Ou comment nous avons atterri en PMA

Beaucoup d’entre vous sont en PMA parce que du côté de l’Homme, ça ne fonctionne pas bien, ou, souvent, parce que du côté de l’Homme, il y a quelques soucis, et que couplés à une OPK, ça devient difficile, ou encore, parce que vous avez des soucis d’ovulation ou pour aucune de ces raisons, pour des raisons « inexpliquées ». Quoiqu’il en soit, beaucoup d’entre vous connaissent les désagréments des hormones en folies, des J1 qui arrivent (souvent trop tôt), et des douleurs de règles.

Attention, pas de méprise, je ne dis pas que mon cas est « pire » ou « mieux » que les autres, il est juste différent (au début) mais finalement, plus tellement désormais. Je ne sais pas ce qui est le mieux ou le pire : ne pas connaître l’attente des DPO en cycle naturel ou ne pas espérer de bébé couette (parce que c’est impossible). J’avoue, je ne sais pas.

Mais, pour mieux comprendre, j’explicite un peu mon « cas ». Peut-être que cela pourra servir à d’autres.

Mon cas à moi, à la base, il est simple : pas d’ovulation. Faciiiiiiiiiile, me direz-vous. Ouep. Je le pensais aussi. Ben, non, raté.

En prem’s, le pourquoi du comment. Contrairement à notre amie Miss InFertility qui a grosso modo le même diagnostic que moi (mais pas la même cause), j’ovulais dans ma prime jeunesse. En tous cas, j’avais mes règles, oui oui oui, j’étais une personne normale  dotée d’une ovulation.

Puis, pilule pendant 10 ans. La pilule n’est pas source de mon aménorrhée, mais… on va dire que ça m’a caché des signaux qui auraient dû m’alerter… Il y a environ 5 ans, je n’ai pas été bien. Décès familiaux marquants, études un peu trop prenantes, surmenage (je cumulais mes études et un job pour me payer ces fichues études de marde), mon obsession du poids est subitement apparue… et je passais de 54 kg à 43 kgs en une année, progressivement, inexorablement… Je ne l’ai jamais avoué, à quiconque, mais oui, j’étais malade : je comptais les calories, je pensais que j’étais (enfin) mince. Jusqu’à ce que je prenne conscience que j’étais maigre et que je faisais du mal à mon corps. Le problème, c’est que pour sortir de cet état d’esprit à surveiller tout ce que je mangeais, à me culpabiliser dès que je mangeais trop (car j’ai des tendances boulimiques), il a fallu du temps… du temps et un électrochoc : la découverte de la perte de mon ovulation. En effet, mon corps a puisé dans ses réserves pour me maintenir à flot, et mon système reproducteur s’est mis en « pause ». Plus d’ovulation, plus d’hormones, mais je ne le savais pas car Madame la Pilule remplissait toujours son office… mes règles continuaient chaque mois, et j’avoue que j’avais tellement peur de tomber enceinte (non mais allô ?!), qu’il était hors de question d’arrêter la pilule. Avant décembre 2011. Janvier 2012, pas de règle, pas de bébé, et le ciel me tombe sur la tête en plusieurs étapes. En plus de mon absence d’ovulation, j’ai une trompe bouchée et un utérus mal formé. Finalement, on s’apercevra que l’utérus avait juste été privé durant trop de temps d’hormones, mais qu’en réalité, il est bien formé, mais petit, et aucune trace d’endométriose. J’échappe donc à ça.

J’échappe également (pour le moment) à l’insuffisance ovarienne. Bah oui, à force de ne pas ovuler, j’en ai économisé des ovules, des tas mêmes et mes ovaires sont paraît-il de véritables bombes. Ah bon. Traduction : Des milliers de follicules sur chaque ovaire, minuscules, et qui ne grossissent pas. Bref, une sacré pré-disposition à l’hyperstimulation (que je ne manquerai pas de tester à chacune de mes ponctions, mais prises à temps, donc, sans complication).

D’où la PMA, plutôt rapidement (donc, moi je dis, c’est cool). Sauf que dans notre cas, pas d’IAC (avec une trompe bouchée, bof bof) et un passage assez rapide en FIV. On a quand même laissé une chance à La Pompe, seule, en stimulation, mais Super Doc a fini par laisser tomber car soit j’ovulais du mauvais côté, soit ça ne fonctionnait pas.

Et puis, parce qu’on n’avait pas eu notre lot de cagades, finalement, on a appris que les spermatozoïdes de Brad n’étaient pas si bons que ça… et il a fallu un test effectué au petit bonheur la chance pour s’en apercevoir (test MSOME pré-IMSI). Stupeur ! Car, à chaque FIV, on arrivait à avoir au moins 4 blastos… du coup, on ne comprend pas bien ce décalage entre le 1% de Grade I et les bons résultats de fécondation… si quelqu’un a une explication…

On en est là. Depuis, j’ai décidé de faire une pause. Depuis le début de la PMA (2 ans et demi déjà), je me suis réconciliée avec la nourriture. Ca a mis du temps (plus d’un an), mais j’ai grossi. Je suis bien dans ma peau, et je mange plus qu’à ma faim, et depuis que je vais voir une naturopathe, je ne contrôle plus mon poids. Je mange des tonnes de fruits et légumes, certes, mais aussi des cochonneries, du chocolat, des glaces, des pizzas, de l’alcool (je suis pas en traitement). Sans culpabilité et avec plaisir.

Brad quant à lui a diminué sa consommation de clopes de moitié. C’est pas encore ça (purée mais il arrête quand ???) et je me retiens pour ne pas le harceler jour et nuit sur le sujet. Mais, il fait des efforts. J’aimerai qu’il se mobilise un peu plus sur le sujet, mais ce n’est pas en le harcelant que j’arriverai à mes fins. Donc, je laisse l’homme dans sa caverne, réfléchir à deux à l’heure, sur les conséquences de ses actes. Il est persuadé que le problème ne vient pas de lui, donc bon. Certes. Mais ça lui effleure pas l’esprit que ne plus fumer du tout améliorerait nos chances ? Il en est conscient, mais… est trop addict à la cigarette. « Laisse moi du temps… ». Hmmmm. Je l’aime, c’est un type super bien, mais parfois, il m’agace. Bref, j’attends. Mais j’ai peur que lors de FIV 3, il n’ait pas arrêté. J’ai peur, si peur.

De mon côté, je fais tout pour que la FIV 3 soit celle de la réussite. Je me nourris bien (j’essaie), je reprends le sport (quand je peux), j’ai entamé des séances de relaxation dynamique (j’en parlerai plus tard, c’est promis), et j’ai le numéro d’une hypnothérapeute que j’ai appelé et que je dois rappeler pour avoir des infos. Je suis détendue, je n’ai plus de patron, même si j’ai beaucoup de boulot, j’organise mon emploi du temps comme je le veux.

Il nous reste encore cependant des tares : nous buvons tous les deux (bon pas comme des alcooliques, mais nous sommes dans le Sud et les apéros sont légions chez nous), Brad fume environ 7 cigarettes par jour (avant, plus de 15). Mais comme dis ma naturopathe (je la kiffe), il faut aussi se faire plaisir.

Nous misons sur les vacances d’été pour nous détendre et attaquer FIV 3 au mois de septembre/octobre en forme et plein de positivité. Sans espérer de bébé couette, of course. En revanche, je l’avoue, j’espère chaque jour un retour impromptu de mon ovulation. Paraît que c’est possible. Ca simplifierait bien des choses…

 

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