Le 101ème

Quelle ne fut pas ma surprise de constater, il y a quelques jours que WordPress me félicitait d’avoir publié mon 100ème article. Ma première réaction fut de me dire que WP avait vraiment la tête dans le cul ou un peu trop fait la fiesta la veille. Jusqu’à ce que les copinautes s’amusent à commenter mon article… Vous m’avez bien fait rire… Mon « M » ne voulait rien dire, c’est juste mon téléphone qui a écrit tout seul cet article, dans ma poche (oui, je sais, je suis formidable). J’ai cependant adoré vos trips, surtout toi Fivplus4, bravo, s’il y avait un prix du commentaire le plus chelou, je crois que tu le gagnerais haut la main.

Du coup, j’en profite un peu pour vraiment réfléchir à mon blog. Rien à voir avec les récents évènements, je tiens à le dire. Cet article, ça fait déjà bien quelques jours/semaines que je le prépare. Peut-être les évènements tragiques des derniers jours ont renforcé mon besoin d’écrire, ça oui.

Réfléchir à l’avenir de ce blog, mais pourquoi ? Parce que j’ai écris 100 articles, et qu’une page se tourne. J’ai ouvert ce blog alors que je galérais à tomber enceinte, parce que je suis un profil « atypique » de PMette (entre la pompe, les FIV avec des J5 plus beaux les uns que les autres qui ne s’accrochent pas, malgré 6 transferts et 8 J5, la trompe bouchée, etc) et que je ne trouvais aucune information sur le net sur mon « cas », que je me disais que je ne devais pas être la seule… et puis ce blog s’est transformé en exutoire. Et aussi m’a permis d’échanger avec d’autres PMettes et même des C1 ou des non PMettes sensibles à l’infertilité. J’ai fais des rencontres virtuelles merveilleuses (coucou vous) et une seule rencontre réelle encore plus merveilleuse (coucou toi). J’ai continué à partager mon aventure avec mes amies bien réelles de toujours (coucou ma Scrib et ma Flo). Aujourd’hui, le but ultime a été atteint. Une page de PMA se tourne, donc. Mais mon aventure à moi continue, peut-être même avec la PMA. Mais cette peur plus forte que tout, ce sentiment de peut-être ne jamais devenir maman ne sera plus jamais là.

Et c’est ce sentiment là qui m’a fait ouvrir ce blog. Cette souffrance terrible de me dire… peut-être que non, je n’aurai jamais d’enfant. Ce sentiment là est définitivement derrière moi et donc, même si je galère par la suite à avoir un (autre) enfant, même si la PMA n’est peut-être pas derrière moi, je ne ressentirai plus jamais cette souffrance de ne pas connaître la maternité.

Pour cette raison, et après beaucoup beaucoup de réflexion, j’ai décidé d’aller conter fleurette ailleurs. Sur la suite de ma vie trépidante, sans me censurer. Sur ma vie avec Petit bout, sur notre vie à tous, sur mes angoisses, mes joies, mes peines, et probablement sur notre parcours pour avoir un deuxième. PMA ou pas.

La suite des aventures, c’est par là :

https://ilssemarierenteteurent1enfant.wordpress.com/

Privilèges et devenir du blog

Cela fait des semaines que j’aimerais vous parler de Petit Bout, que je commence des articles et ne les finit pas. C’est clair, je n’y arrive pas. Oui, je pourrais vous parler de lui, individuellement, durant des heures, mais faire un article sur mon petit garçon, je ne sais pas, je n’y arrive pas. Petit Bout est un chouette petit garçon, pas forcément sage mais tellement trop mignon, point barre. Pour en savoir plus, venez nous voir. Ou abonnez-vous à mon compte twitter (@marivaloose) que j’ai créé sur la pression de La Reine et de La Chouette (et que je suis accro maintenant, c’est vraiment malin, j’ai envie de mettre des # partout, au s’couuuurs).

Du coup, si je ne parle pas trop de mon amour démesuré pour ma progéniture, de quoi vais-je vous parler à l’avenir, puisque j’ai décidé de maintenir ce blog ? Et bien, comme d’hab : de moi (j’aime trop parler de moi). De ma vie trépidante (faudra vous en contenter), de mes sentiments, de ce qui me passe par la tête, de mes bitchages sur BS (j’en ai un gros, là, faudra même peut-être que je le fasse en privé), ou de mes bitchages tout court, de nos futurs essais pour redevenir parents, aussi, pourquoi pas. Et je vais commencer maintenant (à parler, pas de nos essais, faut suivre un peu !).

Comme je le disais à deux de mes lectrices assidues, je me sens clairement PRIVILEGIEE. Tellement que j’en suis ivre de bonheur (enfin, presque. En parlant d’être ivre, je recommence doucement à picoler, et je suis super déçue : comme je prend soin de ne boire qu’un verre et jamais à jeun, l’alcool ne me fait aucun effet, à part la délicieuse sensation de boire un verre de rosé frais ou une bonne bière, ce qui est déjà pas mal… bref, je ferme la parenthèse, où en étais-je ?). Je me sens et suis privilégiée. Privilégiée en premier lieu parce que je tiens, après 3 années d’infertilité et des médecins dubitatifs sur notre « cas », ma progéniture dans mes bras. Enorme privilège. Tout le monde n’a pas cette chance, et j’ai bien cru passer à côté.

Privilégiée en deuxième lieu parce que ma grossesse a peut-être été fort désagréable (nausées et vomissements tout le long, fatigue intense durant 9 mois, et j’en passe, écho des 12 SA déroutante et inquiétante), elle s’est plutôt bien passée médicalement parlant : pas de phlébite (ma hantise), pas de poche des eaux qui fuit (ma deuxième hantise, j’ai même appelé une fois ma maternité pour m’en assurer, haem), pas d’alitement, et surtout, pas de menace d’accouchement prématurée (MAP). Avec un accouchement de rêve, en prime. Tout ne se passe pas forcément aussi bien. Il y a des MAP très stressantes (et je pense forcément à notre amie Zabou, vers qui vont toutes mes pensées, mais aussi à mon amie M., qui a vécu une grossesse juste horrible).

En troisième et dernier lieu, je me sens privilégiée car aujourd’hui, je tiens dans mes bras un petit garçon en pleine forme (c’est rien de le dire). Pas de malformations malgré une suspicion à l’écho des 12 SA (je ne remercierai jamais assez Ptbichon d’avoir su trouver les mots, à ce moment là).

Quand nos voisins, un jeune couple d’une trentaine d’années tout juste, nous ont annoncé leur grossesse, nous étions très contents en pensant que ça ferait un petit copain/copine pour notre Petit bout. Toutefois, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un pincement au coeur à propos de cette grossesse « facile » (en C1 ou C2), alors que ce sont des gens vraiment bien, qu’on apprend à connaître de jour en jour (ils viennent d’emménager). Et puis, lui, angoissait beaucoup pour l’écho des 12 SA… et puis, à cette écho, ils n’ont « pas bien vu » l’une des mains. D’écho en écho, au final, il s’avère que leur petit bonhomme possède une main sans les trois doigts du milieu. On en discutait l’autre jour, et ils sont très heureux que ce ne soit « que » ça, qu’il n’y ait pas une malformation plus importante voire une maladie. N’empêche, tu veux forcément que ton gosse soit parfait, et savoir à l’avance qu’il lui manque trois doigts, ben, moi, ça me ferait chier. C’est con, hein ? Eux aussi, je pense que ça les fait chier, mais ils sont avant tout hyper contents que le bébé aille bien et toujours aussi enthousiaste de sa venue au monde. On leur a dit qu’on était aussi très contents pour eux (on va pas enfoncer le clou non plus), et c’est vrai, mais je suis aussi admirative de leur comportement. Et je me dis que ce n’est pas parce que eux n’ont pas galéré avant que tout est tout rose pour autant, ou que tout est facile. Rien n’est jamais facile.

Je suis cependant très heureuse que Petit bout puisse avoir un copain du même âge ou presque plus tard. Mais je crois que je ne manquerai pas de lui inculquer certaines valeurs, et notamment l’idée que le monde n’est jamais parfait, n’est jamais tout beau, ainsi que la tolérance et la solidarité, toutes ces valeurs que j’ai apprises et vécues à travers notre infertilité. Je ne veux pas lui voiler la face et faire comme BS (bitchage en vue !) qui zappe de chaines à la télé lorsqu’il y a des images de guerre qui passent aux info (véridique).

Bref, je voulais simplement faire passer le message : je me sens privilégiée, vraiment. Allez, je retourne parler de Petit bout et me plaindre sur Twitter.

Vis ma vie de MILK (1)

Après avoir dépeint les difficultés de mon nouveau statut (difficultés qui me sont propres, hein, y’a des bébés qui font leurs nuits au bout d’une semaine et qui n’ont jamais de coliques), il faut quand même que je vous dise… il y a des bons côtés à être Maman. Sérieux. Même que je me suis transformée en MILK. Plusieurs indices me font dire ça.

Tu sais donc que tu es une irrécupérable MILK quand :

  • tu te surprends à parler du caca de ton gamin avec ta copine MILK préférée (consistance, couleur, fréquence, la totale bien sûr). Il paraît qu’on dit « selles » d’ailleurs. En parlant de selles (de cheval ?), Petit bout n’est pas qu’un serial téteur. C’est aussi un serial chieur. On l’appelle Lucky Luke avec son père : il chie plus vite que son ombre.
  • tu te dis que l’allaitement c’est fini fini.  D’ailleurs, tu honnis l’allaitement, tu te dis « plus jamais ça », « si j’en ai un deuxième, ce sera direct le biberon ». Tu te prépares (mentalement, uniquement) à préparer le sevrage, et en fait non, tu n’y arrives pas. Je ne suis toujours pas parvenue à acheter le lait artificiel, c’est dire.
  • Tu penses de manière très sérieuse que ton bébé pourrait faire une carrière dans le mannequinat tellement il est beau.
  • Quand il dort (sur le ventre, en plus, bouuuuuuuh) et que tu le sens très immobile, tu le touches avec le doigt pour voir s’il bouge et s’il est toujours vivant. Ca irait si je faisais ça une fois l’an, mais ça m’arrive plusieurs fois par jour.
  • Tu te fais une soirée pizza/bière/film avec ton mec, et que ça te mets en joie, voire que tu es euphorique avec cette soirée. La soirée du siècle.
  • Tu pars deux jours en week-end :  le coffre de la voiture est plein et on dirait que tu pars deux mois au regard de tout ce que tu as emporté pour ton bébé. Par contre, toi, tu as oublié la moitié de tes affaires.
  • Tu entends dans ta tête en boucle : « ah les crococo, les crococo, les crocodiiiiiles, sur le bord du Nil ils sont partis n’en parlons plus ! …. ».
  • Tu restes en pyjama jusqu’à des heures indécentes et l’heure de ta douche a été décalée de 8 heures le matin à 21 heures le soir. Même que ça t’arrives de zapper ta douche.
  • Quand ton bébé dort, ou qu’il te sourit, ou qu’il fait « areuh », tu penses tour à tour : « il est trop beau, j’ai envie de pleurer, il est surdoué et précoce car il fait déjà des sourires et parle ». A ce rythme, dans un mois, il marche (il a un mois et demi actuellement).
  • T’es tellement fatiguée que tu as failli mettre de la crème destinée à hydrater tes tétons (rapport à l’allaitement) sur les fesses de ton bébé. Et ça te fais marrer.

Non, ce n’est pas QUE du bonheur !

Prologue : si j’avais lu cet article avant de tomber enceinte, ou même enceinte, je me serai maudite moi-même. Alors, oui, je suis consciente de ma chance extraordinaire d’avoir un enfant, surtout de la manière dont il est arrivé dans nos vies, je remercie chaque jour la vie de ce cadeau magnifique qu’elle m’a donné (car Petit bout est en bonne santé, normalement formé et formidablement beau)… mais j’aimerai aussi parler de ce dont on ne parle pas assez, parce qu’au final, « ce n’est pas que du bonheur ». 

NON, l’arrivée d’un enfant ce n’est pas tout rose. Et pourtant, j’étais prévenue, entre ma frangine qui a fait une dépression post partum et mes copines qui ne m’avaient rien caché de difficultés à élever un enfant. Je comprends mieux les dépressions post partum de celles qui s’idéalisaient la maternité.

NON, je ne fais pas une dépression post partum (ouf). Même pas un vrai baby blues (pour le moment). En revanche, Brad, si. Et c’est pas une blague. Au moment de reprendre le boulot après 5 semaines à m’épauler, toutes ses angoisses ont resurgi. Brad a la phobie des transports, mais une phobie assez présente, qui, dernièrement, s’était étendue au train. On savait qu’il avait quelque chose, mais, n’arrivant pas à décrocher un rendez-vous avec un thérapeute compétent (et c’est pas une blague), on avait laissé un peu le truc en suspens… sauf que les angoisses ont resurgi avec force au moment, pour lui, de reprendre le travail. Comme Brad est conscient de son problème, il a fait le nécessaire. Il est devenu copain de gougoutte de Miliette (en vrai, il est sous anti dépresseur, donc, c’est vachement plus hard que les gougouttes, non ?) et a décroché un rendez-vous chez un thérapeute compétent « qui ne prenait plus de nouveau patient mais bon, vous venez de la part du docteur R. » (qui aurait deviné que les psychiatres ont trop de boulot au point de ne trouver PERSONNE susceptible de prendre en charge Brad ??? Je me suis trompée de job…).

OUI, je suis fa-ti-guée. Et c’est peu dire. Parfois, je pleure en même temps que Petit bout. Ah, on est beaux ! Ou je pleure parce que je suis obligée de manger sur mon gamin. Ou froid. Ou à des heures improbables. Ou parce que je voudrais dormir.

Pourquoi la fatigue ? D’abord, au début, Petit bout ne dormait que sur nous. C’était pratique. Du coup, nous, on ne dormait pas. Ou peu. Maintenant, il dort dans sa nacelle (youpiiiiii) ou dans un lit parapluie sans problème (son petit lit à  est à l’étage et notre chambre en bas, donc, hors de question de le mettre dans sa chambre tant qu’il ne fait pas ses nuits) (oui, en fait, je reviens sur ce que je disais, il ne veut plus dormir dans un grand lit… ). Seulement, Petit bout est un serial téteur. Ouaip. Comprendre : il prend le sein hyperrrrrr souvent. Notamment 3/4 fois la nuit. Parfois, je me demande si mon nichon n’est pas le prolongement de sa bouche. Ou si pour ses deux mois, je lui offrirai pas une tétine en forme de téton. Sérieux.

L’allaitement, parlons-en. Quelle vaste blague. Ok, c’est super cool de donner de bonnes vitamines à ton gamin (en vrai, je regrette rien du tout). Sauf qu’il y a des spécimens comme moi qui ont la peau des seins super sensible (et c’est pas une blague). Conséquences : des crevasses à faire palir ma SF dès la première semaine, des douleurs permanentes aux tétons (oui, oui, aux tétons !) après plusieurs semaines d’allaitement, et ce malgré les diverses crèmes essayées. Des engorgements (oh, ça, c’est encore ce qu’il y a de plus soft). Et des ampoules aux nichons. Oui, oui, oui. des ampoules ! (j’ai voulu essayer la tireuse électrique, je me suis crue dans l’amour est dans le pré et j’y suis allée comme une grosse bourrine). Et un bébé qui tète TOUT LE TEMPS.

Je m’endors, il se réveille, il tète, je lui fais faire son rot, par miracle, j’arrive à le rendormir sans m’endormir moi même, je me rallonge, je m’endors, et 5 minutes après, il se re-réveille pour la prochaine tétée. Aaaaaaaah !

Pourquoi je continue ? Parce qu’en fait, il y a aussi plein d’avantages à allaiter. Si si. Vraiment. Par exemple, tout le monde pense que j’ai fait un régime vu que j’ai retrouvé ma ligne (il me reste 1 ou 2 kilos à perdre pour retrouver mon poids d’avant grossesse) en très peu de temps, et ce alors que je mange encore plus que lorsque j’étais enceinte. C’est grisant, même. Autre exemple : mon ventre est presque redevenu à son état d’antan. Sans effort. Bon, j’ai un petit bidou, mais rien qui pendouille. J’ai dis presque, hein, faut pas déconner non plus.

Autre avantage : certes, tu dors peu à cause de la fréquence des tétées, mais « tu tiens ». Tu sais pas comment (les hormones), mais tu tiens malgré tes 12 heures de sommeil en… une semaine. Et quand tu dors une heure entière, t’as l’impression de faire une nuit complète. Sommeil ultra réparateur, donc.

Et puis, tu donnes plein de bonnes choses à ton mioche en l’allaitant, sans effort (ou presque), sans te ruiner en lait synthétique, et sans vaisselle. Et ça, c’est vraiment pas négligeable. Toutefois, comme il y a trop d’avantages à allaiter, j’attends les deux mois du Petit bout, et j’arrête progressivement. Oui parce que c’est pas tout ça, mais vu comment je suis à bout au bout d’un mois et demi, je vais pas non plus cumuler reprise d’un boulot stressant et allaitement. Je suis pas encore dingue, et j’aimerai qu’une des deux entités de notre couple ait tout de même le moral.

Ce qui est rigolo aussi avec les nouveaux-nés, c’est le sommeil. On s’est grave marré. On continue d’ailleurs. Comme je le disais et que je radote parce que j’ai deux neurones, au début, Petit bout nous prenait pour son lit. Toute la famille nous disait que ce n’était pas normal, patati patata, et tous les professionnels étaient unanimes : « c’est normaaaaaaaaal Mme Marivalou » ! Bon, ok, c’est normal, mais en attendant, je fais quoi, moi, pour lui faire comprendre que je suis pas un matelas ? On a tout essayé. Cocconababy : essayé. Ca a marché deux heures. Vous allez me dire que j’ai ainsi pu dormir deux heures. C’est pas faux.

L’emmaillotage : essayé. Je conseille. Au final, c’est ce qui a le mieux marché, durant plusieurs semaines (au moins 2, c’est dire). Petit bout hurlait, on l’emmaillotait, ça le calmait, on le mettait dans sa nacelle, on le promenait un peu et pfiou, il s’endormait (enfin, c’était pas si facile que cela à chaque coup). Pour emmailloter facilement, je vais faire de la pub, mais je conseille la couverture miracle de Red Castle.

Les positions : sur le dos, sur le côté, sur le ventre. Le seul truc qu’on a pas essayé, c’est le poirier. Mais c’est un peu difficile de le faire tenir. Résultat : il dort sur le dos, mais pas longtemps. En journée, le ventre, c’est super, il dort beaucoup plus longtemps, et, comme il est sujet à des coliques assez fortes, cela le calme (oui, il a toutes les qualités ce Petit bout). Et comme je suis une mère indigne qui ne dort plus, comme il a fait des progrès, j’ai décidé de le faire dormir sur le ventre la nuit aussi. Haaaaaaaaaan. Je sais, c’est pas bien. Première nuit sur le ventre, hier. Dans son lit, avec rien autour, juste le matelas, je le pose en plein milieu. Et je le regarde. Longtemps. Je m’assoupis… je me réveille en sursaut : Petit bout n’a pas bougé d’un poil, il a l’air paisible… un peu trop paisible, non ? Du coup, je le tâte du doigt, pour voir s’il bouge… ouf, il bouge. Conclusion, même s’il se réveille toujours toutes les deux heures à partir de minuit pour manger, la position ventrale me paraît prometteuse pour qu’il fasse ses nuits. Et pour cause ! Il a déjà fait une nuit !!! Ouiiiiii. Cependant, comme c’est un casse bonbon comme sa mère, il s’est gouré dans les heures, et nous a fait un joli 18h-minuit non stop. J’ai quand même cru revivre, faute d’avoir dormi.

Ce qui le calme : le grand air.

J’ai passé tout son premier mois enfermé à l’intérieur pour cause de grosses chaleurs et surtout, je l’avoue, parce que sortir, même faire une promenade, me paraissait insurmontable (comment on le transporte, comment je mets le cosy dans l’auto, est-ce qu’il va hurler tout le temps et me faire honte, comment on plie/déplie la poussette, au’scours !).

Et puis… une jolie personne de la blogo a souhaité me rencontrer (punaise, ça n’arrive qu’une fois ce genre de truc quand on est pas parisienne, surtout que la personne en question, c’est vraiment vraiment une jolie jolie personne … que j’ai kiffé en vrai aussi… hein ma Carotte ?!). Bref, Carotte avait l’occasion de passer pas trop loin de chez moi la veille des un mois de Petit bout. Alors, j’ai dis ok. Je suis sortie, pour elle. Et punaise, en conduisant ma bagnole, je me suis sentie revivre. Puis, finalement, c’était pas si compliqué que ça. Et depuis, le grand air calme Petit bout.

Me voilà donc en train de faire deux promenades minimum par jour (faut bien l’occuper quand il dort pas hein)… et même plus puisqu’il a tendance à s’endormir dans le landau… donc, quand il ne veut pas dormir, nous voici à nous relayer à faire des promenades soit dans le jardin (on fait des tours ou des grands 8 dans le jardin à 23 heures… complètement zinzins les parents), soit dans le quartier. Je ne sais pourquoi mais il « sent » lorsqu’on sort de la maison, et pfiout, il s’endort.

Donc, pas une journée sans sortir, sauf lorsqu’il fait trop chaud (on fait les promenades le matin et le soir à ce moment).

Donc, en gros, pour résumé, j’ai opté pour un modèle « chieur ». Vous savez, quand vous allez à la maternité voir des amis, il y a toujours un bébé qui hurle, ou votre copine qui vous confie : « la nana d’à côté, je la plains, son bébé hurle non stop… ». Et bien, ce bébé, c’était le mien.

Enfin, je suis revenue de tous mes principes ou de mes idées. Il était hors de question pour moi de lui donner la tétine, de faire du co-dodo (peur de l’étouffer), je voulais me la jouer un peu parent « bobo », écharpe de portage, tout ça tout ça. Ouais. C’est bien les principes. D’en avoir, je veux dire. Parce qu’au final, la tétine est bien sympa quand ton bébé a un besoin de succion (suffit de pas lui donner systématiquement), l’écharpe, c’est génial quand il la supporte (il a adoré ça les premières fois, et en grandissant, il la supporte de moins en moins), et le co-dodo, bien pratique quand ton mioche te prend pour un matelas. De toute façon, même en ayant peur du co-dodo, on a eu parfois pas vraiment le choix, car je me suis endormie en le berçant… La mère indigne (bis).

Toutefois, OUI, il y a du bonheur dans la maternité. Quand il te sourit (même si c’est pas à toi qu’il sourit, on s’en fiche), quand tu le regardes et que tu te dis qu’il est objectivement très réussi (non, je ne dis pas ça parce que c’est le mien), quand il a besoin de toi pour se calmer, quand il éclate de rire… A un mois et demi, il ne fait pas grand chose d’autre (ah si, comme il est très tonique, il sait bien redresser sa tête pour la changer de côté, même quand il est sur le ventre). Et du coup, tu te rends compte que tu deviens une MILK comme les autres.

Parce que OUI, je me suis surprise à avoir une discussion sur le caca de mon gamin. Parce que OUI, je demande à tout le monde s’il ne trouve pas que mon mioche c’est le plus beau de la terre (et pour le moment, personne n’a démenti).

Mais il ne faut pas idéaliser cette maternité. C’est merveilleux, certes, mais gardons la tête sur les épaules : à compter de l’accouchement, tu es partie pour en chier. Pleurer devient même une occupation quotidienne. Mais tu t’en fous : ton bébé est le plus beau du monde.

Allez, on va faire une promenade !

En vacances ! (enfin presque)

Je l’ai fait. Non, non, je n’ai pas accouché. Mais j’ai bossé jusqu’à 15 jours avant terme. Et ben, ma foi, je ne le conseille à personne ! J’aurais, je l’avoue, grandement apprécié un congé maternité démarrant 4 semaines avant le terme. 4 semaines, c’est bien. Les 2 dernières semaines ont été fatigantes, éprouvantes, et stressantes. Mais je l’ai fais, et j’en suis fière.

Allez, j’avoue. Je ne pensais pas que c’était si sorcier… en effet, au sein de mes collègues, TOUTES les femmes s’arrêtent à peine 15 jours avant le terme, voire pas du tout lorsqu’elles accouchent avant. Y’en a même qui accouchent quasiment sur leur lieu de travail.

Pour le reste, j’ai quasiment fait tout ce que je voulais ranger, nettoyer, etc… Il ne reste plus grand chose (et en même temps, comme j’ai autant d’énergie qu’un cachalot, faire UN truc prend une journée entière).

Nous sommes à J-14. OMG ! J-14. Et j’ai un peu hâte quand même. J’ai hâte d’être débarrassée des nausées (no comment), du mal de dos, du mal de ventre, du mal de partout en fait, des insomnies, des maux de têtes, des mains engourdies, des bas de contention et des jambes lourdes, et autres hormones en folies qui me rendent triste dès qu’un escargot se fait écraser ou heureuse dès le moindre rayon de soleil. J’ai hâte de faire la connaissance de Petit bout, de vérifier que tout est normal chez lui (on ne se refait pas…), de lui donner de l’amour, de combler son Papa. De souffrir le martyre en essayant de lui donner à manger, de ne plus dormir, de n’avoir plus de temps, de me pisser dessus (oui, je suis consciente aussi des mauvais côtés).

En fait, c’est moins que J-14. Une fois n’est pas coutume, on a tous les éléments pour que l’accouchement se passe sans difficulté. Oui, oui, oui. Ca veut pas dire que ça va bien se passer, mais au moins, ça fait pas flipper.

L’obstétricienne m’a bien rassurée…

Elle m’a tout d’abord félicité pour ma prise de poids (10 kgs à 8 mois et demi passé), en me disant que je devais manger super équilibré (ah oui, et les pizzas, les hamburgers, et les gâteaux, ça compte ?). Quand elle a vu ma tête, elle ma dit : « sinon, vous avez un très bon métabolisme ». On va dire ça. Remarque, en ce moment, mes « envies » du midi me font me goinfrer de tomates crues farcies au thon/mayo, concombre, ricotta (faut que j’en rachète un pot d’ailleurs avant d’accoucher, j’en ai plus). Le soir, je fais moins dans le diète, essentiellement parce que je suis fatiguée, et puis aussi qu’il faut bien se faire plaisir. D’ailleurs, ce soir, c’est hot dogs/ice cream.

Petit bout est bien bas, la tête contre le col (ah voilà pourquoi je passe la moitié de ma vie aux toilettes…), bien positionné, et le col est ouvert à un.

A la question: « avez-vous des contractions ? », j’ai été claire : « je n’en sais rien ». Elle a ri, et dès que je me suis allongée, elle m’a montré ce qu’était une contraction. Ok, ok, donc, j’en ai.

Selon elle, je devrai accoucher la semaine prochaine, max. Ouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh. Pression. Mes sentiments ? J’ai hâte, certes. Mais pas trop non plus. Pourquoi ? Attends, ça fait deux jours que je peux enfin regarder la téloche en me goinfrant de gâteaux, ce qui m’était pas arrivé depuis euh… la fac. Alors, quand elle m’a demandé si je voulais qu’elle accélère le travail par un geste indolore, j’ai refusé. J’ai dis : « Laissons faire la nature ». (En vrai, je veux continuer à regarder des comédies romantiques en mangeant de la glace, et SURTOUT, je colle les stickers dans la chambre de Petit bout que dans deux jours, avec une amie (moi, je suis pas douée de mes mains, alors je risque de faire des conneries)).

Bref, laissons faire la nature. Mais c’est pour bientôt.

J-1 mois

A y est, j’entre dans mon 9ème mois (Oh bordel !). Tout n’est bien sûr que joie, joie, joie. Tellement que j’ai presque hâte de sortir Petit Bout de mon dedans de moi. Presque, hein. Faut pas déconner.

Le 9ème mois, c’est trop cool parce que :

– quand tu continues à travailler comme moi jusqu’au bout (Coucou Biquette, Coucou Bounty !), tu es aussi productive qu’une tortue ayant choppé la grippe (je maintiens ma superbe expression qui a un succès foufou). Du coup, tu restes au boulot de 9 heures à 20 heures, et tu fais le même taf que tu faisais en une demi-journée « avant ».

– quand tu montes les escaliers (mon superbe bureau est situé au 1er étage), tu es obligée de t’arrêter en plein milieu, suffoquant et en nage, et de stopper 2 minutes avant d’entrer dans le bureau afin de paraître « normale ».

– des nouveaux symptômes de grossesse apparaissent (si, si !). Certains vomissent, d’autres ont des phlébites (je ne vise personne). Moi, j’ai des fourmillements dans les mains et les bras, qui apparaissent quand je dors. C’est trop pratique parce que : 1. ça te réveille et tu ne sens plus tes membres, et 2. la seule solution pour que ça fasse moins mal est alors de lever les bras en l’air. Donc voilà, je dors les bras en l’air. Trop fun.

– Comme tu as les jambes lourdes et des antécédents de phlébite dans la famille, tu mets de superbes bas de contention. Comme je suis une grosse bourrine, j’en ai déjà fusillé deux (l’un en le « filant », l’autre en faisant un gros trou dedans à force d’essayer de le mettre). Et puis comme ça commence à être sérieusement l’été ici, les bas de contention, c’est trop mode avec les jupes/robes. Surtout que tu ne peux mettre que des chaussures « larges ». Donc t’oublies les nu-pieds ou les tongs lorsque tu portes tes bas. La seule paire dans laquelle je rentre encore, ce sont mes converses. Le casse-tête pour pas avoir l’air d’une plouc, quoi. J’ai précisé que mes converses étaient roses ?

– Tu as les hormones en folie. Avant-hier, j’ai pleuré parce que Brad a engueulé méchamment notre chien (c’était mérité, il avait encore mangé mes sous-vêtements, et je n’en ai plus à cause de lui !). Tout me fait de la peine. Parallèlement, jeudi dernier, j’étais trop heureuse car je m’étais achetée un pantalon fluide dans lequel je suis trop bien ainsi que deux débardeurs (que j’espère secrètement remettre « après ») tout simples en coton bio.

– Tu es également énervée non stop. Genre, là, mon obsession du moment (et je soule tout le monde avec ça, y compris ma coupine Miliette), c’est RANGER. Brad s’occupe des travaux et il le fait très bien (chambre du bébé check, chambre d’amis quasi-check), mais il est ultra-bordélique et hyper conservateur (genre, il garde TOUS les cartons des choses qu’il achète ou même reçoit). Et notre salon étant en jachère, on n’a jamais pris le temps de le meubler. Résultat : on n’a pas de rangements. Alors, je range (j’essaie). Mais j’ai hâte de gagner au loto pour acheter un buffet et 3 bibliothèques et meubler mon salon.

– Tu n’as jamais connu une fatigue aussi intense. Genre, respirer devient fatigant. Bien sûr, comme tu as dix mille choses à faire (notamment ranger bien sûr), ça devient super problématique et tu te retrouves à ranger 5 minutes, te reposer 25 minutes, ranger 5 minutes, te reposer 25 minutes. Je fais même des siestes, c’est dire !

– Même si tu as un « petit » ventre, bouger de ton canapé devient super difficile. C’est donc un peu la honte, quand hier soir, au moment de me lever pour aller me coucher, Brad m’a mis la main aux fesses pour m’aider à me lever. Lui était mort de rire. Moi, morte de honte.

– Il paraît que la valise doit être prête. Pourquoi ? Parce que maintenant, tu peux accoucher « à tout moment » (Oh  bordel bis). Me suis un peu fait gronder par mon entourage car non, elle n’est pas prête. Promis juré craché, je la fais aujourd’hui (mais il me manque les espèces de couches pour moi, et les carrés de coton pour bébé, alors ça me perturbe. Par contre, j’ai mes slips jetables (ouf) et j’en ai même des « décorés ». Wéééééé.). Et puis, si je la fais pas de suite, ça veut dire que Petit Bout n’arrivera pas tant qu’elle n’est pas prête, hein ? Comment ça, ça ne marche pas comme ça ?

J’arrête de faire ma belle…

Dans mon dernier article, je me vantais de ne pas avoir de contractions, ou d’être dure au mal, pas trop douillette. La prochaine fois, je m’abstiendrai, merci bien.

Le lendemain de l’article, vendredi, j’ai travaillé toute la matinée, porté des dossiers, restée debout, puis assise, puis debout, puis assise, attendu 3 heures pour RIEN (je kiffe mon job), je me suis pressée pour être à l’heure à mon rendez-vous avec ma banque puis chez le garagiste et je me suis enfin posée. Avant d’aller chez mes parents pour l’anniversaire de mon père (ça, c’était chouette). Bref, j’ai eu une journée normale dans ma vie trépidante (et encore, assez légère puisque je n’ai pas bossé l’après-midi).

Samedi, après le petit déjeuner, me voilà en train de me dire que je vais faire un peu de ménage et peut-être même bosser un peu pour partir en congé maternité le plus tôt possible (il me reste 3 semaines pour boucler tous mes dossiers, et je travaille actuellement à la vitesse d’une tortue qui aurait choppé une grippe). Et bien non. Grosse douleur au bas-ventre, qui dure un peu, avant de disparaître et de me laisser épuisée sur le canapé. Cela s’est répété une ou deux fois. Mon ventre était tout dur. Petit bout continuait de bouger, donc, cela ne m’a pas inquiétée outre mesure. Mais je crois que j’ai expérimenté les « contractions ».

Du coup, ordre de Brad de ne rien faire de la journée (bon, on a fait quand même quelques courses, qui m’ont épuisées et re-provoqué des contractions), j’ai pris un bain et (clin d’oeil à Ptibichon) nous ai cuisiné de délicieuses gaufres de pommes de terre, avec une garnitures aux lardons/échalottes/champignons/crème fraiche pour le soir.

Je n’ai plus qu’à croiser désormais pour que Petit bout n’arrive pas avant 3 semaines, délai minimum dont j’ai besoin pour boucler mes dossiers (me dites pas « tu peux pas te faire remplacer ? » car si, je le peux pour certaines choses, mais pour traiter les dossiers, personne ne peut le faire à ma place). Je me suis organisée, ça devrait le faire. D’autant que je travaille la moitié du temps de chez moi.

C’était encore un épisode de 3615 Ma Life, vraiment très passionnante, hein ! La suite au prochain numéro.