Bref, c’est la crise

Je commençais juste à être heureuse, profiter de la vie, c’était trop beau pour continuer. Les cagades continuent chez nous et de plus belle.

Par quoi commencer ? Par le début, tout simplement. Depuis 2 semaines, je bosse comme une tarée. 10 h par jour, 7 jours par semaine. J’ai passé mon week-end ensoleillé dans un tribunal et dans un bureau. Tout ça pour rien puisque le résultat ne fut pas la hauteur. (Autant vous dire que je suis à la masse côté lecture des blogs des coupines).

Puis, lundi dernier, première désillusion. Ma future « associée » me lâche. Oui, elle ne peut pas prendre un local avec moi car le préavis serait de 6 mois (pour une loc) ou de 3 mois (pour une sous-loc) et qu’elle ne sait pas où elle sera dans 3 mois. Gros LOL, là. Car le sous-entendu, c’est : « je ne sais pas si je ne vais pas déménager à 200 bornes, tout lâcher, tout quitter, ma clientèle, mes projets pro, mes amis, pour aller m’installer dans la même ville que mon mec actuel que je connais depuis un mois et demie ». WTF ?!

A l’annonce de cette nouvelle, je n’ai pas réagi. J’étais malade. Elle a profité de ma faiblesse. Je lui ai dis au revoir, puis, j’ai réalisé. ELLE ME LAISSE TOMBER ! C’est pas comme si on en parlait depuis plusieurs semaines/mois. C’est pas comme si on n’était tout de même devenue un peu proches. Première gifle. Plus tard, hier, je l’ai revue. Et je lui ai dis tout le bien que je pensais de cette situation, du fait de tout lâcher pour un mec qu’elle connait à peine, de s’emballer comme ça… Que dans cette ville, elle devrait tout recommencer de zéro, s’adapter aux us et coutumes du barreau (chaque barreau a ses particularités), se refaire un nom, une clientèle, rebosser pour un patron, bref, revivre l’enfer. Se re-enchaîner. Ca n’a pas eu l’air de l’ébranler outre mesure. Moi, en revanche, ma confiance est rompue, et mon amitié, grignotée. Je suis très dure en amitié et je ne pardonne pas comme ça. Elle m’a fait mal, et je crois qu’elle le sait. Pour le reste, je continue à mener mon chemin, seule, mais sûre de ne pas être mal accompagnée.

Mais s’il n’y avait que ça… mais non. Faut toujours que les choses se compliquent. Hier, nous avions rendez-vous avec Jolie Doc, notre biologiste. Qui nous a expliqué en première partie de rendez-vous que nos embryons étaient de vrais winners lors de nos précédentes Faïves. Ils étaient pârfaits, rien à dire, jolis comme tout, etc. En plus, on arrivait à chaque fois au stade blastocyste. Toutefois, ils n’ont pas « tenus ». Alors, Madame, vous a-t-on parlé de M*triceLab ?

Je répète ce que m’a dit Super Doc. Sauf que Jolie Doc pense que je devrais le faire. Bon. Ok, je suis pas contre, mais bordal, mettez-vous d’accord. Je lui ai donc demandé de parler avec Super Doc, un peu, de communiquer et qu’ils me rappellent. Après, j’ai posé des questions. Qu’a donné le test pré-IMSI ? Stupeur. Les résultats n’étaient pas dans le dossier, elle a du aller les chercher et pensait qu’on ne l’avait pas encore fait. Elle va les chercher.

Et là, catastrophe. Je pense que ça ne va rien dire à la plupart d’entre vous, mais en gros, Brad a 1% de spermatozoïde de Grade 1, et 11 % de Grade 2, 30% de Grade 3 et 58 % de Grade 4. Explication : rien ne va. IMSI recommandée. De même que l’arrêt de la clope (bis).

Alors, moi, je ne comprends pas. Je ne comprends pas comment on a pu passer au travers de ce test pour les deux précédentes FIV (le spermo était normal). Je ne comprends pas non plus comment on a pu avoir autant d’embryons (10 à chaque fois) et autant de blastocystes (4 pour Faïve 1 et 4 pour Faïve 2) en ayant un problème du côté de Brad.

J’ai demandé qu’on fasse des examens complémentaires (fragmentation de l’ADN notamment) pour savoir où on allait. J’ai demandé qu’ils se réunissent bordal, pour parler de notre cas. Qu’ils COMMUNIQUENT ! Ils doivent me rappeler. J’attends toujours. Si j’ai rien la semaine prochaine, je rappelle. Je sais pas qui, je sais pas où mais ça va bouger.

J’en profite pour faire passer un message : si vous connaissez des examens qu’on n’aurait pas fait, n’hésitez pas à me laisser un message. De la même manière, n’hésitez pas à partager avec moi vos expériences. Dame Lapin, HELP !

Brad a sagement encaissé. Sauf qu’il a clairement dit qu’il n’arriverait pas à arrêter totalement la clope. Et je me suis mise en colère. Depuis un mois, il n’a même pas tenté de diminuer. Soit disant, il n’y arrive pas. Je lui ai dis qu’on pouvait attendre, même plusieurs mois, pour lui laisser le temps. Mais non, car en plus il est « pressé ». Bref, Brad déprime. Il ne veut pas arrêter la clope, mais on l’y oblige. Il n’en a pas envie, mais est contraint. Pour lui, il n’a plus de plaisir dans la vie sans la clope (sympa pour moi), et à l’entendre, sa vie est quasi fichue. J’ai peur pour la première fois de le perdre, que cette PMA brise notre couple à jamais, nous sépare. Je ne comprends pas sa réaction, il ne comprend pas les miennes. Je fais tout pour avoir notre enfant, et il continue de cloper.

Hier soir, cela a été la crise. J’essaie de le faire parler, mais lui, ne veut pas parler. Je veux le soutenir, mais il ne veut pas être soutenu. Il est seul avec lui-même et ça me fait mal de le voir ainsi. Ca me fait mal aussi de voir que pour nous, pour notre couple, il est incapable d’arrêter de fumer. Je vais voir comment il gère la chose, à l’avenir, mais j’ai peur d’avoir à lui dire en septembre qu’on ne fera pas de Faïve parce qu’il n’a pas arrêté de fumer.

Quant à ma doc, et bien… je ne sais pas trop quoi en penser. En même temps, c’est elle qui a prescrit ce fameux test alors qu’aucune raison ne portait à croire qu’il y avait un problème de ce côté là. Je vais voir comment elle réagit aux résultats. Si elle me permet de retrouver confiance en elle, tant mieux. Sinon, et bien, je ne sais pas trop quoi faire. Je suis déjà dans une clinique privée, je suis déjà chez les soi-disant meilleurs. L’autre solution serait de consulter à Paris… un peu cher en déplacements…

Bref, c’est la crise et je suis perdue.