Ou comment je suis devenue une autre

Cet article n’est pas une plainte. Non non non. Jamais. Plutot mourir. Cet article est juste le reflet de ma vie, ou plutot de ces derniers jours. De cette dernière semaine extraordinaire. 

Je me sens si heureuse. Entière. Complète. Fière. Petit bout est parmi nous depuis ce lundi 22 juin, 14h37. J’hésite à livrer son poids, mais il parait que ca se fait alors … 3,265 kgs. 

J’ai passé la journée de dimanche 21 juin en mode : jefaisrien. En une semaine de congé maternité, la maison était à mon goût pour accueillir Petit bout. Il me restait bien les vitres a faire mais euh… Il faisait trop chaud. Et j’étais crevée. J’ai donc passé la journée à ne rien faire… Pour prendre des forces ! 

Les premières contractions sont arrivées à 2h du matin et à 4h, j’ai eu confirmation que le travail commençait : j’avais de plus en plus mal, mes contractions étaient de plus en plus longues et régulières et se rapprochaient. Je me suis regardé un film enregistré la veille pour passer le temps avant d’aller prendre une douche a 5h (autant être propre pour accoucher, non ?). Je morflais. J’ai réveillé Brad qui a jugé que mes contractions n’étaient pas assez rapprochées (toutes les 8 mn a 5h) et est allé se recoucher (WTF ???). 5 minutes plus tard, il débarque dans le salon, habillé et me dit qu’il ne peut pas dormir alors que je souffre et qu’on va attendre ensemble. Il fait tout ce que je lui demande, m’apporte des cerises, il prend une douche aussi, se fait du café, bref on patiente a deux, moi en souffrant et en vomissant (y’avait longtemps !) de douleur, lui en me soutenant jusqu’à ce que les contractions se rapprochent et soient espacées de 5 mn. 

6h30 : départ pour la maternité. 

A notre arrivée, je gerbe un jus de cerises dans un verre en plastique (il n’y avait que ca dans la salle d’examen), puis je le tends à la sage femme qui s’occupera de moi. Je sais pas pourquoi, elle n’a pas eu l’air d’apprécier. Mais c’est mieux que par terre, elle en convient. 

Ma sage femme s’appelle Lucille et elle est extra. Comme tout le personnel que j’ai vu ce jour là d’ailleurs. Elle voit que le col est a 4 et m’envoie en salle de naissance pour la péridurale (ouf, j’y ai droit). Ce sera pour le début d’après midi selon elle. Ok ok. 

Brad est durant ce temps, tres angoissé. Meme s’il a pris ses petites pilules. 

La péridurale est posée. Je n’ai rien senti. Puis, on m’allonge et… Je commence a me sentir bien. Vraiment bien. Je dis : « je me sens partir… ». Tu m’étonnes. Grosse chute de tension, l’anesthésiste réagit immédiatement. Petite injection d’un truc qui stoppe la chute de tension. Mais j’avoue, je suis un peu shootée. 

Les contractions se rapprochent, on me fait prendre toutes sortes de position pour que bébé arrête de regarder le ciel et tourne la tête dans l’autre sens. Puis viendra la phase de « travail ». 17 mn. Je sentais les contractions arriver, je poussais fort et entre deux, on blaguait avec la sage femme, Lucille. On a parlé caca (ca m’empêchait de bien pousser donc elle m’a décomplexée), et bien sûr bouffe. Elle m’a promis un gros encas apres l’accouchement et ca a du me motiver. Petit bout est arrivé, il n’était ni sale ni plein de sang, il hurlait juste. Il était beau. Il l’est toujours d’ailleurs. Normal, c’est mon fils. Ma bataille, comme dirait Daniel. 

Je peux dire que j’ai vécu un accouchement formidable. Ce 22 juin, je suis devenue Maman, ma vie a changé. 

Depuis,nous n’avons plus le temps de rien et sommes devenus des zombies. Pas a cause de nuits hachées. Non. Parce que Petit bout refuse de dormir ailleurs que SUR son Papa et sa Maman (d’ailleurs, il dort sur moi en ce moment meme). Du coup, je n’ai pas dormi du tout à la maternité et depuis que nous sommes rentrés, nous nous relayons la nuit. 10 jours que nous essayons tout… Chaque jour une nouvelle idée. On en est à l’idée de le faire dormir sur le côté (paaaaaas bieeeeeen), a l’aide d’un cale bébé. Croisez les doigts pour que ça marche. 

J’aurai encore plein de choses à dire mais le temps me manque. L’énergie aussi. Dans les prochains articles, je raconterai probablement comment je suis devenue une MILK. Ou pas. 

Allez, je vais me faire une tartine de camembert grillé car manger est la seule chose qui me reste. Car…. S’en est fini des nausées (youhou !). 

J-1 mois

A y est, j’entre dans mon 9ème mois (Oh bordel !). Tout n’est bien sûr que joie, joie, joie. Tellement que j’ai presque hâte de sortir Petit Bout de mon dedans de moi. Presque, hein. Faut pas déconner.

Le 9ème mois, c’est trop cool parce que :

– quand tu continues à travailler comme moi jusqu’au bout (Coucou Biquette, Coucou Bounty !), tu es aussi productive qu’une tortue ayant choppé la grippe (je maintiens ma superbe expression qui a un succès foufou). Du coup, tu restes au boulot de 9 heures à 20 heures, et tu fais le même taf que tu faisais en une demi-journée « avant ».

– quand tu montes les escaliers (mon superbe bureau est situé au 1er étage), tu es obligée de t’arrêter en plein milieu, suffoquant et en nage, et de stopper 2 minutes avant d’entrer dans le bureau afin de paraître « normale ».

– des nouveaux symptômes de grossesse apparaissent (si, si !). Certains vomissent, d’autres ont des phlébites (je ne vise personne). Moi, j’ai des fourmillements dans les mains et les bras, qui apparaissent quand je dors. C’est trop pratique parce que : 1. ça te réveille et tu ne sens plus tes membres, et 2. la seule solution pour que ça fasse moins mal est alors de lever les bras en l’air. Donc voilà, je dors les bras en l’air. Trop fun.

– Comme tu as les jambes lourdes et des antécédents de phlébite dans la famille, tu mets de superbes bas de contention. Comme je suis une grosse bourrine, j’en ai déjà fusillé deux (l’un en le « filant », l’autre en faisant un gros trou dedans à force d’essayer de le mettre). Et puis comme ça commence à être sérieusement l’été ici, les bas de contention, c’est trop mode avec les jupes/robes. Surtout que tu ne peux mettre que des chaussures « larges ». Donc t’oublies les nu-pieds ou les tongs lorsque tu portes tes bas. La seule paire dans laquelle je rentre encore, ce sont mes converses. Le casse-tête pour pas avoir l’air d’une plouc, quoi. J’ai précisé que mes converses étaient roses ?

– Tu as les hormones en folie. Avant-hier, j’ai pleuré parce que Brad a engueulé méchamment notre chien (c’était mérité, il avait encore mangé mes sous-vêtements, et je n’en ai plus à cause de lui !). Tout me fait de la peine. Parallèlement, jeudi dernier, j’étais trop heureuse car je m’étais achetée un pantalon fluide dans lequel je suis trop bien ainsi que deux débardeurs (que j’espère secrètement remettre « après ») tout simples en coton bio.

– Tu es également énervée non stop. Genre, là, mon obsession du moment (et je soule tout le monde avec ça, y compris ma coupine Miliette), c’est RANGER. Brad s’occupe des travaux et il le fait très bien (chambre du bébé check, chambre d’amis quasi-check), mais il est ultra-bordélique et hyper conservateur (genre, il garde TOUS les cartons des choses qu’il achète ou même reçoit). Et notre salon étant en jachère, on n’a jamais pris le temps de le meubler. Résultat : on n’a pas de rangements. Alors, je range (j’essaie). Mais j’ai hâte de gagner au loto pour acheter un buffet et 3 bibliothèques et meubler mon salon.

– Tu n’as jamais connu une fatigue aussi intense. Genre, respirer devient fatigant. Bien sûr, comme tu as dix mille choses à faire (notamment ranger bien sûr), ça devient super problématique et tu te retrouves à ranger 5 minutes, te reposer 25 minutes, ranger 5 minutes, te reposer 25 minutes. Je fais même des siestes, c’est dire !

– Même si tu as un « petit » ventre, bouger de ton canapé devient super difficile. C’est donc un peu la honte, quand hier soir, au moment de me lever pour aller me coucher, Brad m’a mis la main aux fesses pour m’aider à me lever. Lui était mort de rire. Moi, morte de honte.

– Il paraît que la valise doit être prête. Pourquoi ? Parce que maintenant, tu peux accoucher « à tout moment » (Oh  bordel bis). Me suis un peu fait gronder par mon entourage car non, elle n’est pas prête. Promis juré craché, je la fais aujourd’hui (mais il me manque les espèces de couches pour moi, et les carrés de coton pour bébé, alors ça me perturbe. Par contre, j’ai mes slips jetables (ouf) et j’en ai même des « décorés ». Wéééééé.). Et puis, si je la fais pas de suite, ça veut dire que Petit Bout n’arrivera pas tant qu’elle n’est pas prête, hein ? Comment ça, ça ne marche pas comme ça ?

Les autres « femmes enceintes »

Dans cet article, un peu de tout, un peu de rien, un peu de moi. Avant tout, je souhaite à tous mes lecteurs assidus (mais siiiiii !) une jolie année 2015. A toutes les Mamans, d’être heureuses et moins inquiètes, à toutes celles qui sont en voyage que ce voyage se passe sans encombre, et enfin, et surtout à toutes mes copinautes de galère, d’avoir, enfin, une jolie suprise en 2015. Je pense à vous toutes, qui avez partagé avec moi leurs doutes, leurs espoirs, leurs joies, leurs malheurs. Je n’en oublie pas une. Je pense aussi à vous, mes lectrices de l’ombre, qui se manifestent, parfois, ou non.

Comment ça va au pays des PB ? Et bien, que vous dire. Je suis certes soulagée depuis la dernière écho, mais toujours angoissée. Je suis une flippée de la vie. Dernière angoisse : je n’ai plus de douleurs aux seins, presque plus de douleurs au ventre… c’est normal, ça sérieux ? Les nausées sont toujours là (j’ai battu mon record de vomitos en une seule journée il y a deux jours), mais, elles m’ont laissé deux jours de répit fin 2014. Dès 2015, elles sont réapparues, encore plus fortes, avec en prime une espèce de crève de folie. Nez bouché, mal de gorge intense, sentiment d’être fiévreuse (j’avais 37,3° en vrai). Du coup, sur les conseils de Miss Infertility qui m’a sauvé la vie, voici ce que j’ai fait et qui a parfaitement fonctionné vu qu’en deux jours, je suis « guérie » : ne pas sortir du tout de chez soi, se reposer, rester tranquille; faire des gargarisations d’eau salée avec du gros sel pour désinfecter la gorge (purée, ça marche vachement mieux que leurs cachetons style Drill que tu peux pas prendre quand t’es enceinte… je l’ai fait une fois (la gargarisation) et ça a suffit à me soulager plusieurs heures après), boire des tisanes au citron avec une cuillère de miel, se mettre dans les narines un spray isotonique à l’eau de mer (encore plus efficace que les fameuses « gouttes » prescrites par votre médecin) et vous traiter à l’oscillococcinum 3 fois par jour, puis 2 fois quand ça va un peu mieux, puis une fois par semaine en préventif. Pfiou. Ben aujourd’hui, ça va mieux, et j’ai même espoir de ne pas avoir de nausées ce soir (ouais ok, je peux courir, je sais…).

C’était l’instant « médical ». Parce que sache qu’une fois que t’es enceinte, tu te soigne uniquement au doliprane et au spasfon. Ouep. Et aux trucs naturels. T’as pas intérêt à te choper une pneumonie ou une gastro quoi. Sinon, tu peux clamser, je pense.

Sinon, question « achats », on en est toujours au point mort ! Je regarde un peu ce qu’il faut acheter, mais je suis perdue, et nous n’avons pas encore passé le cap. Ca viendra quand ça viendra, et puis voilà. Pour le moment, on a déjà du mal à stocké le peu de chose qu’on nous a donné (enfin, que ma soeur nous a donné).

Passons désormais aux discussions sérieuses. Les autres femmes enceintes (ou pas enceintes d’ailleurs) qui te piquent ta grossesse.  Il se trouve que je suis tombée enceinte en même temps, ou à peu près, que pas mal de personnes autour de moi. La femme du meilleur ami de Brad est tombée enceinte 1 mois et demie avant moi. J’ai été très heureuse de cette jolie nouvelle (c’est leur 2ème), et George, le meilleur ami de Brad, a tenu à nous l’annoncer immédiatement, assez gêné. Genre, ça faisait 3 semaines qu’elle était enceinte. Bref, l’attention nous a beaucoup touché et alors même que je n’étais pas enceinte, nous étions très heureux pour eux (je m’étonnais d’ailleurs moi-même). Avec du recul et l’expérience d’autres annonces postérieures, la raison en est simple. La femme de George, Angel, et George lui-même (enfin, surtout sa femme) ont toujours été hyper compréhensifs quant à notre situation, posant des questions pour se tenir informés, mais pas trop, étant disponibles quand j’avais envie d’en parler, me remontant le moral, positivant, et toujours, en essayant de ne pas sortir des imbécilités. Bref, de vrais amis hyperfertiles qui essaient de nous comprendre. Et qui sont restés de vrais amis.

Idem pour une de mes collègues de travail que j’aime bien. Elle a arrêté la pilule et BIM, enceinte. Une C1 ou une C2. Et bien, j’étais encore une fois hyper contente pour elle car elle me l’a dit de suite, dès qu’elle m’a vue (mais elle savait que je venais d’avoir une bonne nouvelle) et surtout, elle m’a toujours soutenue… Je me vois encore pleurer dans son bureau à l’issue d’un de mes nombreux échecs lorsqu’elle me demandait si ça allait. Elle : « Ca va ? ». Moi : « oui, oui ». Elle : « Non, ça va pas. » Moi : « …….  » (pleurs).

Et puis, il y a les « autres ». Celle, très proche de moi, ma cousine, pour être exacte qui m’avoue finalement après mon annonce, qu’elle aussi est enceinte. Elle qui ne m’a jamais vraiment soutenue durant ces 3 années et qui me conseillait de partir en vacances et de changer de métier. Elle qui m’a déclaré qu’il ne fallait pas stresser durant la grossesse, et que si c’était pour stresser encore plus le bébé, parfois, mieux valait adopter (!). Le lendemain de mon écho des 12 SA si angoissante, qui m’a laissée encore plus stressée. Je ne veux plus la voir et surtout pas vivre ma grossesse avec elle. Je veux vivre ma grossesse avec mes amies comme Angel ou encore comme ma soeur qui est juste adorable. Ou même toute seule.

Enfin, il y a ma BS. Alors elle, elle fait fort. Avant de parler de BS, il faut que je vous parle de Soeurette. Mon unique frangine. 5 ans et demi de moins que moi. Je soupçonnais son couple de ne pas être très solide (cela s’est confirmé bien plus tard), elle était OPK (genre, deux ovulations par an). Pas de projet bébé. Sauf que, 3 jours après mon échec de FIV 1 (le premier, celui qui fait mal), elle m’annonçait qu’elle était enceinte. Gloups. Au moment où ma FIV foirait, elle avait un test positif. Je te dis pas les grosses boules. Mes parents sont devenus grands-parents par ma soeur bien plus jeune, ont pu vivre tout ça avec elle, la grossesse, les achats de poussette, de biberons, etc. J’ai essayé d’être présente pour ma soeur durant sa grossesse en lui offrant un petit bouquin rigolo et en lui proposant d’aller faire des achats… et puis, je l’ai suivie « de loin ». Pour me protéger. C’était trop dur. 3 semaines avant la naissance, alors que je prenais des nouvelles par mail car je sentais qu’elle n’allait pas bien, elle m’a envoyé un mail où elle me reprochait mon « absence » durant sa grossesse. Qu’elle aurait aimé vivre ces choses avec moi. J’ai été très choquée par sa réaction et lui ai expliqué ma vie durant sa grossesse : échec de plusieurs TEC, échec de FIV 2, hyperstimulation douloureuse, l’espoir qui s’en va… Elle n’a quand même pas compris, m’a dit qu’on ne se comprenait pas (et elle n’avait pas tort). Ce que je ne savais pas à l’époque, c’était que son mec n’était pas vraiment présent durant sa grossesse. Elle a vécu les nausées seule, continuait à faire les courses seule, a peint et décoré seule la chambre d’enfant (super belle d’ailleurs)… Et ce ne sont que des exemples.

Et puis est venue le jour de la naissance de ma filleule. Soeurette a tout partagé avec moi, par texto. Ses 36 heures de travail (ouais…), la première photo de ma filleule alors qu’elle n’avait que quelques minutes, ses douleurs… et depuis ce jour, tout est rentré dans l’ordre. Je suis présente pour ma soeur et ma filleule, et elle aussi… Je l’aime et je l’adore. Voilà, voilà.

Et puis, il y a BS. La soeur de Brad, donc. Aaaaah, BS, toute une histoire. Professionnellement dans le milieu des bébés, donc, « jesaismieuxquetoutlemonde ». Et puis, le genre de personne qui aime être le centre de toutes les attentions. C’était le cas quand elle était enceinte. Après avoir accouché, c’est sa fille qui doit être le centre de toutes les attentions. Maintenant que je suis enceinte, c’est elle et sa fille qui doivent être le centre de toutes les attentions. Si je parle de ma filleule, elle compare avec sa fille : « Poupounette, elle mangeait déjà toute seule à cette âge là ». J’ai rien dit. Si je parle de ma grossesse, elle compare avec la sienne. J’ai rien dit, et j’ai arrêté de parler de ma grossesse. Qu’elle fasse sa compète toute seule, moi, ça m’intéresse pas. Par contre, ce qui ne passe pas, c’est le manque d’empathie et de générosité.

Par comparaison, ma soeur nous a déjà réservé des fringues (bon, si on a un garçon, on est mal barré), et nous a déjà donné un certain nombre de choses : vêtements de grossesse, Bib’espresso (me demandez pas à quoi ça sert, nous on a compris que c’était pour faire du café au bébé 😀 ), un porte bébé, un transat pour prendre le bain (WTF ? apparemment, c’est plus pratique qu’une baignoire au début), et peut-être encore d’autres choses plus tard. Je précise que Soeurette a peu de moyens : désormais mère célibataire, elle vit provisoirement chez mes parents et est au chômage.

BS, que nous avons vu ces derniers jours, nous a proposé de nous « vendre » toutes ses affaires de bébé puisqu’elle doit s’en séparer (ils partent vivre dans un pays lointain). Brad a un peu tiqué, et vu que la poussette est un cadeau de ses parents, a dit : « Mais la poussette, tu me la vends pas quand même ? C’est un cadeau des parents ! ». Réponse : « Si, si. Ca coute cher de déménager dans pays lointain ». Brad lui a rétorqué qu’il lui achèterait surement pas un cadeau de ses propres parents. Et il a été choqué, déçu, par ce comportement. Moi, juste très énervée. Je m’y attendais.

Brad m’a dit : « Toi, ta soeur, elle a tout compris, elle sait ce qu’est l’entraide et la famille, moi ma soeur, elle comprend rien ». Il a confié à ses parents qu’il trouvait ça inadmissible. Son père n’a rien dit, mais selon Brad, il n’approuve pas. Sa mère semblait un peu étonnée aussi et a dit : « ils ont besoin d’argent ». T’as raison. Pour info, ils vivent bien mieux que nous et sont bien plus à l’aise que ma soeur. Donc, voilà, ils ont tout mis en vente sur Le bon coin finalement.

Conclusion: je suis bien contente que ma soeur soit ma soeur 🙂 Quant à BS, elle fait ce qu’elle veut, mais j’ai peur qu’à force d’être individualiste, elle perde l’amour de son frère. Elle a déjà perdu pas mal d’estime. C’est si dommage. Et pour le moment, il n’est pas prêt de faire l’effort financier non négligeable pour aller la voir dans son pays lointain, quand elle y sera. Ce qui m’attriste, c’est qu’elle risque de ne pas en comprendre les vraies raisons, vu qu’au final, ils ne se sont pas disputés… A moins que son attitude change… Affaire à suivre !

Dilemme du week-end

Comment ça va ? J’attends l’écho de lundi pour savoir si tout va bien ou si tout va mal ou entre les deux.

Et j’ai de quoi m’occuper : boulot (parce qu’il faut bien bosser un peu), cadeaux de Noël, envolée de cartes de vœux, et… je vous annonce, au cas où vous seriez passé à côté, l’ouverture de la Boutique des idées fertiles. (clique, clique sur le lien !!!). Cette boutique vient tout droit du cerveau de Miliette, qui a organisé l’ouverture et la gestion de cette boutique (et c’est un sacré boulot). Les créateurs font don de leurs créations, ainsi que (pour le moment) des frais de port éventuels (d’où l’intérêt de limiter les créations à des objets petits et légers), et le produit de la vente est directement reversé à l’association BAMP !, qui oeuvre pour que l’infertilité ne soit plus tabou, qui communique sur le sujet, informe, et soutient les personnes infertiles (comme moi). En à peine quelques jours, plusieurs créatrices ont envoyé des créations uniques et originales (et superbes !) et plusieurs d’entres elles ont déjà été vendues. Bref, ça marche, et dès que j’aurai trouvé le moyen d’insérer une bannière sur mon blog, j’en serai heureuse (je sais pas pourquoi, ça ne veut pas… ouin.).

Si vous êtes intéressées pour offrir vos créations, un mail : laboutiquedesideesfertiles@gmail.com

Si vous êtes intéressées pour vous offrir nos créations : cliquez ici.

A part ça, j’ai un dilemme.  Mes nausées et vomissements se sont un peu atténuée (comprendre la journée ça va mieux). Toutefois, le soir, et parfois le matin, c’est toujours l’enfer. Vomissements chaque jour, et obligée de me coucher très tôt car je ne supporte plus d’être « éveillée ». Dans quelques jours, c’est Noël. Et je n’en peux plus (je suis à plus de 13 SA). J’ai demandé à mon doc traitant de me prescrire Donormyl, et après vérifié le médicament qu’il ne connaissait pas pour traiter les vomissements de grossesse, il a accepté. Bon. Donc, lundi, ou même aujourd’hui, je peux être en possession de ce médicament qui parait-il soulage. Sauf que je me demande si c’est bien sérieux de le prendre à 13 SA… je  me demande si je ne devrai pas attendre que les nausées cessent d’elles-mêmes (vu qu’elles ont bien diminué, on peut espérer qu’elles disparaissent)… J’aimerai donc avoir l’avis de celles qui sont passées par là ou de nos amies médecins sur le sujet. Car en même temps, toute ma vie est impactée par ces nausées : je bouffe non stop (c’est un miracle que je ne sois pas encore obèse), et malheureusement, les fruits et légumes ne sont pas acceptés par mon système digestif (non mais sérieux !), je ne peux me concentrer sur une tâche plus d’une heure, ma maison devient un vrai capharnaüm, tout prend du temps, et à partir de 17 heures, je vis un enfer. Et bientôt, c’est Noël.

Comme aujourd’hui, c’est parait-il le début des vacances de Noël, je vous souhaite à tous et à toutes d’excellentes fêtes de fin d’année.

Trop LOL le premier trimestre

Foule en Délire, réjouis-toi, me revoilà ! Ou ne te réjouis pas. Fais comme tu le sens. Je suis là pour donner quelques nouvelles de la femme « enceinte » (j’ai encore du mal avec ce mot), avant l’écho fatidique des 12 SA.

Je me suis longtemps interrogée quant au devenir de ce blog. Dois-je en changer pour parler « grossesse », pour ne pas blesser l’ensemble des PMettes qui me suivent, pour ne pas exploser mon miracle à la figure de celles qui souffrent, dois-je écrire moins qu’à mon habitude, pour les mêmes raisons ? Ou au contraire, dois-je continuer à être qui je suis, avec mes petits défauts et mes nombreuses qualités ? Et à raconter ma vie trépidante, comme je le fais depuis le début ?

Lorsque cette question était posée sur la blogo, je répondais aux concernées : « continue, c’est ton blog, celles qui ne souhaitent pas le lire se désabonneront ». Et bien, je vais peut-être te paraître insensible, mais je vais appliquer ce conseil à moi-même. D’abord parce que mon blog n’est pas qu’un blog à propos de la PMA. Ensuite parce que j’ai été une PMette et que je le serai toujours. Un tel parcours (3 ans d’infertilité, 2 ans et demi de PMA dans mon cas), ça marque. A jamais.

Et puis, je ne force personne à me lire.

Donc. Demain, c’est le grand jour. Je vais pas te mentir : non, je ne suis pas sereine, oui, j’ai peur. C’est dit.

Comment se sont passées ces dernières semaines ? Et bien, pour tout te dire, c’est l’extase : je suis une femme enceinte épanouie, belle, et la grossesse est un rêve. Non, je déconne. T’y as cru, hein ? Ben, raté.

Pour de vrai, je viens de passer un des mois les plus atroces de ma vie. Sans déconner. Alors bien sûr, je suis heureuse, j’ai eu une accroche pour la première fois de ma vie, avec un petit bébé qui a plus ou moins bien évolué jusqu’aux 11 SA, et tout et tout, ça on est d’accord, c’est super. Je crois d’ailleurs que je n’ai jamais été aussi heureuse et je mesure ma chance. Si, si. Parce qu’être heureuse et vivre des moments pas faciles, et bien, c’est compatible.

Je te résume ma vie en ce moment (âmes sensibles, notamment Scrib sans te citer, s’abstenir) :

J’ai des insomnies régulières. En gros, je ne dors plus trop entre 4 et 7 heures du matin. Et après, j’enchaîne sur ma journée. Quand je travaille. Car, même si je suis dans une profession où tu ne t’arrêtes jamais de bosser, il a bien fallu que je ne bosse pas pour survivre. Je vomis entre 1 et 4 fois par jour. Et je ne m’y fais toujours pas. Tout me dégoûte. Et j’ai eu des jours à ne manger qu’un seul aliment. J’ai eu une passion pour le Candyup. En ce moment, ce sont les pains au lait. Même quand je bois de l’eau, ça ne passe pas. Vomir l’eau est un grand moment. Vomir tout court est un grand moment, d’ailleurs. Parce que quand tu vomis, tu fais vraiment des bruits bizarres. Des espèces de rots qui viennent d’on ne sait où (c’est moi qui fait ce bruit ???). Heureusement, plus le temps avance, et plus ça s’améliore. J’ai repris le boulot. Et j’arrive à manger des mandarines et boire du thé.

A compter de 17 heures cependant, il n’y a plus personne. Je rentre vite fait chez moi, je vomis ou pas, c’est selon, je mange à 19 heures et je vais me coucher à 20 heures. Sans déconner. J’ai fais une exception pour la soirée de Miss France, mais j’étais dans mon lit et j’allais me vider pendant les pubs.

Le pire dans tout ça, c’est que j’ai TOUT LE TEMPS faim. Je mange tout le temps, essentiellement parce que c’est le seul moyen de calmer les nausées. Quand tu manges et quand tu dors, t’es tranquille. A condition de trouver un aliment qui te dégoûte pas trop.

Tu imagines bien que ma vie sociale est ultra développée. Mais peu importe.

Ce que j’aime bien aussi, c’est que j’arrête régulièrement de respirer. Le resto indien en face de mon bureau m’indispose. Les pots d’échappement aussi. Le parfum et l’odeur de transpiration des gens dans le tram me donnent la gerbe. Alors, j’arrête régulièrement de respirer, c’est plus sûr.

Je te rassure, depuis une semaine, ça va un petit peu mieux (je m’endors toujours très tôt, je vomis toujours, je suis toujours très mal dès 17 heures, mais j’arrive un peu à oublier, de temps en temps, les nausées, qui se font un peu moins fortes. En tous cas, laisse moi y croire, s’il te plait).

Heureusement, il n’y a pas que les vomitos qui me gênent au quotidien. Il y a aussi mon visage qui ressemble vaguement à une calculatrice. C’est simple, je suis allée à la pharmacie m’acheter un soin, et la vendeuse m’a donné un échantillon de soins pour peaux à problèmes. J’ai saisi le message, merci.

Il y a aussi la fatigue (mais franchement, je trouve pas ça très handicapant). Il y a enfin les douleurs. Celles qui te font cogiter. Celles où tu te dis, et si ce n’était pas normal ? Et si tout s’était arrêté ? Et si le rêve éveillé (parce que oui, je vis peut-être des moments pas faciles, mais je vis aussi un rêve) prenait fin ? Lundi dernier, j’ai eu droit à une de ces douleurs. Fulgurante. Toute la matinée, j’ai cogité. J’ai pris conseil autour de moi, et sous l’impulsion de Brad, j’ai téléphoné à Super Doc. La secrétaire a été adorable, ne s’est pas du tout moquée, et m’a fixé un rendez-vous le lendemain matin.

C’était mardi dernier à 11 SA. Super Doc a été géniale : Elle m’a fait une petite écho qui a montré un cœur qui battait. Très à l’écoute, elle m’a rassurée et m’a dit qu’elle m’avait fait venir dans le but essentiel de me rassurer. Qu’il fallait que je relativise aussi. Que mes angoisses étaient normales compte tenu de mon parcours, mais qu’il allait falloir apprendre à vivre avec car ça ne faisait que commencer. On a rigolé aussi. Brad était là.  Et je n’ai plus qu’un rendez-vous avec elle, pour faire le débrief de l’écho des 12 SA et des tests sanguins. Je vais la regretter.

A part ça, je suis assez nulle en « femme enceinte ». Je ne me suis pas encore inscris à la maternité (j’attends les 12 SA), ni à la crèche (j’attends les 12 SA).

J’ai conscience que mon article peut choquer plus d’une PMette. Moi-même, quand je lisais les récits de grossesses qui ne se passaient pas le mieux du monde, je me disais : « oui, mais elle est enceinte ». Et bien, oui, j’en suis consciente, de ma chance. Et j’avoue que je préfère vivre tout ça à ne pas être enceinte. Oui. Je ne me plains pas, d’ailleurs, de mon premier trimestre. J’en chie, c’est tout, et je le dis. D’ailleurs, si je n’ai pas fait d’articles avant, c’est surtout parce que je ne pouvais pas écrire d’articles tout court.

Au quotidien, je tourne ma situation en dérision, car je préfère en rire que gémir. Mais, je voulais juste dire à toutes celles qui l’ont vécu : je comprends. Et encore, je ne suis ni alitée (même si pendant deux semaines, ça a été dur), ni hospitalisée. Certaines femmes vivent cela bien plus mal, avec une grosse perte de poids, et un risque pour la santé.

J’avoue que j’ai tout de même hâte de pouvoir retrouver une vie à peu près normale (c’est à dire manger normalement, me coucher à une heure décente, pouvoir aller au restaurant et sortir, pouvoir travailler normalement…). Je pense que cela devrait le faire, car je sens que mes malaises diminuent, mais c’est long.

Et bien entendu, j’ose espérer que tout ira bien demain après-midi. Je voulais faire cet article avant. Car en cas de mauvaise nouvelle, je n’aurais pas eu la force de l’écrire. Et ça me tenait à coeur car c’est ma vie.

En conclusion, j’aimerai juste préciser que quand tu passes par un parcours d’infertilité, quel qu’il soit, tu es marquée à vie. J’ai deux exemples en tête.

Le premier, c’est que je conditionne tout à l’écho des 12 SA. Je dis tout le temps, « si tout va bien », quand j’évoque la grossesse, j’ai du mal à parler de ce qui se passe en dedans de moi en l’appelant Victoire, comme je l’avais décidé, ou plus simplement « le bébé ». Je touche tout le temps du bois ou ma tête, dès que je parle de l’avenir.

Le deuxième, c’est le sentiment étrange que j’ai ressenti ce matin. Une amie de travail que j’ai croisée m’a annoncé sa grossesse (environ 2 ou 3 semaines de moins que moi). Elle me l’a annoncé parce qu’elle connaît mon parcours, et qu’elle y est sensible, elle ne l’a dit à presque personne, mais souhaitait me le dire à moi. Je sais qu’elle est sensible à mon vécu car elle craignait ce même vécu pour elle, ses parents ayant eux-même eu beaucoup de mal à l’avoir (ils ont eu un long parcours d’infertilité et avaient fini par renoncer… et elle est arrivée… je sais, je sais, c’est nul comme histoire…). J’ai été franchement très heureuse pour elle. En fait, elle n’a pas eu besoin de me le dire, j’ai un radar. Elle ma dit : « j’ai un truc à te dire ». Moi : « T’es enceinte ?! ». 3 ans d’infertilité, ça marque. Et donc, même si je suis sincèrement très heureuse pour elle, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire : « Merde, elle arrête la pilule et bim, ça marche, sans rien calculer ». Et j’ai pensé à vous tous et toutes, qui êtes encore dans l’attente. Et, même si je me réjouis sincèrement pour mon amie, ça m’a fait mal.

#Article de PB – Ames sensibles s’abstenir

J’ai longtemps hésité avant de venir me plaindre sur mon blog. Peur que ça me porte malheur, peur de blesser mes amies PMettes qui galèrent… Et puis, c’est mon blog avant tout et je ne force personne à me lire, encore moins à commenter. Alors… let’s go.

Depuis l’annonce, j’angoisse. A mort. Peur de la fausse couche. Oui, je sais, je n’ai pas d’antécédents, mais si, quand même. J’ai un petit utérus et ma grand-mère, qui avait le même utérus, a fait plusieurs fausses couches (merci Mémé, je me serai bien passée de cet héritage). Je fais des trucs de psychopathes : genre, je vais lire sur le net des témoignages de fausse couches, pour voir à peu près quand ça arrive, comment… une chose est sûre, ça peut arriver n’importe quand. Et tu peux t’en apercevoir, soit à l’écho, soit en ayant de violentes pertes de sang. Et le fait d’avoir des symptômes ne veut pas du tout dire que tout va bien, car les symptômes peuvent rester trèèèèès longtemps présents. Du coup, je suis dans l’angoisse. C’est quand même drôle. Avant, quand une PMette décrochait son billet, je me disais « tout va bien aller pour elle, c’est sûr » et je me demandais pourquoi elle était si angoissée. Maintenant, j’angoisse à l’idée de perdre ce que je suis en train de toucher du doigt. Brad, pragmatique, me dit : « et s’il arrive quelque chose, alors ? On recommencera, voilà tout ». Ah oui. D’accord Chéwi. Ca paraît simple vu comme ça.

Depuis l’annonce, je suis malade. A en crever. Rien ne me soulage. Je vomis 1 à 2 fois par jour, exclusivement de la bile, et je ne me console pas en perdant du poids car le seul remède un tout petit peu efficace que j’ai trouvé, c’est de boulotter tout le temps. Je mange non stop. Et comme la plupart des aliments (dont les fruits et légumes, pas de chance) me dégoûtent, je mange des choses très bonnes pour la ligne : Yop et Candyup (vive la régression), pain de mie avec Kiri ou fromage frais à tartiner, biscottes, gâteaux. Récemment, je me suis mise à a soupe et aux bouillons.

L’homéopathie ne me soulage pas, pas plus que le Dompéridone ou les gélules de gingembre. Hier, j’ai testé l’acupuncture et après, je n’ai pas vomi (ni cette nuit, youpi !). Brad est parti me chercher un bracelet d’acupression sur les bon conseils de Miliette. Je doute, mais je teste TOUT.

Je me trimballe dans toute la maison avec mon saladier à dégueulis. Je bosse à moitié de chez moi, et dix fois moins qu’avant.

Depuis l’annonce, je ne dors plus. Je m’endors très tôt et les nausées me réveillent entre 1h et 5h du matin. Je migre dans le salon, et commencent la série de vomito. Je regarde des films, des documentaires, parfois je me rendors, ou je mange. Bref, j’ai une vie nocturne très active.

Depuis l’annonce, j’ai dis stop au sexe. Incompatible avec les nausées. Brad n’insiste pas, je crois qu’il a secrètement peur de faire du mal à notre petite Victoire. Victoire, c’est le nom que je lui donne, à ce petit rien dans mon bidon, pour lui donner envie de s’accrocher. De rester là.

Depuis l’annonce,  je ne réalise pas. Je me protège. J’ai peur d’une sacrée mauvaise nouvelle à la prochaine écho. J’essaie de ne pas y penser.

En me relisant, j’ai l’air désespérée. Je ne suis pas si angoissée que ça. Mais parfois si. Alors si exprimer mes angoisses peut m’aider, je le fais.