Plus dure sera la chute…

Un article très décousu, à l’image de mon état d’esprit. La panique commence à m’envahir.

Récapitulons. J’ai fait 2 FIV, négatives. A chaque FIV, plusieurs winners, 3 ont pu être congelés pour FIV 1 au stade J5 voir J6. Trois transferts d’un winner à la fois (car faut pas courir le risque d’une grossesse gémellaire, on sait jamais) qui n’ont abouti à rien, si ce n’est à me faire désespérer. A la deuxième FIV, on me transfert deux winners tout frais, de beaux beaux blasto d’après leur note. Rien.

Et là, j’en suis à faire un TEC avec deux des trois winners restants de la deuxième FIV. Et je crois que ça peut, que ça va marcher. Tu te dis : « Elle est complètement cinglée la fille ou bien ? » J’y crois comme je n’y ais jamais cru, je me fais mes films, je me projette (tout en me limitant un peu quand même) malgré tous ces échecs précédents. Je me dis que ça ne peut pas me faire de mal. A ma première FIV, j’y croyais, mais je n’osais pas y croire, le résultat était négatif. A la deuxième FIV, je m’étais tellement mis dans la tête (à tort) que si ça marchait mon hyperstim empirerait que j’attendais quelque chose qui ne venait pas et j’ai eu tellement mal aussi à cause de cette hyperstim dans les premiers jours que je n’étais pas forcément en « état » de recevoir, d’accueillir mes winners.

Du coup, là avec ce TEC de la dernière chance (de l’avant dernière chance, plus précisément, puisqu’il me reste un winner chez Picard), combiné avec la pompe qui m’a fait ovuler TOUTE SEULE  et les quelques parties de poneys combinées, je me dis : why not ? Du coup, j’y crois, du coup, si je me ramasse, demain, je sens que la chute sera dure. Très dure. J’ai peur.

Je suis à 14 DPO et je me tâte à faire cette prise de sang demain. Je ne veux pas savoir, je suis bien, là, dans l’incertitude. D’autant que j’ai envie de continuer à y croire.

Ces DPO se sont au final, plutôt bien passés. J’ai vécu ultra normalement, si ce n’est que je n’ai pas fait le ménage ce week-end (l’excuse pour pas faire le ménage !). Je me suis plongée dans le boulot, car les dossiers s’accumulent et j’ai des délais à respecter.

Sur les signes, je n’ai pas grand chose.

8 et 9 DPO : ma soeur entre à la maternité. Elle m’envoie des textos sur l’avancement de son accouchement (qui n’avance pas d’ailleurs) entre deux contractions et je suis ça en direct live, la journée, puis le soir, puis le lendemain… jusqu’à l’accouchement 32 heures plus tard (My God). Le soir de la naissance de ma filleule, je fonce à la maternité, et là, je craque. La petite est trop chou, je peux même la prendre dans mes bras et je me dis que cet instinct maternel, je l’aurai, c’est certain. Quand ce sera mon tour. Je sors de là contente et frustrée en même temps, mais très heureuse pour ma soeur et pour moi. D’être marraine d’une aussi jolie petite fille. Autant dire que je n’ai pas trop pensé DPO pendant ce temps.

10 DPO : j’ai commencé à avoir mal aux ovaires. Moui bon, ça me fait ça à chaque coup donc… aucune importance. Au pire, mes règles se préparent. En plus, le matin, j’ai fais une session shopping avec ma mère pour mon anniversaire où je me suis dénichée : une jupe bleue claire ESPRIT, une tunique et un t-shirt de la même marque. Sans vouloir faire de pub. Je suis quand même bien crevée de ma semaine.

11 DPO : j’ai l’impression que mes règles se préparent, un peu mal en bas du ventre. Je suis de mauvaise humeur, mais je continue d’y croire. Envers et contre tous. Na. Je passe trois heures à la maternité admirer ma nièce/filleule. Trop belle.

12 DPO : le week-end est fini. On se remet au boulot. C’est un peu dur car insomnie la nuit dernière. Toujours des douleurs en bas du ventre, mais sinon RAS. Pas mal aux seins. Le roploplo touch commence. On sait jamais, sur un malentendu, je pourrais avoir mal à la poitrine…  même si on ne me donne pas de progestérone. Je veux avoir mal. Je me tâte un peu trop souvent les seins et me dit qu’heureusement que je ne partage pas mon bureau. Je commence aussi à scruter mes fonds de culotte. Qui restent impeccables (je ne prends pas de progestérone, j’ai dit !).

13 DPO : dans la nuit, sensation étrange. Je le dis ou pas ? allez, je me lance… J’ai rêvé  (je ne sais même pas de quoi je rêvais) et je me suis réveillée en train d’avoir… un orgasme ! Puis ensuite assez mal en bas du ventre, puis je me rendors. Truc de fou. Pas d’insomnie cette fois, ouf. Le roploplo touch continue de plus belle, et quand j’appuie bien fort sur un côté de mon sein gauche (uniquement le gauche, notez, j’ai « un tout petit peu » mal). Ça compte, ça ? Comment ça non ? Sinon, quasiment plus de douleurs de règles. Et les fonds de culottes toujours pas tâchés.

14 DPO : le roploplo touch est à son summum. Environ toutes les heures. Ou toutes les minutes. Des mini, mini douleurs sur le côté du sein gauche. J’imagine comme quand on a ses règles, mais je ne peux qu’imaginer car je n’ai jamais mes règles. Je mets ça sur le compte du traitement car je continue à être « pompée ». Presque pas mal au bas-ventre, mais impression d’avoir une sensation pesante vers là. Psychologique, sûrement. N’empêche que je n’ai toujours pas mes règles et que je suis à la moitié de la journée. Du coup, j’espère ! je sais que les règles peuvent parfois tarder et c’est d’ailleurs surement ce qui arrive. N’empêche qu’en attendant, j’espère et ça fait du bien.

Et puis, bordal, pourquoi la roue ne tournerait pas, pour une fois et pourquoi le train ne viendrait pas me chercher ? Je m’arroge le droit d’y croire, au moins jusqu’à demain, 12h (date présumée de l’envoi par mail des résultats de prise de sang).

Comme je me refuse de pleurer au boulot, j’ai prévu de partir du boulot à 11h30, arriver chez moi pour l’ouverture du mail, pleurer, manger rapidos et repartir au boulot, les yeux secs.

Coïncidence ou pas, bon signe ou pas, je me suis rendue compte à ma très grande surprise que l’an dernier, le 27 mars, je faisais une prise de sang (négative) pour ce qui fut ma dernière tentative de stimulation simple. J’ai bien evie de renverser la vapeur, demain. Faire du 27 mars une belle journée.

J’avoue que j’ai assez bien supporté l’attente car très peu de signes, très peu de symptômes et je ne les cherchais pas (enfin, presque). J’avoue que je supporterai demain nettement moins bien un résultat négatif. J’avoue que je suis en train de devenir un peu folle à y penser, alors j’évacue ici, avant de me replonger dans mes dossiers. J’avoue enfin que j’ose espérer de toute mes forces un joli positif. Pour une fois. Please.