Mon cas est atypique (ou déséspéré, c’est selon)

Pfiou. Je viens de passer quelques jours riches en émotion. Après mon dernier article, qui paraissait enjoué, et qui m’a valu nombres de commentaires félicitatifs (merci, mes chaussures sont trop petites, désormais), j’ai passé deux jours à déprimer, au bord des larmes, au fond du gouffre, me disant qu’avec tous ces échecs (6 embryons, 5 transferts, et je compte pas les quelques essais de stimulation antérieurs), je n’étais pas normale, et je n’arriverai jamais à avoir d’enfant. J’ai même pleuré en rentrant du boulot, crevée, et Brad, solide comme un roc (mais comment il fait ?) m’a consolée comme il a pu (pour un mec pas démonstratif, chapeau) en me disant qu’on allait y arriver un jour et que si la Sécu rembourse 4 FIV, ce n’était pas pour rien. Mouais.

P**** d’hormones, qui te font aller très haut puis très bas.

Hier soir, je suis sortie du travail vers 21 heures, après une réunion-débat-envuedesmunicipales qui avait lieu sur mon lieu de travail. Je rentre en tram, jusqu’à un arrêt où est stationnée ma tuture. Sauf que tuture, hier soir, avait bouffé toutes ses batteries et ne voulait plus démarrer (non, même pas j’ai laissé mes phares allumés, même pas même pas… ah si, en fait… euh…). Brad est venu à ma rescousse, il est allé cherché des pinces, les a branché de sa voiture à ma tuture pendant que je l’éclairais comme je pouvais avec mon téléphone (je suis une intellectuelle, moa, pas une manuelle…). Ouf, elle a redémarré. A la maison à 22h30, on crevait la dalle… Dodo tard, quoi… pour un réveil à 5h45 pour voir Super Doc aux aurores! My God.

Ce matin, en mode « La journée commence, là, ? t’es sûr ? ».

Je récapépète : je suis à 10 jours de « pompe » (de stim, si tu préfères).

Pour une fois, très peu d’attente à la PMA (merci les RDV à l’aube), je papote avec l’infirmière (je suis VIP, je l’ai déjà dis ?) et je passe dans le bureau de Super Doc pour l’écho. Super Doc regarde l’écran, moi, je vois qu’il y a des trucs (je commence un peu à discerner les trucs, comme quoi,  au bout de deux ans d’écho, tout arrive). Mais je ne sais pas encore ce que veut dire ce que je vois… donc j’attends.  Elle me dit : « Bon. Echo très atypique ». Mouiiiiii ?! C’est à dire ???

« Et bien, vous avez un endomètre très épais ». Je lui dis que c’est plutôt positif ça, d’autant que j’ai plutôt un endomètre fin d’habitude. Elle me dit : »Oui, certes, mais on a l’impression que c’est plutôt un endomètre post-ovulation ». What ??? Repaet please ? Marche arrière ?

Je lui dis « J’aurai ovulé toute seule ? ». Elle rigole, me dit que ce serait bien la première fois que j’ovule sans son aide, mais que tout est possible. Elle me dit qu’à gauche, il n’y a rien, aucun follicule, et à droite, un gros follicule ou un gros kyste (ah bon) et d’autres petits follicules ou kystes. Ah bon bon bon. Mais euh, comment fait-on pour savoir ? On attend les résultats de prise de sang ! Okay.

Puis, je l’interroge sur mont aux étrange de LH à 10 (surtout quand je vois Bounty qui dit qu’elle ovule à LH 10…) alors que d’habitude, celui-ci est plutot de 0. Elle me répond qu’on ne peut pas s’y fier, le taux de LH en lui-même ne veut rien dire, il va, il vient, c’est associé à l’estradiol qu’il peut être interprété, et mon estradiol était bas donc bon.

Je repars du Centre un peu hallucinée : je ne sais pas si je dois me réjouir ou non… Super doc m’a dit que le secrétariat m’appellera dans la journée, soit pour tout arrêter, soit pour continuer, soit pour déclencher. Toutes les options sont possibles. Et étrangement, je suis zen. L’habitude, sûrement.

A midi, je reçois mes taux. ‘Tention, y’a du lourd !

LH : 35, Progestérone : 4,3 Estradiol : 523.

Boooooon. J’attends le coup de fil, suis pas médecin, hein.

Coup de fil du secrétariat : « alors, il semble que vous ayez déjà ovulé, vous deviez être ce matin en pleine ovulation ». Allons bon. Merdouille. On a fait couic couic que samedi, saloperie (on travaille beaucoup alors hein on peut pas tous les jours). Bon, pas grave me dis-je, on fait un TEC pas une stim, j’avais oublié. Elle me dit qu’il est encore juste temps de faire le TEC. Que le transfert se fera lundi. Que ce soir je fais 10 clics d’Ovitrelle (10 clics ??? Quoi que c’est ??? Help me !!! je fais toujours le stylo entier, moi !!!), que je ferai le reste le soir du transfert et que je garde la pompe. Allons bon. Qu’est-ce que c’est que ce protocole de malade ??? Pourquoi dix clics d’Ovitrelle ce soir et le reste lundi ? Alors que j’ai déjà ovulé POUR LA PREMIERE FOIS DEPUIS DES ANNEES TOUTE SEULE !!!! Vos observations éclairées seraient je l’avoue les bienvenues. Et la pompe, je la garde toute ma life, ou bien ?

Pour le reste, je retiens : que depuis le début de la stim, j’étais plutôt détachée. Que j’ai ovulé en 10 jours de pompe (avant, il m’en fallait au moins le double). Que j’ai ovulé sans mon amie Ovitrelle (nananinanèreuh). Que ce soir on fait du poney, on s’en fout, on a rien à perdre. Qu’il faut que je continue à me plonger dans le travail pour ne plus penser à « ça ». Que lundi, on me transfère deux embryons. Que j’aimerai qu’ils soient gentils, et que, pour une fois, ils veulent bien faire un peu plus d’effort et s’accrocher à ma paroi utérine puisque pour une fois, mon endomètre est « bon » (elle m’a pas donné les mm, Super Doc n’aime pas trop donner les chiffres). Que direct après le transfert (et avant aussi d’ailleurs), je serai au boulot. Que de toute façon, le repos n’avait rien changé au résultat les fois précédentes, alors bon.

J’ai quand même hâte d’être au jour du transfert pour avoir le débrief de Super Doc et savoir ce qu’il s’est passé et si je pourrai encore à l’avenir ovuler seule… même avec une trompe bouchée, l’espoir d’un bébé couette renaîtrait alors ? Mouais, te fais pas trop de film ma vieille, car en lisant le résultat de la prise de sang, tu risques de tomber de haut et bien bas (encore une fois).

Tribulations d’une pompette

J’en étais où ? Ah oui, j’attends le J1. Oui, bon, bah, je peux attendre longtemps, hein. Avec mes problèmes d’hypophyse ou d’hypothalamique ou de je ne sais quoi (je ne suis pas médecin), je n’ai pas de cycles, pas de règles naturelles, et même avec Duphaston, souvent je n’ai rien. Donc, on a posé la pompe. La fameuse. Aaaaaah, j’avais oublié les joies de la pompe…

On ne dort plus très bien car, posée sur un des côtés du ventre, tu peux plus vraiment dormir sur le côté où elle est posée. Ça gratte assez souvent, ça démange. Et tu fais attention à tes vêtements : pas de hauts moulants et des hauts plutôt amples. J’avoue, si on est au courant, on la devine (car je n’ai toujours pas trouvé le temps de faire du shopping). Le doux tac tac tac résonne à mes oreilles… même Brad m’a dit qu’il l’entendait… mais il m’a rassurée en me disant que si on ne savait pas que c’était ça, on pouvait prendre ça pour un bruit extérieur… vive la femme du futur quand même !

Premier changement de pompe : un grand moment. Déjà, c’est un peu plus compliqué qu’une injection « normale ». Tu vois le Gonal ? Ben, c’est du pipi de chat à côté. Car le Gonal, tu as un stylo, c’est même pas une piqure. Tu vois le Ménopur ? On se rapproche, car là aussi tu as une reconstitution à faire. J’explique. Déjà, tu as ta télécommande. Tu l’allumes (à savoir qu’elle se met en veille environ 4 ou 5 fois pendant tout le process, car tu n’es pas assez rapide). Bon, ça y est elle s’allume, elle dit que tu t’appelles Marival (car y’a pas assez de place pour indiquer tout ton nom en entier) et que tu as une dose de 20 ui de Lutrelef toutes les 90 mn. Tu appuies sur la touche « next ». Là, on te dis (dans le petit livret, hein, la télécommande, elle parle pas. Pas encore), que tu dois enlever ton ancien « pod » (c’est à dire le truc que tu t’es collé la dernière fois sur le ventre et qui t’injectes du produit). Tu suis ? Ok, j’enlève, tu tapes sur la touche pour enlever. Le pod émet un bip pour te dire qu’il est déconnecté. Et tu t’arraches (oui, c’est bien le mot, « arracher ») le pod et la mini aiguille avec. Sympa. Ça fait un peu mal quand même. Là, tu viens de faire 1/10ème de ce qui t’attends. Ensuite, tu reconstitues ton produit : tu prends le solvant (3,2 mg attention à bien doser !!!!) dans la seringue munie d’une énorme aiguille (mais non, t’inquiète, cette aiguille ne te servira jamais à te piquer) et tu le réinjectes dans la poudre. Et tu éloignes le solvant le plus loin possible, histoire de pas se tromper de « solution » tout à l’heure. Ensuite, tu changes l’aiguille sur ta seringue (oui, oui, il faut changer d’aiguille, tu as bien lu), tu reprends toute la solution reconstituée dedans (d’où l’utilité d’éloigner le solvant pour ne pas t’injecter que le solvant), et… tu tentes de l’injecter dans ton pod. Ce que j’ai fais. Ensuite, une fois que deux bips ont retenti pour te dire que le pod avait compris que tu lui injectais un produit, tu appuies sur ta télécommande qui met en marche le système. Le bordel fait « Tac, tac, tac » pendant super longtemps (une minute, quoi) et EN PRINCIPE, tu peux essayer de te coller ton pod sur le ventre. Sauf que vendredi matin, mon pod, il a fait 10 fois Tac, tac avant d’émettre une sorte de « Biiiiiiiiiiiip » continu et strident… Mais euh ???? Quoi que je fais ??? Je lis vite la notice… NE PAS UTILISER LE POD DEFECTUEUX. Bon, en même temps, je sens bien qu’il y a un problème, vu le bruit que fait le bordel. J’appuie sur les touches de la télécommande pour l’arrêter (ouf, ça s’arrête). Et… je recommence toute l’opération. Sans déconner. Hop, comme ça, 400 € jetés à la poubelle. Purée, merci la Sécu… Bref, je refais tout, j’arrive au même stade et là, le stress monte : ne bipe pas, ne bipe pas, please.

Ouf, le deuxième coup a été le bon. Tu arraches donc la petite capsule qui protège l’aiguille et les sparadrap et tu te colles ça sur le bide, un peu en haut du nombril à gauche ou droite. Et tu déclenches le piquage de l’aiguille. Et donc, oui, j’ai constamment une aiguille plantée dans mon bide, mais non, ça ne fait pas mal. D’ailleurs, à bien y regarder, c’est pas vraiment une aiguille « classique », elle est toute petite, et transparente.

Ce matin, c’était mon deuxième changement de pod, et tout s’est bien passé. Sauf que je l’ai collé un peu haut par rapport à d’habitude, mais j’imagine que ça n’a aucune incidence. J’espère, hein ?

Ce matin, également, j’ai appelé la PMA car pas de J1 à l’horizon. Aucun J d’ailleurs. Super Doc a dit : vous prenez rendez-vous après 10 jours de traitement, règles ou pas règles. Donc, jeudi. Youpi, j’ai hâte !!!

Toutefois, je reste un peu dubitative. Je crois que je suis une femme extraterrestre. En effet, j’ai reçu mes « taux » d’hormones du jour où on m’a posé la pompe. Je ne sais pas si c’est à cause de Duphaston, ou à cause du manque de règles ou les deux, mais mes taux étaient très très inhabituels. Je m’explique. D’habitude, (Miss Infertility ne me contredira pas), avec mon « problème », j’ai une LH au ras des pâquerettes, genre inférieur à 0,1 (oui, ça exiiiiiste) voir 0,6 quand je suis en grande forme hormonale au début d’un traitement. Et là, des taux de oufffff :

LH : 10,7 (qu’est-ce que c’est que ce taux de malade ? juste avec Duphaston ???) – Progestérone : 2,4 – Estradiol : 38,58.

J’ai un peu beaucoup (carrément) halluciné quand j’ai vu les taux, j’ai googlé un tout petit peu (vraiment à peine, hein), et me suis pas pris la tête (incrédibeule ! je me reconnais plus…). Je me suis dis qu’on en parlerait avec Super Doc quand on se verrait.

Et quand est-ce qu’on se voit, tiens ? Mes rendez-vous écartage de jambes de 10 minutes le matin et mes allers-retour sur la Rocade me manquent un peu. Ce matin, pour le savoir, j’ai appelé en expliquant à la secrétaire ma situation. Vous voyez le topo : « euhh, alors, je vous explique…. ». Réponse du Doc une demie-heure plus tard, via la secrétaire : peu importe que vous ayez ou non vos règles, vous prenez-rendez-vous pour un contrôle écho 10 jours après la pose de la pompe. Bon d’accord. J’ai rendez-vous ce jeudi, donc. Mais, euh, et mon taux de LH ??? Elle a trouvé ça normal ? Personne ne m’a répondu… Du coup, faut vraiment que je pense à demander des explications jeudi.

Je me dis que j’en serai alors à mes 7 et 8èmes embryons transférés sans résultat lors de la prochaine tentative, et qu’il m’en restera encore un (the last, le plus moche). Je me dis que tout ça c’est quand même beaucoup. Que les tensions familiales sont à leur comble en ce moment (ne nous leurrons pas, ils essaient de faire au mieux, mais ils ne comprennent pas, et disent parfois des choses fort blessantes et horripilantes). Genre ma mère qui me dit : « Laisse passer un cycle entre deux traitements… »… Mais JE N’AI PAS DE CYCLES !!!! Donc, oui, j’ai laissé passé un mois entre les deux traitements. Ma soeur qui me reproche de la laisser à l’écart de mon parcours parce qu’elle est enceinte (comment te dire ? Je te mets à l’écart car je n’ai pas tout le temps envie d’en parler, et ce n’est pas parce que tu es enceinte et grosse comme une baleine que je ne t’en parle pas… tu veux que je t’en parle ? alors parlons-en… ah ben, tu culpabilise maintenant ? Ben oui, la PMA, c’est dur). Je me dis que je suis à prendre avec des pincettes, que j’en ai marre d’avoir un ventre ballonné à mort, j’en ai marre d’avoir pris 1,5 kg en moins d’une semaine de pompe. Je me dis qu’après ces deux TEC, s ‘ils foirent comme tous les autres, je démissionne, je m’installe à mon propre compte et ce sera un nouveau départ. J’ai donc hâte d’en finir avec ces deux TEC pour démissionner. Je suis dans une optique nouvelle, désormais. Je continue d’y croire, même faiblement et le négatif sera dur à encaisser, mais je me fixe d’autres objectifs. Mes proches sont persuadés que le jour où je serai à mon compte, mes règles vont réapparaître comme par magie (comme si le stress du boulot les bloquait). Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu ? Ils sont drôles.

Je précise que cette image est visible sur Internet, que ce n'est pas mon bidou qui est là (le mien est nettement moins joli et nettement moins plat).

Et voici the Pompe !

Je précise que cette image a été récupérée sur Internet, et que ce n’est pas mon bidou que vous admirez (le mien est beaucoup moins joli et beaucoup moins plat !).