Les jeux sont faits

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Vous avez déjà eu l’impression de ne rien contrôler, de vouloir tout faire pour qu’une chose arrive, mais de ne pouvoir absolument rien faire pour influencer cet incroyable évènement ? Oui ? Et bien voilà comment je me sens, aujourd’hui, post-transfert FIV n°2.

Ce matin, lever vers 8h20. La bonne nouvelle c’est que les douleurs me tuent, donc, je dors.

8h34 : Miss Chichi, du labo, m’appelle. Sur les 10 embryons, il en reste 5 de bonne qualité. Ils en mettent 3 au frais (ils les congèlent, pour les non initiés) et m’en transfèrent deux aujourd’hui. Youpi ! Pas le temps de se réjouir, Miss Chichi me dit que les embryons sont déjà à un stade avancé, et qu’il faut me les transférer TOUT DE SUITE. Gnnnaaaaaaaaa. Peut-on se rendre à la clinique dans une heure ? Oui-oui.

Je préviens Brad qui part gratter la voiture (il ne gèle plus depuis des semaines et des semaines, mais le Jour J, bien sûr, la voiture est gelée). Je file à la douche (ben, ouais, quand même, je suis pas épilée, j’ai une sale gueule, je ne porte plus mes lentilles, mais au moins, je sentirai bon la vanille). Puis, j’avale deux clémentines et du pain, en me forçant (satanées nausées), pour avoir des forces. Et on est parti mon kiki !

Brad me dépose, je vais aux admissions, il me rejoint, on m’enregistre, puis direction premier étage pour le transfert. On s’annonce, on attend et on nous appelle. J’ai l’impression qu’après une FIV et 3 TEC, je vis ça pour la énième fois. Brad s’installe dans le petit coin qui lui est réservé, habitué, lui aussi. Super Doc arrive et… sans mentir, c’est le drame.

Elle me demande si je vais bien, je lui dis bof. Pourquoi je ne l’ai pas appelé ? Euh ben si, je vous ai appelé, on m’a dit de pas m’inquiéter. Mine contrariée de Super Doc. Grrrrr. « Effectivement, vos ovaires sont très gros ». Bon. Pas trop le temps de tergiverser, je vois bien qu’elle est contrariée mais j’ai envie de hurler : « Merde, moi je n’y suis pour rien, ce sont mes p…. d’ovaires de merde qui n’ovulent pas ou ovulent trop ! ». Le type du labo arrive, vérifie que ce sont bien mes embryons (sait-on jamais), et m’informe que 3 ont été congelés et que 5 autres « attendent ». Ah bon, je fais ? Oui, ils étaient de qualité moyenne, donc, on les garde et on les congèle demain s’ils évoluent quand même. Vous recevrez un courrier. Ok.

Super Doc fait la manip, je ne sens rien (je vous ai dis, ce coup ci, je suis tellement habituée, que je passe à côté de tout), et me montre ce qui pourrait être mes deux petits embryons. Avant de partir, elle me dit : « Si grossesse il y a, l’hypertsim va s’aggraver, donc surveillez bien votre poids. Normalement, vous devriez perdre un peu de poids dans les prochains jours, si vous en prenez, vous venez me voir, je vous donnerai un traitement un peu plus fort. Sinon, tout devrait rentrer dans l’ordre dans quelques jours ».

Donc, c’est bien ce que je craignais : si pas d’hyperstim prononcée dans les prochains jours (on va dire dans la semaine qui suit le transfert, soit jusqu’à dimanche), pas de grossesse. J’ai envie de pleurer : soit tu souffres physiquement, soit tu souffres moralement. Laquelle tu choisis ?

Passons. Super Doc m’a prescrit « repos, repos, repos ». Coup de fil aux boss. Certes, ils ne savent pas pourquoi je suis absente, mais tout de même, ils se doutent bien que je ne fais pas exprès. « On se débrouillera » me dit Boss n°1. Hmmm.

Désormais, je me repose, je m’ennuie, et je suis pas bien. J’essaie de positiver, parce qu’il le faut mais aujourd’hui, c’est juste impossible. Je défie quiconque de positiver lorsqu’on est quasi-alitée, dans l’incertitude  la plus totale et que l’on s’ennuie. Et que son cher et tendre est tout aussi stressé. La dernière fois, l’hyperstim a probablement compromis la nidation, pourquoi pas cette fois encore ? Je me raccroche à l’idée qu’ils sont deux…

Pour me permettre de positiver, il faut que je leur trouve des petits noms. Je me donne jusqu’à demain, et attends de pied ferme toute suggestion. Pour le moment, rien ne me satisfait. Quoi, moi, de mauvais poil ? Noooooooon.

Edit : la reine des psychoteuses c’est moi. Je ne connais personne qui me surpasse. Exemple : je suis allée aux toilettes après le transfert. Trois heures après. Faire les gros besoins. Et bien, je ne peux m’empêcher de penser qu' »ils » ont peut-être glissés et son aujourd’hui quelque part dans les égouts de ma jolie ville… Suis-je un cas désespéré ?

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3 réflexions sur “Les jeux sont faits

  1. j’adoooore ta façon d’écrire les choses, si réelle et qui reflète très bien ce que l’on ressent dans ces cas là….

    tu le sais je croiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiise très très fort

    bisous

  2. Moi je défie quiconque dans ton cas de ne PAS y penser (au fait que « ça puisse partir dans les toilettes ») quand on y va après un transfert. Perso, je n’osais pas aller faire pipi ! Mais je suis sûre que non, ne t’en fais pas, c’est mis exprès « loin » dans les trompes…

    Pour le reste, je croise les doigts…

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