdes de Brad n’étaient pas si bons que ça… et il a fallu un test effectué au petit bonheur la chance pour s’en apercevoir (test MSOME pré-IMSI). Stupeur ! Car, à chaque FIV, on arrivait à avoir au moins 4 blastos… du coup, on ne comprend pas bien ce décalage entre le 1% de Grade I et les bons résultats de fécondation… si quelqu’un a une explication…

On en est là. Depuis, j’ai décidé de faire une pause. Depuis le début de la PMA (2 ans et demi déjà), je me suis réconciliée avec la nourriture. Ca a mis du temps (plus d’un an), mais j’ai grossi. Je suis bien dans ma peau, et je mange plus qu’à ma faim, et depuis que je vais voir une naturopathe, je ne contrôle plus mon poids. Je mange des tonnes de fruits et légumes, certes, mais aussi des cochonneries, du chocolat, des glaces, des pizzas, de l’alcool (je suis pas en traitement). Sans culpabilité et avec plaisir.

Brad quant à lui a diminué sa consommation de clopes de moitié. C’est pas encore ça (purée mais il arrête quand ???) et je me retiens pour ne pas le harceler jour et nuit sur le sujet. Mais, il fait des efforts. J’aimerai qu’il se mobilise un peu plus sur le sujet, mais ce n’est pas en le harcelant que j’arriverai à mes fins. Donc, je laisse l’homme dans sa caverne, réfléchir à deux à l’heure, sur les conséquences de ses actes. Il est persuadé que le problème ne vient pas de lui, donc bon. Certes. Mais ça lui effleure pas l’esprit que ne plus fumer du tout améliorerait nos chances ? Il en est conscient, mais… est trop addict à la cigarette. « Laisse moi du temps… ». Hmmmm. Je l’aime, c’est un type super bien, mais parfois, il m’agace. Bref, j’attends. Mais j’ai peur que lors de FIV 3, il n’ait pas arrêté. J’ai peur, si peur.

De mon côté, je fais tout pour que la FIV 3 soit celle de la réussite. Je me nourris bien (j’essaie), je reprends le sport (quand je peux), j’ai entamé des séances de relaxation dynamique (j’en parlerai plus tard, c’est promis), et j’ai le numéro d’une hypnothérapeute que j’ai appelé et que je dois rappeler pour avoir des infos. Je suis détendue, je n’ai plus de patron, même si j’ai beaucoup de boulot, j’organise mon emploi du temps comme je le veux.

Il nous reste encore cependant des tares : nous buvons tous les deux (bon pas comme des alcooliques, mais nous sommes dans le Sud et les apéros sont légions chez nous), Brad fume environ 7 cigarettes par jour (avant, plus de 15). Mais comme dis ma naturopathe (je la kiffe), il faut aussi se faire plaisir.

Nous misons sur les vacances d’été pour nous détendre et attaquer FIV 3 au mois de septembre/octobre en forme et plein de positivité. Sans espérer de bébé couette, of course. En revanche, je l’avoue, j’espère chaque jour un retour impromptu de mon ovulation. Paraît que c’est possible. Ca simplifierait bien des choses…

 

Le cycle de la Loose

Un cycle pareil, ça ne s’invente pas.

Tout d’abord, quoi de neuf depuis mon dernier article ? Et bien, rien de bien folichon. Je viens de passer une dizaine de jours assez déprimants, entre crises de larmes (mais pourquoi je ne garde aucun winners ? et si ça continue, est ce que je serai maman un jour ?), doutes (on va vite arriver aux 4 FIV remboursées, que va-t-il se passer ensuite ?), engueulades avec Brad (tu ne m’aides pas pour le ménage, la bouffe, y’a pas que toi qui fait des horaires de ouf et c’est pas toi qui te tapes toutes ces putains d’hormones) et boulot-boulot (ça fait du bien de penser aux problèmes des autres, et puis de toute façon, je n’ai pas le choix, avec tous ces non-évènements PMA, j’ai pris du retard).

Que du bonheur, en somme.

Durant ces 10 jours, comme convenu avec Super Doc, j’ai gardé la pompe, donc, toujours sous traitement, mais en mode jemenfoutiste parce que, dans ma logique (qui ne me semble pas mauvaise), si 8 winners ne se sont pas implantés, pourquoi le 9ème déciderait de faire autrement ? Mon chiffre porte-bonheur, c’est le 7, pas le 9.

C’est samedi soir que la loose a commencé. Je vis ma journée en mode déprime car engueulade avec ma mère, et mes parents m’agacent pour des raisons annexes. Bref. Le soir, on rentre d’un dîner chez eux, plutôt sympa malgré ma déprime et c’est le moment de changer la pompe. En théorie. Parce qu’en pratique, je m’aperçois que j’ai OUBLIE (oui, oublié !) d’aller chercher le produit à 400 boules qui permet de me donner les bonnes hormones qu’il faut. My God. Je vous rappelle que Madame la Pompe m’injecte des hormones toutes les 90 minutes. 23h, un samedi soir, je fais quoi ? Et bien, je m’énerve toute seule 10 minutes, et je vais me coucher, sans la pompe. Pas plus stressée que ça (que pouvais-je y faire ?).

Le lendemain, aucune des pharmacies de garde que j’appelle ne répondent (c’est ouf, ça !) et de toute façon, je doute qu’elles aient mon produit spécifique en stock. Je demande conseil à Miss inFertility, un brin stressée tout de même, qui me dit que selon elle, c’est pas bon d’enlever si longtemps la pompe et que quand ça lui arrive, elle a toujours le reste des traitements précédents dans le frigo. Je vous vois avec vos gros yeux, là, alors j’explique. Le produit que je mets dans ma pompe, c’est une solution reconstituée (comme Menopur, pour les initiés ou comme Pergoveris [oui, j’ai testé tous les traitements]). Quand je prends le produit reconstitué dans ma seringue pour l’injecter dans ma pompe, il reste toujours dans la fiole un tout petit reste de solution reconstituée. Que je conserve sagement (pas au frigo, moi !) dans l’attente d’un recyclage.

Comme je ne peux pas savoir quelles solutions reconstituées sont les plus récentes, je prends tous mes fonds de fioles et je les mets dans un. Et je m’injecte ça. Même pas peur. Enfin, si un peu. J’ai demandé à Brad de m’emmener d’urgence à l’hôpital s’il voyait un truc chelou, et une heure après m’être recollée une pompe bricolée, je me suis sentie fébrile, des vertiges, avant de m’apercevoir que tout ça n’était que psychologique… Note pour plus tard : tout est dans la tête. C’est agaçant, mais c’est vrai. Enfin presque.

Ce matin, je me suis rendue à mon rendez-vous écho-prise de sang, stressée à mort. Super Doc m’a rassurée : pas de traitement pendant 12h ne devrait pas avoir d’incidence (bon, je lui ai pas dis pour la solution reconstituée pour les 12 autres heures et le fait que je me suis prise pour un petit chimiste…). Bon à savoir. On fait l’écho qui montre un joli follicule… A GAUCHE !!!! ouiiiiii !!!! Du côté de la bonne trompe pas bouchée. Je suis toute euphorique et j’explique à Super Doc que c’est bien la première fois que j’ovule à gauche. Elle me dit en rigolant que j’ai intérêt à avoir des rapports dans les jours qui arrivent. Nous y reviendrons.

Je file au travail, et accumule les mésaventures. Je ne peux pas souffler, sauf pour manger vite fait, en lisant les blogs de mes copinautes. Pendant ce temps, je reçois mes résultats de prise de sang et un appel de la clinique.

Prise de sang : LH à 22,5; Progestérone à 2,7 et Estradiol à 507.

Coup de fil de la clinique que je découvre à 16h30:

Bonjour Mme Marivalou, voici les consignes pour le déclenchement : Ovitrelle cet après-midi, pour un transfert samedi. 

Quoiiiii ??? WTF ? « Cet après-midi ? ». Je les rappelle en disant que je travaille, que Ovitrelle est dans mon frigo, et comment je fais ??? Ils vont demander à Super Doc. En attendant, je m’organise et rentre chez moi pour 17h45 (le truc qui m’est jamais arrivé…). Super Doc a dit de faire Ovitrelle dès que possible, mais que ce n’était pas grave si je la faisais ce soir. Ce sera 18h, donc. Vu que j’étais déjà partie. Là, ça va se compliquer car d’habitude, c’est Brad qui manipule Ovitrelle. Moi, je subis. Je dis : « tu fais bien attention hein » mais je ne fais rien. Là, il faut agir. J’agis en conséquence. Sauf que pour la première fois depuis mes nombreuses expériences d’Ovitrelle, IL Y A UNE BULLE ! Oh Bordal. Je suis donc les instructions pour enlever la bulle qui disparaît (ouf). Et je m’injecte la chose.

Brad rentre et va direct au lit… non pas pour faire une partie de couic couic avec sa chère et tendre (moi), non. Pour dormir. Brad est malade. Le jour où j’ovule quasi-naturellement du côté gauche, Brad est malade. Le jour où le truc qui arrive jamais arrive, Brad est malade. Il a cependant dit qu’il allait essayer. J’essaie de ma rassurer en me disant qu’on l’a fait hier. Mais merde, ça aurait été bien d’avoir une chance au naturel en plus de cet embryon congelé. Nous verrons, donc. J’ai envie de dire, après tous ces coups de loose : advienne que pourra.

Transfert prévu pour samedi, donc. Ca tombe bien, je prends une semaine de vacances à compter de samedi. Timing pârfait. J’aurai préféré dimanche, quand même, histoire de faire le ménage à fond samedi. On va pas chipoter. Brad se chargera du ménage. Moi, je me ménage.

Concernant enfin mon état d’esprit, il s’est amélioré. Nettement. En allant à la clinique (30 à 40 minutes de trajets beacause embouteillages), je me suis dis deux choses.

Chose positive number One : je crois aux cycles. J’ai eu mon cycle de bonheur de quatre années, à compter de 2006 :

2006 : demande en mariage de Brad, préparation du mariage

2007 : mariage, réussite du plus dur examen de ma vie

2008 : entrée à l’école, voyage de noces fabuleux

2009 : fin de l’école, diplômée et entrée dans ma belle profession.

Puis, j’ai eu mes 4 années de loose :

2010 : finalement,je fais une profession de marde, qui me stresse et qui ne me laisse ni vie sociale, ni vie familiale possible. Mon poids est à – 10 kgs et je ne vais pas super bien.

2011 : les travaux dans notre maison s’éternisent, ras le bol, et mon métier ne me laisse toujours aucun répit.

2012 : découverte de l’absence d’ovulation, de la trompe bouchée, entrée en PMA

2013 : une FIV et trois TEC plus tard toujours rien.

STOP ! à partir de 2014, il doit y avoir des choses positives. Je fais abstraction de ma deuxième FIV ratée et du TEC tout aussi foiré. Ils n’existent pas. J’entame mon ccyle de bonheur cette année,  épicétou !!!

Chose positive number two : que ma prise de sang soit positive ou négative, il y aura forcément une bonne nouvelle : soit une grossesse, soit une démission. Mais dans tous les cas, ça marquera le début du reste de ma vie. Si je démissionne, cela signifie que je serai à mon compte dès septembre. Qui dit installation à mon compte, dit plus de travail, peut-être, mais au moins je bosserai pour moi, et dit surtout : LIBERTE !

Car j’ai réalisé une chose. A cause de mon boulot certainement, et à cause aussi de mon parcours PMA, j’ai l’impression de ne pas vivre ma vie, d’être en mode « pause » dans l’attente d’un mieux. Je ne peux plus vivre comme ça. Je veux vivre ma vie, être acteur et ne pas la subir. Ca commence donc par une évolution professionnelle, indispensable et nécessaire. Etre son propre patron, ne plus devoir être réactif à la seconde, ne plus se prendre des remontrances, devoir gérer les dossiers des boss et les miens de front, ne plus se justifier, être libre, en somme.

 

Mon cas est atypique (ou déséspéré, c’est selon)

Pfiou. Je viens de passer quelques jours riches en émotion. Après mon dernier article, qui paraissait enjoué, et qui m’a valu nombres de commentaires félicitatifs (merci, mes chaussures sont trop petites, désormais), j’ai passé deux jours à déprimer, au bord des larmes, au fond du gouffre, me disant qu’avec tous ces échecs (6 embryons, 5 transferts, et je compte pas les quelques essais de stimulation antérieurs), je n’étais pas normale, et je n’arriverai jamais à avoir d’enfant. J’ai même pleuré en rentrant du boulot, crevée, et Brad, solide comme un roc (mais comment il fait ?) m’a consolée comme il a pu (pour un mec pas démonstratif, chapeau) en me disant qu’on allait y arriver un jour et que si la Sécu rembourse 4 FIV, ce n’était pas pour rien. Mouais.

P**** d’hormones, qui te font aller très haut puis très bas.

Hier soir, je suis sortie du travail vers 21 heures, après une réunion-débat-envuedesmunicipales qui avait lieu sur mon lieu de travail. Je rentre en tram, jusqu’à un arrêt où est stationnée ma tuture. Sauf que tuture, hier soir, avait bouffé toutes ses batteries et ne voulait plus démarrer (non, même pas j’ai laissé mes phares allumés, même pas même pas… ah si, en fait… euh…). Brad est venu à ma rescousse, il est allé cherché des pinces, les a branché de sa voiture à ma tuture pendant que je l’éclairais comme je pouvais avec mon téléphone (je suis une intellectuelle, moa, pas une manuelle…). Ouf, elle a redémarré. A la maison à 22h30, on crevait la dalle… Dodo tard, quoi… pour un réveil à 5h45 pour voir Super Doc aux aurores! My God.

Ce matin, en mode « La journée commence, là, ? t’es sûr ? ».

Je récapépète : je suis à 10 jours de « pompe » (de stim, si tu préfères).

Pour une fois, très peu d’attente à la PMA (merci les RDV à l’aube), je papote avec l’infirmière (je suis VIP, je l’ai déjà dis ?) et je passe dans le bureau de Super Doc pour l’écho. Super Doc regarde l’écran, moi, je vois qu’il y a des trucs (je commence un peu à discerner les trucs, comme quoi,  au bout de deux ans d’écho, tout arrive). Mais je ne sais pas encore ce que veut dire ce que je vois… donc j’attends.  Elle me dit : « Bon. Echo très atypique ». Mouiiiiii ?! C’est à dire ???

« Et bien, vous avez un endomètre très épais ». Je lui dis que c’est plutôt positif ça, d’autant que j’ai plutôt un endomètre fin d’habitude. Elle me dit : »Oui, certes, mais on a l’impression que c’est plutôt un endomètre post-ovulation ». What ??? Repaet please ? Marche arrière ?

Je lui dis « J’aurai ovulé toute seule ? ». Elle rigole, me dit que ce serait bien la première fois que j’ovule sans son aide, mais que tout est possible. Elle me dit qu’à gauche, il n’y a rien, aucun follicule, et à droite, un gros follicule ou un gros kyste (ah bon) et d’autres petits follicules ou kystes. Ah bon bon bon. Mais euh, comment fait-on pour savoir ? On attend les résultats de prise de sang ! Okay.

Puis, je l’interroge sur mont aux étrange de LH à 10 (surtout quand je vois Bounty qui dit qu’elle ovule à LH 10…) alors que d’habitude, celui-ci est plutot de 0. Elle me répond qu’on ne peut pas s’y fier, le taux de LH en lui-même ne veut rien dire, il va, il vient, c’est associé à l’estradiol qu’il peut être interprété, et mon estradiol était bas donc bon.

Je repars du Centre un peu hallucinée : je ne sais pas si je dois me réjouir ou non… Super doc m’a dit que le secrétariat m’appellera dans la journée, soit pour tout arrêter, soit pour continuer, soit pour déclencher. Toutes les options sont possibles. Et étrangement, je suis zen. L’habitude, sûrement.

A midi, je reçois mes taux. ‘Tention, y’a du lourd !

LH : 35, Progestérone : 4,3 Estradiol : 523.

Boooooon. J’attends le coup de fil, suis pas médecin, hein.

Coup de fil du secrétariat : « alors, il semble que vous ayez déjà ovulé, vous deviez être ce matin en pleine ovulation ». Allons bon. Merdouille. On a fait couic couic que samedi, saloperie (on travaille beaucoup alors hein on peut pas tous les jours). Bon, pas grave me dis-je, on fait un TEC pas une stim, j’avais oublié. Elle me dit qu’il est encore juste temps de faire le TEC. Que le transfert se fera lundi. Que ce soir je fais 10 clics d’Ovitrelle (10 clics ??? Quoi que c’est ??? Help me !!! je fais toujours le stylo entier, moi !!!), que je ferai le reste le soir du transfert et que je garde la pompe. Allons bon. Qu’est-ce que c’est que ce protocole de malade ??? Pourquoi dix clics d’Ovitrelle ce soir et le reste lundi ? Alors que j’ai déjà ovulé POUR LA PREMIERE FOIS DEPUIS DES ANNEES TOUTE SEULE !!!! Vos observations éclairées seraient je l’avoue les bienvenues. Et la pompe, je la garde toute ma life, ou bien ?

Pour le reste, je retiens : que depuis le début de la stim, j’étais plutôt détachée. Que j’ai ovulé en 10 jours de pompe (avant, il m’en fallait au moins le double). Que j’ai ovulé sans mon amie Ovitrelle (nananinanèreuh). Que ce soir on fait du poney, on s’en fout, on a rien à perdre. Qu’il faut que je continue à me plonger dans le travail pour ne plus penser à « ça ». Que lundi, on me transfère deux embryons. Que j’aimerai qu’ils soient gentils, et que, pour une fois, ils veulent bien faire un peu plus d’effort et s’accrocher à ma paroi utérine puisque pour une fois, mon endomètre est « bon » (elle m’a pas donné les mm, Super Doc n’aime pas trop donner les chiffres). Que direct après le transfert (et avant aussi d’ailleurs), je serai au boulot. Que de toute façon, le repos n’avait rien changé au résultat les fois précédentes, alors bon.

J’ai quand même hâte d’être au jour du transfert pour avoir le débrief de Super Doc et savoir ce qu’il s’est passé et si je pourrai encore à l’avenir ovuler seule… même avec une trompe bouchée, l’espoir d’un bébé couette renaîtrait alors ? Mouais, te fais pas trop de film ma vieille, car en lisant le résultat de la prise de sang, tu risques de tomber de haut et bien bas (encore une fois).