Bref, j’ai eu mon rendez-vous avec mon député + EDIT

Que je vous raconte un peu. Je suis pas peu fière de vous dire qu’en réalité, je ne stressais pas tant que ça (alors qu’il y a 5 ans, je me serai probablement pissée dessus au sens littéral du terme). Sûrement parce que je savais que j’avais rendez-vous avec la collaboratrice parlementaire de mon député et non mon député lui-même, qui est une petite célébrité locale.

Notre rendez-vous a duré un peu plus d’une heure. J’ai expliqué à cette collaboratrice, très intéressée par le sujet ce qu’était un couple infertile, les difficultés rencontrées au travail par les couples engagés dans un parcours PMA, en prenant des exemples de vous, mes chères copinautes. J’ai décris ce que l’on souhaitait (le vote de l’amendement 301bis, son élargissement aux hommes, mais également aller plus loin en créant un véritable statut protecteur au sein de l’entreprise des personnes engagées dans un tel parcours, ou à tout le moins s’en rapprocher le plus possible). J’ai mis l’accent sur les enjeux environnementaux et leurs impact sur la fertilité. J’ai avancé quelques arguments, qui m’avaient été soufflés par BAMP!, que je remercie (accroître les chances de succès et donc diminuer le coût de la PMA pour la Sécurité sociale en instaurant une politique de dialogue et un statut protecteur dans l’entreprise, l’impact sur le système intergénérationnel et donc sur les retraites, oui je suis allée loin).

Mais je pense avoir convaincu. La suite du rendez-vous a été une véritable discussion. Mon interlocutrice a été choquée d’apprendre qu’un couple sur 6 est infertile. Je l’ai répété maintes fois au cours de l’entretien.

La suite, c’est quoi ? Elle a envie de nous aider. Elle va donc contacter la personne sur Paris du parti en question qui s’occupe des questions santé, voir si un projet est déjà entamé en ce sens, auquel cas, mon député l’appuiera. Si tel n’était pas le cas, à nous de proposer quelque chose à soumettre lors des discussions à l’Assemblée, suivant le mode d’adoption de la loi (tout dépend si la commission mixte paritaire arrive à un accord ou non, j’imagine). Dans tous les cas, elle me tient au courant.

Mon sentiment ? Je reste réaliste : même si on fait indéniablement avancer les choses, il est possible que nos efforts ne paient pas. Mais nous auront sensibilisé un maximum de personnes et la prochaine fois sera peut-être la bonne. Sauf que là, j’y crois. La collaboratrice de mon député a eu l’air très intéressée par le projet et va nous soutenir. Seulement, elle m’a également indiqué qu’il faut continuer la lutte : contacter les députés de tous bords dans toutes les régions.

Dernière chose : l’Assemblée Générale de BAMP! se tiendra le 28 novembre à Caen. Personnellement, m’y rendre serait assez onéreux compte tenu des péages et tout et tout, du fait qu’il faut que je me prenne l’hôtel, etc. Bref, si des gens étaient cependant intéressés pour faire du co-voiturage, cela réduirait le coût et je pourrais peut-être l’envisager. Donc, si vous habitez le Sud-Ouest et que vous êtes intéressés, faites moi signe.

EDIT du jour : J’ai eu un retour, j’ai eu un retour !!!! (en mode euphorique). C’est assez complexe à expliquer (parce que le mode d’adoption d’une loi est super tendue pour les non initiés et d’ailleurs pour les initiés aussi), mais en gros, on a retenu l’attention d’un groupe politique, et ça, c’est extra. Ils sont super emballés par les propositions du collectif BAMP! et vont tout faire pour que ça bouge là-haut, à l’Assemblée. Mais bien sûr tout est un peu plus compliqué qu’il n’y paraît. Je me suis portée volontaire pour collaborer, bien entendu, et je tiens informé le collectif BAMP! grâce au travail duquel notre voix à nous, infertiles, a enfin été entendu. Merci BAMP!, merci les Dames du Bureau, et merci pour vos encouragements qui m’ont porté. Je continue cependant, tout ne fait que commencer, rien n’est fini.

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Prendre rendez-vous avec son député

En ce moment même, un projet de loi est en discussion au sein de l’Assemblée nationale. Un projet de loi qui nous concerne, nous, infertiles. Qui serait susceptible d’améliorer les conditions de travail de certains d’entre nous. Qui permettrait de lever un peu plus le tabou sur l’infertilité, du moins au sein de la sphère professionnelle.

Les sénateurs ont commencé le travail : ils ont voté un  amendement pour faciliter la vie des salariées qui sont en parcours PMA. Maintenant, non seulement il faut que cet amendement soit voté avec le projet de loi de modernisation du système de santé en décembre prochain, mais en plus, il faut continuer la lutte.

Cet amendement ne suffit pas : il ne concerne pas les hommes, qui, eux, n’ont aucun régime d’autorisation d’absence alors que leur présence est exigée par la loi à chaque transfert d’embryon, et également exigée par la force des choses en cas de ponction.

Parallèlement, toujours en ce moment même, sur la blogo PMesque, je vois des gens qui se déchirent. Un fossé qui se creuse entre celles qui sont maman et celles qui ne le sont pas. Des règlements de compte publics qui n’ont pas lieu d’être (un peu de retenue, que diable !). Des personnes qui se sentent blessées et touchées par les écrits des autres. Beaucoup d’encre a coulé ces derniers temps sur les maladresses des uns et des autres.

Je ne juge personne et ne blâme personne. Je voudrai simplement faire remarquer qu’au lieu de mettre notre énergie et notre temps à écrire des commentaires parfois blessants ou à régler nos compte par blogs interposés, nous pourrions mettre cette énergie au service de la cause des infertiles qui nous concerne tous et écrire une lettre à notre député et/ou lui demander un rendez-vous pour qu’il porte notre parole au sein de l’Assemblée nationale.

N’oublions pas que notre député est celui qui nous représente. C’est celui qui porte notre voix. S’il ne connait pas notre position sur la PMA, comment pourrait-il défendre au mieux nos intérêts ?

Nous pouvons donc faire avancer les choses. Ensemble. Réunir nos initiatives individuelles pour avancer.

Vous n’avez pas le temps ou vous ne vous sentez pas de rencontrer un attaché parlementaire ? Vous pouvez vous contenter d’écrire à votre député. Croyez-moi, son courrier est lu. Et c’est déjà énorme.

Vous ne savez pas quoi demander à votre député ? Plume (que je remercie) a écrit un modèle de lettre, que vous pouvez adapter : ici. Vous pouvez également copier/coller le mien, en l’adaptant à votre parcours ou votre personnalité.

Le collectif BAMP! et ses drôles de dames du Bureau ont également résumé sur un document de travail l’ensemble des points à aborder lors d’un éventuel rendez-vous et se tient à votre disposition pour vous l’envoyer, bien évidemment. On peut les remercier pour ce travail titanesque effectué.

En ce qui me concerne, j’ai décidé d’agir. J’ai écris à mon député, en mon nom (le vrai de vrai) :

« Monsieur le Député, 
Je me permets de vous écrire en ma qualité d’adhérente à l’association Collectif BAMP!, association qui oeuvre quotidiennement pour une meilleure prise en charge des couples souffrant d’infertilité. 
Je souhaiterais vous entretenir du sujet de l’infertilité et du vécu des parcours de PMA (procréation médicalement assistée) dans le cadre de la loi de rénovation santé, actuellement en débat à l’Assemblée.
Vous le savez peut-être, l’infertilité est une sorte de nouveau fléau des temps modernes qui touche aujourd’hui pas moins d’un couple sur 6. 
Les parcours PMA vécus, subis par ces couples pour peut-être un jour avoir un enfant (mais pas toujours, un couple sur 2 sort de PMA sans enfant), sont souvent longs, toujours extrêmement contraignants. 
Récemment, un groupe de sénateur s’est mobilisé pour voter un amendement allant vers une avancée dans les conditions de vie des salariés impliqués dans un tel parcours. 
Cet amendement vise à introduire un régime d’autorisation d’absence pour les femmes engagées dans un parcours PMA. 
Cet amendement, s’il est significatif de la prise en considération de la problématique de l’infertilité au sein de l’entreprise et constitue pour cette raison une avancée non négligeable dont je ne peux que me réjouir, il ne paraît cependant pas suffisant. 
Pour quelles raisons ? 
Il y en a plusieurs, et je peux vous en donner un petit aperçu. 
Tout d’abord, parce que l’infertilité touche un couple, non seulement une femme. Certes, la femme subit les traitements, les échographies de contrôle, l’insémination, la ponction ou un transfert d’embryon, mais l’homme aussi a son lot de contraintes. Si l’infertilité est masculine, des opérations sont souvent nécessaires avant tout traitement, les consultations chez les plus grands spécialistes se font toujours en couple, et l’homme a l’obligation LEGALE d’être présent lors d’un transfert d’embryon, a fortiori lors d’une ponction, pour le recueil de gamètes. 
Il serait par conséquent logique que le régime d’autorisation d’absences des salariés au sein de l’entreprise soit étendu aux hommes et ne concerne pas seulement les femmes. 
Ensuite, parce qu’un tel régime ne peut aller sans une interdiction de tout traitement ou comportement de défaveur au motif qu’une personne est engagée dans un parcours PMA. Si nous pouvons nous absenter, nous devons également être certains que ces absences ne nuiront pas à notre carrière professionnelle, à une possible à embauche ou pourrait constituer un motif détourné de licenciement. 
Bref, un parcours PMA est déjà en lui-même un sacré handicap social, n’en faisons pas non plus un handicap professionnel. 
L’infertilité et le long parcours menant (ou pas) jusqu’à un enfant a forcément un impact sur le travail. 
Et je me sens d’autant plus concernée que je suis infertile et que j’ai pu souffrir de ne pouvoir en parler à mes anciens employeurs. 
…..de profession, j’exerçais pourtant auprès (mes anciens employeurs) très tolérants et très ouverts, mais le manque de protection en la matière m’empêchait de leur révéler la véritable cause de mes absences et de mes hospitalisations. 
L’association Collectif BAMP! oeuvre depuis plusieurs années maintenant pour améliorer les conditions de vie des couples infertiles, dont je fais partie. 
La loi rénovation santé est une occasion pour que des avancées juridiques puissent avoir lieu en la matière. 
Vous trouverez en pièce jointe un document de travail réalisé par l’association Collectif BAMP! pour présenter les éléments juridiques qui pourraient permettre d’envisager une modification des lois en faveur d’une meilleure protection des couples en parcours d’Assistance Médicale à la Procréation.
Afin de me permettre de vous présenter en détail l’objet de la demande de l’association pour une meilleure protection juridique des couples engagés dans un parcours PMA, j’ai l’honneur de solliciter un entretien.
 Je reste à votre disposition pour une prochaine proposition de rendez-vous au numéro suivant : ……………. , par mail : …….ou par courrier à l’adresse suivante : …….
En vous remerciant de l’attention que vous porterez à la présente demande, je vous prie de croire, Monsieur le Député, en l’expression de mes respectueuses salutations. » 

Et il m’a accordé un rendez-vous.

Bref, j’ai rendez-vous avec mon député. Et j’ai la trouille.

J’enrage + ÉDIT

Je suis actuellement dans une voiture de location (oui, la journée a été rude) pour me rendre dans la maison de vacances de mes beaux parents pour un week end soldesque. Et comme à notre habitude, nous écoutons Brigitte La Haie en podcast (oui, on est des obsédés mais on assume) (ça, ça devrait me ramener un tas de followers…).
J’ai lancé le podcast du 2 ou 3 février avec pour thème l’infertilité (pour une fois qu’on en parle !). Et là, stupeur. Alors que je trouve que Brigitte a vraiment souvent raison, le début de l’émission me déçoit terriblement. En effet, paraît-il que l’infertilité a souvent une cause… Psychologique. Oui, oui.
C’est ce que dit en substance le psy.
Mieux, c’est ce que confirme un auditeur soit disant infertile ! My God. On touche le fond avec son témoignage… Ce Monsieur a fait deux IAC apres 3 ans de rapports sans succès… Et se plaint de ne pas avoir eu d’aide psy ! J’ai eu envie de lui répondre que dans tous centre PMA des psy sont à notre écoute, quel que soit notre parcours… Bref. Ce monsieur est ensuite parti en vacances avec sa compagne et BIM, un bébé naturel. Mesdames, partez donc en vacances pour avoir un bébé. Qu’est ce que vous attendez ???

Je suis en train d’écouter le reste de l’émission et je suis effarée par les réflexions du psy… J’ai juste envie d’appeler pour faire entendre ma voix, mais merdouille, j’écoute un podcast et non en direct… Je crois que je vais devoir écrire à Brigitte, des que j’aurai un peu de temps.

Nan mais oh !

Quand l’infertilité provient d’un problème masculin, c’est dans la tête aussi ?

ÉDIT : suite de l’émission. On touche le fond du fond. La nana ose donner des leçons : « il faut lâcher du leste ». Cette nana a essayé un an et demi naturellement sans succès. Elle en parle a son généraliste qui l’ausculte (moi perso , mon généraliste, quand il m’ausculte, il me prend juste la tension et regarde le fond de ma gorge) et lui dit : « Tout me parait normal (??? Comment tu peux savoir ?), vous devriez partir en vacances ou organiser une fete ». La nana rentre chez elle et hop, un mois après, elle est enceinte.
Morale de l’histoire : va voir ton généraliste, tu auras plus de chance qu’en PMA. C’est surfait la PMA.

La boutique des Idées Fertiles

Il y a peu, notre; amie Miliette a eu la brillante idée tout droit sortie de sa tête d’agir pour faire avancer la parole des infertiles et la communication. Elle a donc réfléchi à une idée pour donner un peu à BAMP!, l’association qui œuvre en ce sens, et a créé le concept de la Boutique des Idées fertiles, que vous pouvez retrouver en cliquant ici.

Le concept est simple : il s’agit pour les personnes douées de leurs petites mains qui le souhaitent de donner une création et de l’envoyer à ses frais au futur acheteur. L’idée est de privilégier les objets légers et pas trop gros, pour éviter que les créateurs ne se ruinent en frais de port.

Cette boutique a dépassé les attentes de Miliette, à tel point qu’elle a dû s’adjoindre deux administratrices supplémentaires pour gérer le site (votre serviteur et Pmavie), pour ne pas être débordée. Non seulement la Boutique a reçu de nombreuses créations en très peu de temps, en don, mais en plus, les acheteuses (infertiles ou non) sont au rendez-vous !

A ce jour, et depuis environ 3 semaines d’ouverture, la boutique a atteint le seuil des 100 € de dons ! Sans déc. 100 € !!!

Alors, pour ne pas décourager les éventuelles créatrices, et aussi pour remercier nos créatrices qui nous proposent quasiment chaque jour de nouveaux produits, nous avons réfléchi ensemble à une sorte de défraiement pour les frais de port payés par les créatrices. Et pour le temps passé.

Au bout de 10 ventes, chaque créatrice aura la possibilité de s’offrir un ou plusieurs objets de la boutique, dans la limite de 10 €. Ou au bout de 20 ventes, 20 € (si elle convoite un objet plus cher).

Donc, si vous souhaitez proposer vos créations ou d’autres services à la Boutique, ce sera avec plaisir et ce sera à l’adresse suivante : laboutiquedesideesfertiles@gmail.com

Quant à moi, puisque je peux difficilement donner ma tarte au citron, je vais apprendre la semaine prochaine à confectionner des petites choses ! Oui oui oui ! Il faudra cependant être indulgent…

Beaucoup de personnes participent à cette action et c’est la somme des petites actions individuelles qui font aujourd’hui le succès de cette entreprise. Par exemple, La Reine et Zigzag ou Keepcalm (je crois, rectifiez moi si c’est pas correct) ont œuvré pour le côté marketing du site en faisant la promotion et en nous créant un superbe logo :

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Alors, à vos crayons, ciseaux et tricots ! N’hésitez pas à nous proposer vos créations… ou à acheter 😀

J’ai honte, mais j’ai honte…

Ce matin, je me préparais une belle journée. D’abord, une grasse matinée jusqu’à 8h30, puis prendre sa matinée (je bosse la nuit de dimanche, alors je peux bien me prendre une matinée hein) pour faire les courses incontournables de fruits, aller récupérer mes  lentilles bi-hebdomadaires, les essayer, voir qu’elles sont hyper confortables et assurément me rendent encore plus canon (c’est dire).

Sauf que sur le chemin, en rentrant, comme j’ai la mauvaise habitude d’écouter France info en semaine, (le week-end, je déconnecte), j’entends… une bombe.

Manuel Valls, pour ne pas le citer, annonce, à deux jours de la « Manif pour tous » que la GPA restera interdite en France. Je bondis. Comme s’il voulait prévenir un incident imminent, calmer les ardeurs des manifestants. Autant te dire que moi et mon utérus « défectueux », impropre à accueillir de beaux embryons, qui avons bien entendu pensé à la GPA comme mode alternatif de reproduction, ça nous fait bondir.

Mais boréal de merde, nous avons un gouvernement de couilles molles. Excusez ma vulgarité. Alors qu’une des promesses était d’autoriser la pratique de la Gestation pour autrui en France, en l’encadrant au besoin, comme c’est le cas à l’étranger, nous faisons trois pas en arrière avec un gouvernement qui PROHIBE la GPA. Putain, mais j’ai pas voté pour un gouvernement de droite, moi !

Monsieur le Premier ministre va même encore plus loin, en annonçant que la France « entend promouvoir une initiative internationale qui pourrait aboutir, par exemple, à ce que les pays qui autorisent la GPA n’accordent pas le bénéfice de ce mode de procréation aux ressortissants des pays qui l’interdisent ». 

Franchement, j’ai cru que c’était une blague. Mais non.

Une telle position (et ça n’engage que moi) est proprement scandaleuse, et ce, à plusieurs égards.

Tout d’abord, juridiquement, c’est contra legem. En effet, je ne sais pas si tu es au courant, mais il y a peu, la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a condamné la France qui refuse de reconnaître les liens de filiation d’un enfant issu d’une mère porteuse étrangère mais dont les parents dits biologiques sont Français. Au nom du respect à la vie privée. Or, les normes européennes prévalent sur les normes nationales. C’est la hiérarchie des normes qu’on apprend en première année de droit (putain, mais d’où il sort notre Premier Ministre ? je pensais qu’on savait ça moi en accédant à Matignon…).

Autrement dit, en interdisant le recours en France à la GPA, et mieux encore, en interdisant ses ressortissants français à y avoir recours, et en refusant aux enfants nés d’une GPA tout statut juridique en France, on va à l’encontre de la Convention européenne des Droits de l’homme et des Libertés fondamentales.

Par la même occasion, on oblige tous les couples hétéro et homo pour lesquels le désir d’enfant est trop fort à recourir à la GPA à l’étranger, voir à fuir la France. Manuel Valls n’ira cependant pas jusqu’à mettre ces couples qui y ont recours à la GPA à l’étranger en prison, comme le prône le député UMP Jean Leonetti. Me voilà rassurée.

Quant à ce que les pays étrangers refusent le recours à la GPA aux ressortissants de pays interdisant cette pratique, outre le fait que ce soit contra legem, notre cher Premier Ministre n’est pas rendu. Une telle initiative internationale ne peut se faire que par de multiples conventions bilatérales qui mettent des années à être rédigées puis ratifiées… bref, au bas mot, il en a pour 20 ou 30 ans.

Ce qui est ensuite scandaleux, c’est l’amalgame que l’on fait entre GPA et couples homosexuels. Alors oui, si la GPA est autorisée, il est clair que les couples gays masculins pourront y avoir recours. Ce serait d’ailleurs en toute justice puisqu’à ce jour, si un couple gays féminins veut tomber enceinte, il le peut par une  IAD à l’étranger.

Toutefois, les couples hétérosexuels aussi pourront y avoir recours. Notamment les couples hétérosexuels qui, pour une raison ou une autre, ont des gamètes qui fusionnent, se fécondent, mais qui n’accrochent pas à l’utérus de la dame (comme moi quoi). Alors penser que GPA = couples homosexuels, ce n’est pas juste, et pas conforme à la réalité, à notre réalité.

Enfin, ce qui est scandaleux, c’est l’amalgame que font les journalistes entre PMA, GPA et couples homosexuels. J’ai entendu, toujours à la radio, une chaîne super sérieuse citée plus haut, que « la PMA ne sera pas autorisée en France ». Ah bon ? On m’aurait menti ? Notre parcours, mes deux FIV, mes quatre TEC, nos stimulations simples, toussa toussa, en fait, c’était interdit ?

Bref, j’ai honte, j’ai honte de vivre dans un pays où le gouvernement n’est pas sensibilisé à ces questions de procréation médicalement assistée, où il ne cherche pas à savoir ni à recueillir l’avis des spécialistes. J’ai alerté Brad sur la position du gouvernement, Brad dont la réaction m’a soulagée. Il déteste tout ce qui touche à la politique, contrairement à moi. Quand je l’ai alerté par texto, il était très au fait de toute cette actualité alors que c’est sorti il y a à peine quelques heures et en savait autant que moi. Il a eu même des mots très vulgaires pour Manuel Valls. Je l’adore ❤

Je n’ai pas l’habitude de parler politique sur ce blog, mais je vais le faire, et je l’assume. Je suis de gauche. Si j’habitais aux Etats-Unis, je serai une démocrate. Mais aujourd’hui, (enfin depuis deux ans maintenant), je ne reconnais pas les idées pour lesquelles j’ai votées. Et j’ai honte.

Pour calmer mon énervement, je suis allée bosser en vélo. 20 minutes à pédaler, ça défoule. J’ai doublé deux vélos, alors que d’habitude, on me double, c’est dire. Et j’en ai profité pour prendre une décision. Jusqu’à présent, j’étais une simple adhérente de BAMP, juste par manque de temps (je bosse pratiquement tout le temps, et quand je bosse pas, les courses et le ménage ne se font pas tout seul, même si Brad en fait aussi). Et bien, les événements d’aujourd’hui m’ont convaincu de prendre un peu de temps pour m’investir un peu plus. Je ne sais pas encore de quelle manière, mais je suis sure que je vais trouver.